La guerre contre l’Iran et le Hezbollah au Liban
L’Iran
En janvier 2023, deux couples d’amis m’ont demandé de leur organiser un voyage en Israël et de leur servir de guide pour visiter le pays. Je me souviens leur avoir dit que ce serait peut-être la dernière fois que l’on pourrait se rendre pour un voyage touristique en Israël. Étonnés, ils m’ont demandé pourquoi je leur avais dit cela. Je leur ai expliqué que ces dernières années, l’Iran s’approchait de la fabrication d’une bombe nucléaire, que leur projet était de l’utiliser pour détruire l’État d’Israël et qu’Israël allait bombarder immanquablement un jour ou l’autre les sites nucléaires iraniens car c’était une question de survie pour l’État hébreu. J’ai ajouté que je pressentais que tout le Moyen-Orient en serait impacté et probablement le monde entier aussi. J’ai alors senti qu’ils ne connaissaient pas la réalité de la situation et qu’ils me trouvaient exagérément pessimiste. Huit mois plus tard, une semaine avant notre départ prévu pour le 15 octobre 2023, 1000 terroristes palestiniens entraient en Israël pour commettre un horrible massacre. Notre voyage touristique fut bien sûr annulé et n’a jamais pu être reporté depuis car les bouleversements se sont enchaînés au Moyen-Orient.
En juin 2025, pendant 12 jours, Israël et les États-Unis ont bombardé les sites nucléaires en Iran. Huit mois plus tard, le 28 février 2026, une nouvelle opération militaire américano-israélienne débutait dans le but d’achever la destruction des infrastructures militaires iraniennes et peut-être de provoquer un changement de régime en Iran. Ce que j’avais pressenti depuis plusieurs années se réalisait, et le monde entier en était impacté.
Un déni de la réalité
Ces vingt dernières années, Israël n’a cessé d’avertir le monde entier du projet iranien pour l’obtention de l’arme nucléaire. Mais les Nations ont toujours qualifié ces accusations d’exagérations.
En 2006, le président iranien Ahmadinejad avait proclamé haut et fort le droit de l’Iran à avoir un programme nucléaire avec enrichissement d’uranium. Pour imposer à l’Iran le traité de non-prolifération nucléaire, les nations alternèrent sanctions économiques, blocus et accords avec surveillance par les inspections de l’AIEA, l’agence internationale de l’énergie atomique. Tout le monde voulait croire, si ce n’est en la bonne foi du gouvernement iranien, au moins à l’efficacité des contraintes imposées à l’Iran. L’accord signé à Vienne en 2015 devait permettre le contrôle du développement du nucléaire uniquement civil en Iran. En réalité, durant ces vingt dernières années, le gouvernement iranien n’a cessé de dissimuler l’avancement de son projet nucléaire militaire. Les inspecteurs de l’AIEA n’avaient pas accès aux usines secrètes, et plusieurs installations étaient déplacées lorsqu’ils se rendaient en Iran. Le conseil de sécurité de l’ONU a été constamment roulé dans la farine. Le 27 septembre 2012, le premier ministre israélien Netanyahou avait pourtant une nouvelle fois mis en cause le programme nucléaire iranien à la tribune de l’ONU.
Pourquoi des centrales nucléaires iraniennes ont-elles été construites à 100 m de profondeur ? Pourquoi si profondément si le but n’était que pacifique et visait l’obtention d’un nucléaire uniquement civil ? Qu’y aurait-il eu à cacher et à craindre ? Pourquoi les Iraniens ont-ils enrichi de l’uranium à plus de 60 % puisqu’il suffit d’un pourcentage très faible d’enrichissement d’uranium pour la production d’énergie dans un usage civil et non militaire ?
L’AIEA a dû finalement reconnaître que les gouvernements iraniens successifs avaient trompé la communauté internationale pendant toutes ces années. En juin 2025, les frappes israéliennes et américaines ont détruit en partie les sites nucléaires en Iran. Y a-t-il d’autres sites enfouis sous terre ailleurs ? L’uranium enrichi a-t-il été évacué avant les frappes américaines ?
Comment expliquer cette attitude ?
Aujourd’hui, comment expliquer cette attitude qu’ont eue tant de Nations envers la menace du programme nucléaire iranien ? Était-ce de l’aveuglement ou un refus de voir la vérité en face par crainte d’être embarqué dans des conflits et de voir notre mode de vie basé sur les loisirs et la consommation être bouleversé ? Comment a-t-on pu croire pendant toutes ces années aux mensonges des dirigeants iraniens et à leur déclarations contradictoires ? En voici quelques-unes que j’ai répertoriées.
– En septembre 2009, dans un entretien diffusé par la chaîne de télévision américaine NBC, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que l’Iran n’avait pas besoin d’armes nucléaires : « Nous pensons que les armes nucléaires appartiennent au passé et à la génération d’avant… Nous ne voyons aucun besoin pour ce type d’armes. »
– En avril 2010, le même Mahmoud Ahmadinejad a proposé la création d’un « organe international indépendant » pour contrôler le désarmement nucléaire et la non-prolifération, et réclamé la « suspension » des Etats-Unis de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le président iranien a ajouté que « les Etats ayant l’arme nucléaire, ceux l’ayant utilisée ou ceux ayant menacé de l’utiliser, et particulièrement les Etats-Unis, devraient être suspendus de l’Agence internationale de l’énergie atomique ». L’Iran démentit avec force vouloir fabriquer l’arme atomique, affirma que son programme nucléaire était purement civil et refusa de suspendre l’enrichissement d’uranium.
– Juste avant l’allocution de Mahmoud Ahmadinejad, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, réaffirma dans un message que l’utilisation des armes nucléaires est interdite par l’islam.
Étonnamment, quelques années plus tard, le discours officiel fit un virage à 180 degrés !
– En août 2012, le président iranien Ahmadinejab déclara que, dès qu’ils auraient une bombe nucléaire, leur premier objectif serait la destruction d’Israël.
– Voici ce que l’on a pu également entendre en août 2012, à l’université de Téhéran : « Le régime sioniste est une tumeur cancéreuse. Les pays de la région vont en finir prochainement avec la présence des usurpateurs sionistes sur la terre de Palestine. Nous voulons un nouveau Proche-Orient dans lequel il n’y aura plus de trace des sionistes. »
– Et voici ce qu’a dit Hassan Rohani, ancien président iranien, le 26 septembre 2013 : « L’imam Khomeini a fixé des objectifs à long terme pour le jour où le régime sioniste d’occupation disparaîtra de la région. La formule de cette décision doit être discutée au sein du gouvernement. »
– En 2017, une horloge géante a été installée en plein cœur de Téhéran affichant un compte à rebours jusqu’à la destruction prévue d’Israël.
– Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré dans un discours à la nation prononcé à l’occasion des célébrations de l’Aïd el-fitr en mars 2025 : « Déraciner l’entité sioniste est une obligation religieuse et morale. L’entité sioniste est vouée à l’effondrement, et il est de notre devoir humanitaire et moral, en tant que pays musulman, d’agir en ce sens. Les États-Unis et Israël subiront une riposte particulièrement sévère s’ils attaquent l’Iran. »
10 ans plus tard, en mai 2026, son fils, Mojtabe Khamenei, devenu le nouveau guide suprême iranien, a tenu le même genre de propos dans une série de messages hostiles à Israël qu’il a publié sur ses comptes officiels. Il a qualifié Israël de « tumeur cancéreuse » et a affirmé que le régime sioniste approchait des dernières étapes de son existence.
Le sentiment d’être abandonné
Pouvez-vous comprendre le désarroi d’Israël et pourquoi ses dirigeants affirmèrent à de multiples reprises au monde entier qu’un projet d’extermination à son encontre était en préparation. De nombreux éléments de preuve ont pourtant été fournis plusieurs fois.
Une opération spectaculaire qui aurait dû ouvrir les yeux des dirigeants
En janvier 2018, une opération spectaculaire eut lieu : le rapatriement par le Mossad d’une vaste quantité d’archives et de documents nucléaires iraniens stockés dans un entrepôt à Téhéran. Dans la nuit du 31 janvier, des agents du Mossad ont découvert et ont réussi à extraire des dizaines de milliers de dossiers secrets concernant le programme d’armes nucléaires de l’Iran, dans un entrepôt à Shorabad, au sud de Téhéran. L’opération a été dirigée depuis le centre de commandement du Mossad à Tel Aviv, l’agence ayant commencé à travailler en ce sens deux ans plus tôt. « Nous avions compris qu’ils stockaient secrètement leurs documents nucléaires, J’ai décidé que nous devions voir ce que les Iraniens nous préparaient », a déclaré Cohen, un des responsables de l’opération, « et j’ai dit à mon équipe de se préparer à ramener ces documents à la maison parce qu’ils pourraient potentiellement montrer une image plus large du programme iranien. » Vingt agents du Mossad ont été impliqués sur le terrain et aucun d’entre eux n’était de nationalité israélienne, a précisé Dayan, un autre responsable. Le Mossad a construit une maquette du site, a appris tout ce qu’il fallait savoir sur les conteneurs renfermant le matériel, et savait comment les conteneurs étaient disposés. « Nous avons eu un certain problème la nuit même, a dit Cohen, concernant quelque chose que nous avons reconnu qui avait apparemment changé, mais il a été décidé de procéder comme prévu. » Cohen a dit qu’ils savaient qu’ils avaient sept heures maximum sur le site : « Après cela, des camions, des gardes et des travailleurs arriveraient et vous ne pouvez pas sauter des clôtures et passer à travers les murs ». L’équipe a neutralisé les alarmes, retiré les portes de l’entrepôt et ouvert 32 coffres-forts contenant le matériel. « Ouvrir des coffres comme ceux-là prend plus de quelques minutes pour chacun d’entre eux, a déclaré Cohen. Lorsque les images des documents en farsi et des autres éléments contenus dans les coffres ont été visionnées en temps réel dans le centre de commandement de Tel Aviv, et que nous avons réalisé que nous avions ce que nous voulions, que nous étions sur le programme nucléaire militaire de l’Iran, nous étions tous euphoriques ». Dayan a mentionné que le Mossad avait fait circuler de nombreux camions leurres dans la région de Téhéran afin de tromper les Iraniens et qu’ils ne parviennent pas à arrêter le seul camion qui a sorti les 50 000 documents et 163 disques d’Iran par voie terrestre. Selon lui, les Iraniens savaient dès le matin que l’entrepôt avait été vidé et que tous les points de sortie du pays étaient fermés. « Nous savions qu’ils nous poursuivraient », a-t-il dit. « Nous avions pris leurs secrets les plus sensibles. Comme on craignait que les données ne puissent pas sortir, une grande partie d’entre elles ont été transférées numériquement à Tel Aviv avant que le camion ne franchisse la frontière. » Tous les agents étaient en vie et en bonne santé, mais certains d’entre eux durent être extraits d’Iran.
Netanyahou a dévoilé le butin lors d’une conférence de presse en avril 2018, au cours de laquelle il a qualifié l’opération de « l’une des plus grandes réussites des services de renseignement dans l’histoire d’Israël » et de preuve que l’Iran a menti en affirmant qu’il ne cherchait pas à se doter de l’arme nucléaire. Il a ensuite exposé et réaffirmé tout cela dans un discours à l’ONU.
https://fr.timesofisrael.com/netanyahu-liran-a-menti-et-sacrement/
https://www.youtube.com/watch?v=qmSao-j7Xr4
Hélas, je me souviens du peu de considération pour ces éléments apportés à l’ONU. Le premier ministre israélien a dû se sentir bien seul. Aujourd’hui, même si l’on n’aime pas sa personnalité, on doit reconnaître qu’il avait raison sur toute la ligne.
Pourquoi ?
Nous n’avons abordé ici que le sujet du nucléaire mais il faudrait parler de la quantité phénoménale d’armement que l’Iran a développé, depuis les drones jusqu’au missiles balistiques. Pourquoi les nations ont-elles préféré croire aux mensonges des dirigeants iraniens ? Devant un tel déni de la réalité, en juillet 2025, le chef de la diplomatie étrangère iranien assura sans se sentir aucunement gêné que l’Iran n’avait jamais voulu rayer Israël de la carte !
En février 2026, une répression féroce se déroula suite aux manifestations dans les rues en Iran. De 30 000 à 60 000 personnes furent tuées par balles en quelques jours et des dizaines de milliers d’arrestations eurent lieu. Pourquoi n’a-t-on rien entendu pour dénoncer ces massacres de la part de ceux qui critiquaient constamment Israël et accusaient le gouvernement Israélien de génocide ? Pourquoi n’y a-t-il eu aucune manifestation dans les capitales occidentales pour soutenir les Iraniens qui s’opposaient au régime islamique ? Où étaient passés tous ces jeunes qui organisaient constamment des réunions à Sciences-po pour condamner Israël ?
Avant la révolution islamique en 1979, les relations entre Israël et l’Iran étaient cordiales. L’Iran fournissait à l’État d’Israël 40 % de ses besoins en pétrole et Israël exportait vers l’Iran des produits agricoles et ses compétences technologiques. Avant la destitution du shah d’Iran et l’accès au pouvoir de l’ayatollah Khomeini, la communauté juive en Iran comptait 100 000 membres qui étaient parfaitement intégrés dans la société. La présence juive y était attestée depuis 2700 ans. Il a donc été possible pendant de nombreuses années pour l’Iran de vivre en paix avec Israël en ayant avec l’État hébreu de nombreux échanges économiques et culturels. Aujourd’hui, il n’y a plus que 10 000 juifs en Iran vivant souvent dans l’humiliation et la crainte face aux déclarations antisémites des dirigeants du pays.
Israël ne menace pas la stabilité mondiale contrairement à ce que prétendent certains. Israël ne lancera jamais de bombes sur un autre pays. Ce qui menace la paix dans le monde, c’est l’existence d’Israël. Combien de pays musulmans n’aspirent qu’à la destruction de l’État d’Israël ? Depuis 1948, Israël doit constamment se défendre. Voilà la réalité.
Le sort des communistes iraniens après la révolution de 1979
Exilé hors d’Iran, l’ayatollah Khomeiny fut accueilli en France en 1978 et y demeura jusqu’à son retour en Iran à la fin de la révolution de 1979. Lors de son séjour en France, il devint aux yeux des intellectuels de gauche un héros de la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme. Jean-Paul Sartre et Michel Foucault l’ont soutenu et admiré. Ils lui ont rendu visite plusieurs fois. Comment comprendre cette attitude totalement incohérente alors que l’on savait que le régime envisagé par Khomeiny était un pouvoir absolu du religieux. Il n’était pas question de démocratie mais de gouvernement de droit divin appliquant la Charia. Quelle a dû être la désillusion de Simone de Beauvoir, compagne de Sartre et égérie du mouvement féministe, lorsque dès l’installation du régime islamique, la polygamie fut restaurée dans la Constitution et les femmes obligées d’être voilées !
La Constitution de l’Iran parle de djihad mondial qui doit être mené par les Gardiens de la révolution. Khomeiny parlait déjà en 1970 de porter le djihad dans les pays non musulmans. Les partis de gauche révolutionnaires voulaient changer le monde et, dans un aveuglement incompréhensible, ont opté pour une alliance avec un mouvement islamique aux antipodes de leur propre vision du monde ! Plus de quarante ans après la révolution en Iran, voici l’analyse faite par Saeed Paivandi, un ancien membre et rescapé du parti communiste iranien Tudeh. Créé en 1941, le Tudeh fut l’un des plus importants partis communistes du Moyen-Orient. Doté d’une grande influence dans les milieux intellectuels et ouvriers, il fut à l’origine des premières manifestations qui firent tomber le chah, avant d’être complètement anéanti en 1983 par la nouvelle théocratie.
« On ne prenait pas au sérieux ces groupes d’islamistes. Ils avaient un très faible niveau de compréhension socio-économique. Pour nous, le soulèvement de 1979 devait être une transition vers le socialisme. Manifestement, on s’est complètement planté. » En 1979, la force de frappe du Tudeh et son influence le rendaient indispensable aux islamistes pour faire tomber le chah. De leur côté, les communistes s’identifiaient au discours révolutionnaire et tiers-mondiste du charismatique Khomeyni. Le Tudeh, inféodé aux ordres de Moscou, fut alors une pièce maîtresse du jeu soviétique en Iran, qui vit en Khomeyni un potentiel allié, et dans son avènement l’occasion inespérée de damer le pion aux Américains au Moyen-Orient. L’URSS espérait manipuler le clergé chiite afin d’attirer l’Iran dans son giron. Lorsque l’ayatollah atterrit à Téhéran le 1er février 1979, acclamé par la foule, le Tudeh le reconnut officiellement comme guide de la révolution. Dans la fièvre insurrectionnelle qui agitait les avenues de Téhéran, les révolutionnaires aux brassards rouges se mêlèrent aux clercs chiites enturbannés. « On vivait dans l’illusion, on pensait qu’au final les islamistes n’auraient jamais la possibilité de s’approprier la révolution. » Une cécité partagée par la majorité des révolutionnaires de gauche à l’époque, qui se reconnaissaient dans le discours social et anti-impérialiste de Khomeyni. « Une des erreurs majeures que nous avons commises, c’est de ne pas voir que les islamistes n’étaient pas anti-occidentaux de la même manière que nous. Pour nous, la cible n’était pas la civilisation occidentale, mais les États capitalistes. Alors que le régime islamiste considérait l’Occident comme un ennemi civilisationnel. En 1978, il était tout à fait possible que la révolution soit socialiste. On aurait pu faire la même chose que Lénine en 1917. » Alors que s’est-il passé ? Dès 1980, Khomeyni se débarrassa de ses alliés les plus proches, les islamistes libéraux, jugés contre-révolutionnaires, avant de s’attaquer aux partis. Des milliers de hauts fonctionnaires et de hauts gradés furent exécutés. « Toute la gauche a applaudi ces exécutions massives. On considérait que la révolution avait besoin d’éliminer les ennemis du peuple », se souvient encore Paivandi. Le Tudeh ne tarda pas à subir la répression islamiste à son tour. Khomeyni prit conscience de la pénétration du parti dans les institutions du pays et, surtout, dans l’état-major de l’armée. Le jeune régime islamiste, engagé dans une guerre de survie contre l’Irak de Saddam Hussein, craignit un coup d’état militaire comme l’Afghanistan en avait connu en 1978, suivi d’une intervention directe de l’Armée rouge. Des révélations selon lesquelles des membres du Tudeh auraient fourni des informations stratégiques au KGB offrirent l’occasion à Khomeyni d’écraser son ancien allié, accusé d’espionnage et de haute trahison. Une campagne de répression et d’exécution massive s’abattit contre les communistes. En février 1983, le Tudeh fut interdit. Les rescapés de ces purges, comme Saeed Paivandi, s’enfuirent alors vers l’Europe.
Le Hezbollah au Liban
Le 5 mars 2026, j’ai écouté l’interview sur une chaine de la télévision française de Samy Gemaliel, député libanais et fils d’un ancien président de la République. Son frère a été assassiné en 2006. C’est un chrétien maronite marié à une femme sunnite. Voici ce qu’il a dit :
La nécessité depuis plusieurs années est de désarmer le Hezbollah. La décision récente prise par le gouvernement libanais de le faire est la bonne. Maintenant, il faut appliquer cela concrètement. Le Liban est pris en otage par l’Iran à travers le Hezbollah qui est une création de l’Iran en 1982. La guerre en mars 2026 est imposée au Liban par le Hezbollah, alors que le peuple libanais dans sa majorité n’en veut pas.
Emmanuel Macron a parlé d’arrêt des combats, mais ce qui va arrêter la guerre, c’est uniquement le désarmement définitif du Hezbollah. Sinon le Hezbollah recommencera dans quelques mois à entraîner le Liban dans un conflit contre Israël comme cela a été le cas depuis 20 ans. Dès qu’il aura repris des forces, il recommencera comme en 2006, en 2023 et 2024. Voilà ce qui manque dans les propos de Monsieur Macron. Malheureusement, après 20 ans de main mise du Hezbollah sur le pays, le nouveau gouvernement libanais n’a pas les capacités de réaliser ce désarmement. L’armée libanaise doit être renforcée par la communauté internationale car ses moyens sont limités. Le Hezbollah est une filiale de la République islamique d’Iran avec les moyens d’une armée, financée par des milliards d’euros. Cet état de choses a été permis depuis 20 ans par la communauté internationale. Aujourd’hui voilà le résultat de cette mise sous tutelle du Liban par l’Iran : nous avons un État du Hezbollah au sein de l’État du Liban. Le Hezbollah a tué des leaders libanais comme mon frère et a pillé le Liban. Depuis 2005, 18 journalistes et hommes politiques ont été assassinés. Lors de sa venue, il y a cinq ans après l’explosion dans le port de Beyrouth, Emmanuel Macron a eu une position conciliante envers le Hezbollah et appelait à un dialogue. Mais aucune entente ne peut être ni réalisable ni utile avec le Hezbollah.
Le Hezbollah reçoit des milliards de la République islamique d’Iran ce qui lui permet de financer une milice qui peut être considérée comme une armée tellement ses moyens sont colossaux. A titre d’exemple, un soldat de l’armée libanaise touche environ 50 euros par mois tandis qu’un membre du Hezbollah est rémunéré 500 euros et bénéficie d’une couverture médicale. Free Palestine from Hamas, libérez le Liban du Hezbollah.
Rétablir la vérité
En 2024, après qu’Israël ait dû intervenir au Liban suite à des mois de bombardements du nord d’Israël depuis le sud Liban par le Hezbollah, un cessez-le-feu a été décrété. Le gouvernement libanais s’était engagé à désarmer le parti chiite mais rien n’a été fait. Des roquettes et des drones ont à nouveau été tirés vers la Galilée et, comme pour la bande de Gaza, Israël a été contraint d’intervenir d’une façon beaucoup plus radicale et brutale. Voici ce qu’a déclaré le général Philippe Sidos, ex-chef de bureau de liaison à la Finul, les casques bleus de l’ONU, sur la chaîne de télévision française BFM : En 2024, l’armée libanaise avec 40 % de chiites en son sein n’a pas montré de signe d’une volonté franche de désarmer le Hezbollah.
Savez-vous que le Liban et Israël sont en guerre depuis 1948 et que depuis de nombreuses années, la situation officielle entre ces deux pays n’est qu’un cessez-le-feu ? Tout contact avec « l’entité sioniste » est interdit aux Libanais depuis 1955. En 1983, un accord de paix avait pourtant été signé par le président Gemayel mais avait été immédiatement abandonné et qualifié de trahison par les partis libanais.
Israël est toujours accusé de ne pas respecter les décisions de l’ONU. Pourquoi n’entend-on que systématiquement parler du non-respect de la part du Hezbollah de la résolution 1701 de l’ONU prise en 2006 qui stipule qu’il ne doit y aucune présence des forces armées du groupe terroriste dans la zone qui va de la frontière avec Israël jusqu’au fleuve Litani au Liban ?
Tout ce que vous venez de lire a été écrit en juillet 2026. Il est probable que lorsque vous lirez ces lignes, la guerre avec l’Iran et le Hezbollah aura encore évolué tout comme la situation au Moyen-Orient. Pourtant, les éléments essentiels pour comprendre le conflit israélo-palestinien n’auront pas changé.
Connaissez-vous un autre pays qu’Israël qui doive construire des abris en sous-sol de tous les immeubles, des abris dans les rues pour que la population puisse se protéger d’attaques de missiles ? Pourquoi Israël a-t-il dû développer des systèmes de défense unique au monde comme le dôme de fer ou Arrow 3 ? Le coût d’un missile intercepteur du dôme de fer est de 50 000 €, et d’un million de dollar pour détruire un missile balistique hors de l’atmosphère avec le système Arrow 3. Les Israéliens doivent dépenser des sommes exorbitantes pour se protéger des menaces de leurs voisins. Ils ne construisent pas ces systèmes pour attaquer mais pour se défendre !
On doit constater que c’est toujours le même problème qui est au centre de ces conflits : le refus du droit à l’existence de l’État d’Israël. Et c’est le même problème depuis 1947. Rien n’a changé depuis comme le démontre cette déclaration du ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, le 2 juillet 2026, dans une interview à CNN Turc : « Le peuple d’Israël est devenu un fardeau que l’humanité ne peut plus supporter ! »
C’est ce refus de la légitimité de l’État d’Israël que nous allons voir maintenant en remontant encore dans le temps jusqu’en 1947.