Chapitre 3. Dieu a tant aimé le monde (1)
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique
afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.
L’Histoire humaine ne se termine pas au deuxième chapitre de la Bible par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Le jardin n’est pas resté un paradis. C’est ce que nous allons voir dans le chapitre suivant du livre de la Genèse.
Genèse 3
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux sauvages que Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Dieu a-t-il vraiment dit : ‘Vous ne mangerez aucun des fruits des arbres du jardin’ ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Cependant, en ce qui concerne le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : ‘Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’ » Le serpent dit alors à la femme : « Vous ne mourrez absolument pas, mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu : vous connaîtrez le bien et le mal. »
La femme vit que l’arbre était porteur de fruits bons à manger, agréable à regarder et précieux pour ouvrir l’intelligence. Elle prit de son fruit et en mangea. Elle en donna aussi à son homme, son mari, qui était avec elle et il en mangea.
Leurs yeux à tous les deux s’ouvrirent, et ils prirent conscience qu’ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s’en firent des ceintures. Quand ils entendirent la voix de Dieu en train de parcourir le jardin vers le soir, l’homme et sa femme se cachèrent loin de Dieu au milieu des arbres du jardin.
Cependant, Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu ? » Il répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, parce que j’étais nu. Alors je me suis caché. » Dieu dit : « Qui t’a révélé que tu étais nu ? Est-ce que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise à mes côtés qui m’a donné de ce fruit, et j’en ai mangé. » Dieu dit à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée et j’en ai mangé. » Dieu dit au serpent : « Puisque tu as fait cela, tu seras maudit parmi tout le bétail et tous les animaux sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Je mettrai l’hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête et tu lui blesseras le talon. » Il dit à la femme : « J’augmenterai la souffrance de tes grossesses. C’est dans la douleur que tu mettras des enfants au monde. Tes désirs se porteront vers ton mari, mais lui, il dominera sur toi. » Il dit à l’homme : « Puisque tu as écouté ta femme et mangé du fruit au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : ‘Tu n’en mangeras pas’, le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. Il te produira des ronces et des chardons, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, et ce jusqu’à ce que tu retournes à la terre, puisque c’est d’elle que tu as été tiré. Oui, tu es poussière et tu retourneras à la poussière. »
Adam appela sa femme Ève, car elle devait être la mère de tous les vivants. Dieu fit des habits en peau pour Adam et pour sa femme, et il les leur mit. Dieu dit : « Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal. Maintenant, empêchons-le de tendre la main, de prendre aussi du fruit de l’arbre de vie, d’en manger et de vivre éternellement ! » Ainsi, Dieu le chassa du jardin d’Eden pour qu’il cultive la terre d’où il avait été tiré. Après avoir chassé Adam, il posta à l’est du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Vous avez lu le troisième chapitre de la Genèse. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ce chapitre ? Pourquoi cela vous a-t-il interpellé ?
Vous est-il arrivé de penser que Dieu est distant, lointain et qu’il n’intervient pas dans les affaires des hommes ?
Si vous étiez tout-puissant comme Dieu, comment réagiriez-vous face à la situation du monde aujourd’hui ?
Quand vous étiez enfant, que croyiez-vous au sujet du diable ?
Actuellement, croyez-vous qu’un être spirituel mauvais appelé « le diable » existe ?
Si vous croyez qu’il existe, pensez-vous qu’il exerce une influence dans le monde ?
La catastrophe
Tout le monde a plus ou moins entendu parler de ce qui s’est passé dans le troisième chapitre de la Genèse. Mais, très souvent, nous nous contentons d’une connaissance superficielle de ce récit. Pour extraire les richesses de la terre, il faut creuser. C’est ce que nous allons encore faire avec ce texte. Revenons tout d’abord sur le chapitre 2.
Dieu planta un jardin en Eden et il y mit l’homme qu’il avait formé. Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres, agréables à voir et porteurs de fruits délicieux.
Tout est bon dans ce jardin ! Dieu a pensé à tout pour le bien-être d’Adam et Ève.
Il fit pousser l’arbre de la vie au milieu du jardin, ainsi que l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Dieu donna cet ordre à l’homme : « Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras. »
L’interdiction donnée par Dieu à Adam n’était pas quelque chose à prendre à la légère. Ce n’était pas un simple conseil qu’on pouvait suivre si on l’estimait valable. La seule attitude censée était de craindre de tout son être de désobéir à ce commandement et d’en subir les conséquences.
Qu’est-ce que la connaissance du bien et du mal dont il était mortel de se nourrir ? Ce n’est pas l’omniscience, la connaissance parfaite sur tout. Après avoir mangé, Adam et Ève ne sont pas devenus des érudits et des experts dans tous les domaines. Ce n’est pas non plus l’accès à une sagesse supérieure. Après la désobéissance, l’intelligence des humains s’est nettement dégradée.
L’arbre de la connaissance du bien et du mal n’était pas non plus un pommier comme on le croit trop souvent. La confusion vient de ce que le mot latin pour « mal » (malum) veut dire à la fois « pomme » et « mal ». C’est lorsque la Bible a été traduite de l’hébreu en latin, que le fruit défendu est devenu une pomme !
En réalité, c’était un arbre qui plaçait l’homme devant un choix : faire confiance à Dieu en lui obéissant ou être indépendant. Manger le fruit de cet arbre, c’était choisir de vivre indépendamment de Dieu. C’était fixer soi-même ce qui est bien ou mal, c’était décider soi-même de ce qui est bon sans tenir compte de Dieu. C’était vivre pour soi, selon son raisonnement, selon ses désirs en s’affranchissant du créateur.
A l’opposé, l’arbre de vie est lié à un style de vie qui choisit de dépendre de Dieu, de croire qu’il est bon et de lui faire confiance.
Dieu fit pousser l’arbre de la vie au milieu du jardin.
Dieu n’avait pas placé l’arbre de vie en périphérie du jardin ou dans un endroit difficile à atteindre. Non ! Il était en plein centre, bien en évidence, pour rappeler constamment à Adam et Ève que leur existence était liée à leur créateur. Dieu désirait par dessus-tout qu’ils lui fassent confiance. Il voulait qu’ils prennent du fruit de cet arbre et qu’ils vivent !
L’arbre de la vie c’est la communion avec Dieu. C’est la relation, l’accès à celui qui est la source de la vie. Manger de son fruit c’est faire confiance à Dieu et accepter de dépendre de lui pour vivre.
Les deux arbres particuliers se trouvaient probablement proches l’un de l’autre au milieu du jardin. C’étaient de véritables arbres qui illustraient des vérités profondes. Adam et Ève ont été mis à l’épreuve : lequel des deux arbres allaient-ils choisir pour nourriture ? Quel style de vie allaient-ils adopter ?
Passons maintenant au troisième chapitre.
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux que Dieu avait faits.
Un nouveau personnage apparaît. Le texte nous le présente comme un animal créé par Dieu. A priori, aucune méfiance à avoir, ce n’est qu’une simple bestiole. Pourquoi alors est-il précisé que ce serpent est particulièrement rusé ? Instinctivement, nous ressentons une gêne. C’est comme si un clignotant s’allumait dans notre esprit pour nous alerter.
Il dit à la femme…
Ève aurait dû discerner elle aussi qu’il y avait quelque chose d’anormal car, normalement, un serpent ne parle pas !
Il dit à la femme : « Dieu a-t-il vraiment dit ?
Il cherche à discuter avec Ève. Quel ton a-t-il employé ? L’étonnement ? L’indignation ? La pitié ? Vraiment ??? Vraiment !!
Dieu a-t-il vraiment dit : ‘Vous ne mangerez aucun des fruits des arbres du jardin’ ? »
Dieu avait dit qu’ils pouvaient manger tous les fruits de tous les arbres du jardin sauf d’un seul. Par sa façon d’aborder le sujet, le serpent met le zoom sur la seule restriction et, ainsi, il occulte tous les autres arbres pour qu’Ève se concentre sur le seul arbre interdit. En un instant, la générosité de Dieu est escamotée. Le serpent a capté l’attention d’Ève. Celle-ci va bientôt mordre à l’hameçon.
La femme répondit au serpent : « Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.
Ève n’est pas assez précise. Elle aurait dû réaffirmer qu’ils pouvaient manger des fruits de tous les arbres et pas seulement de quelques-uns. Elle manque déjà de gratitude. Le venin du serpent est à l’œuvre.
Cependant, en ce qui concerne le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : ‘Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.’ »
L’arbre qui est au milieu du jardin : Ève ne mentionne plus la spécificité de cet arbre, la connaissance du bien et du mal. Dieu avait donné très peu d’explications à Adam et Ève sur cet arbre car ce qu’il désirait, c’est d’être cru sur parole. Après tout ce qu’Adam et Ève avaient pu expérimenter venant de sa part, Dieu s’attendait à trouver chez eux une attitude reconnaissante et pleine de confiance. Si tout était très bon, alors c’est que Dieu devait être très bon lui aussi.
Ève perd de vue la raison essentielle pour laquelle cet arbre leur était interdit : vivre indépendamment de Dieu est mortel.
Le serpent dit alors à la femme : « Vous ne mourrez pas,
Quel choc pour Ève ! Cet animal face à elle affirme que Dieu ne lui a pas dit la vérité !!! Mais qui est ce serpent qui a tant d’assurance ? Il prétend humblement servir de guide, d’ami, de conseiller mais ses intentions sont-elles si généreuses et désintéressées ? Plus loin dans la Bible, il nous est révélé qu’en réalité, à travers le serpent, c’est le diable, Satan, qui s’exprimait. Le diable, diabolos en grec, se traduit par « menteur, trompeur, diviseur » et Satan, en hébreu, signifie « adversaire ». Ève, elle, n’a pas conscience d’être face à un ennemi sournois, rusé et malfaisant. Elle commence à discuter et à raisonner avec Satan au lieu de lui opposer la vérité des paroles de Dieu. Elle a entrouvert la porte et le diable s’y est engouffré. Maintenant, il va mentir sans honte et salir Dieu.
mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu : vous connaîtrez le bien et le mal. »
Dieu est présenté comme quelqu’un de mauvais. Il voudrait priver les hommes d’un bienfait extraordinaire qu’il voudrait garder pour lui.
Vous connaîtrez le bien et le mal. Choisir soi-même ce qui est bien ou mal ! Accéder à la liberté sans limite qui nous permettrait de ne dépendre de personne.
Vous serez comme Dieu. Qu’y a-t-il en effet de plus grand, de plus désirable, de plus fantastique ? Accéder à la sagesse ultime et avoir du succès dans tout ce que nous entreprendrions ! Ne même plus être dépendant de celui qui nous a créés !
La femme vit que l’arbre était porteur de fruits bons à manger, agréable à regarder et précieux pour ouvrir l’intelligence.
Le diable a fait perdre de vue à Ève qu’elle doit craindre Dieu. Il lui a suggéré que désobéir à Dieu n’est pas dangereux et qu’elle n’a pas à avoir peur des conséquences. Ce que dit le serpent semble logique à Ève car tous les autres arbres du jardin sont bons et agréables à manger. Qu’il est insensé de prêter attention aux mensonges concernant Dieu !
Dans le cœur d’Ève, l’envie de passer outre l’interdiction protectrice commence à germer. Elle se laisse entraîner par son désir et son imagination. Elle se confie dans sa réflexion personnelle pour prendre sa décision et, se sentant capable de discerner par elle-même ce qui est bon, elle ne tient plus compte des avertissements de Dieu. La crainte qui la retenait encore est maintenant mise de côté. Ève a mordu à l’hameçon.
Elle prit de son fruit et en mangea.
Le piège s’est refermé. Ce n’est qu’ensuite qu’elle va réaliser combien son erreur aura été grave de ne pas avoir fait confiance à Dieu.
Nous aussi, nous pouvons nous retrouver dans des situations qui nous font souffrir quand nous prenons des décisions qui sont en contradiction avec la Bible. Nos choix ont toujours des conséquences. Vous souvenez-vous des voyants sur le tableau de bord de la voiture ?
Elle en donna aussi à son homme, son mari, qui était avec elle et il en mangea.
Qu’a fait Adam pendant tout ce temps ? Pourquoi n’a-t-il rien dit ? Dieu lui avait pourtant donné la mission et l’autorité d’être gérant de la création. Pourquoi n’a-t-il pas pris position face au serpent pour le chasser et protéger sa femme ? A la suite d’Ève, il a mangé lui aussi du fruit de l’arbre. Au lieu de dominer dans le jardin, il s’est retrouvé sous la domination d’un être malfaisant et il lui a permis de dérégler l’harmonie qui régnait et d’introduire la confusion et la souffrance.
Des conséquences dramatiques
Vous ne mourrez pas ! avait affirmé le serpent. Les avantages promis par le diable ne sont jamais au rendez-vous. A chaque entrée des cimetières, il faudrait inscrire sur un panneau : Satan est un menteur !
Aussitôt, les yeux de tous deux s’ouvrirent et ils prirent conscience qu’ils étaient nus. Ils attachèrent des feuilles de figuier ensemble et s’en firent des ceintures. Quand ils entendirent la voix de Dieu en train de parcourir le jardin vers le soir, l’homme et sa femme se cachèrent loin de Dieu au milieu des arbres du jardin.
C’est la désillusion : ils ont honte, ils ont peur, ils sont accablés par la culpabilité. Les suggestions de l’ennemi sont toujours séduisantes et, à cause de cela, elles n’en sont que plus dangereuses. Satan nous fait miroiter plaisir et jouissance sans risques mais ce sont regrets et souffrances qui nous attendent immanquablement à plus ou moins long terme. Après avoir mangé, Adam et Ève se sont cachés et ont eu peur. Ils ont expérimenté les douloureuses conséquences de ne pas craindre de désobéir à Dieu. Et dans une tentative dérisoire pour camoufler leur détresse, ils se sont alors bricolé des pagnes.
Cependant, Dieu appela l’homme et lui dit : « Où es-tu ? »
Dieu sait tout ce qui s’est passé mais il vient quand même auprès de l’homme et de la femme.
L’homme répondit : « J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, parce que j’étais nu. Alors je me suis caché. » Dieu dit : « Qui t’a révélé que tu étais nu ? Est-ce que tu as mangé du fruit de l’arbre dont je t’avais interdit de manger ? » L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise à mes côtés qui m’a donné de ce fruit, et j’en ai mangé. »
En fait, ce qu’Adam répond, c’est : « Ce n’est pas de ma faute, c’est à cause d’elle ! » Pire, lui qui avait été en admiration devant le cadeau que Dieu lui avait donné en créant Ève, il reproche maintenant à son créateur de lui avoir associé un être nuisible !
Dieu dit à la femme : « Pourquoi as-tu fait cela ? » La femme répondit : « Le serpent m’a trompée et j’en ai mangé. »
Que répond Ève ? « Ce n’est pas de ma faute, c’est à cause du serpent ! »
C’est une attitude universelle encore aujourd’hui ; à l’époque des smartphones, des tablettes, de twitter, rien de nouveau ! Si ça ne va pas :
– C’est de la faute des riches.
– C’est de la faute des pauvres.
– C’est de la faute des immigrés.
– C’est de la faute des Blancs.
– C’est de la faute des juifs.
– C’est de la faute des Arabes.
– C’est de la faute des parents, des vieux.
– C’est de la faute des hommes politiques tous pourris.
– C’est de la faute de la société.
Dans le couple, quand la complicité a disparu, quand il y a un désaccord, c’est de la faute de l’autre. Quand les relations au travail avec les collègues sont difficiles, c’est de la faute de l’autre. C’est toujours de la faute de l’autre. Qui sera assez honnête pour reconnaître et dire : « Ce n’est pas seulement de la faute des autres, c’est aussi de la mienne » ? Adam et Ève ont tenté de fuir la responsabilité de leurs actes. Qu’on est loin du chapitre 2 ! L’homme et la femme étaient tous les deux nus sans en éprouver aucune honte. Plus d’harmonie entre l’homme et la femme.
Dieu dit à l’homme : « Le sol est maudit à cause de toi. C’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie. Il te produira des ronces et des chardons. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain…
Les conséquences atteignent même la nature. Dieu avait tout ordonné et arrangé pour une vie bonne et agréable, sans douleur ni souffrance. Maintenant, des dérèglements et des dysfonctionnements se produiront. Il n’y aura plus de lieu parfait où vivre éternellement.
Connaître le bien et le mal c’est aussi expérimenter et devoir subir les conséquences du mal et de nos mauvais choix.
Dieu dit : « Maintenant, empêchons l’homme de prendre aussi du fruit de l’arbre de vie, d’en manger et de vivre éternellement ! »
Dieu met une limite au mal qui va se répandre au sein de l’humanité. Imaginez un Hitler ou un autre criminel monstrueux pouvant sévir sans cesse en permanence ! Mais surtout, Dieu a pitié d’Adam et Ève et de l’humanité qui va être issue d’eux. Il ne veut pas permettre que les humains restent pour toujours prisonniers de la condition misérable qui sera la leur désormais. Nous verrons plus loin pourquoi. Après avoir tout gâché, Adam et Ève ne pourront plus manger de l’arbre de vie et être ainsi condamnés à vivre éternellement dans cet état de déchéance, de honte et de regrets amers.
Certains se sont demandés si Dieu avait attribué à l’arbre de la vie des propriétés surnaturelles uniques qui régénéraient en permanence celui qui mangeait de son fruit. Cet arbre était-il un canal transmettant la vie venant de Dieu à l’image de certaines plantes qui ont été dotées de vertus curatives et bienfaisantes ? Ou bien était-il un simple arbre n’ayant pour seule fonction que de tester Adam et Ève ? Servait-il seulement de support pour enseigner et éduquer l’être humain de telle sorte que Dieu aurait tout aussi bien pu dire à Adam de ne pas franchir un fleuve particulier ou de ne pas se rendre sur telle colline ? La Bible ne nous répond pas sur ce sujet secondaire.
Dieu les chassa du jardin d’Eden.
Avec tristesse, Dieu bannit Adam et Ève. Le jardin était le lieu particulier de rencontre entre Dieu et les hommes. Être chassé du jardin, c’est être privé de l’accès à Dieu.
Après avoir chassé Adam, il posta à l’est du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante pour garder le chemin de l’arbre de vie.
Au deuxième chapitre de la Genèse, Adam avait reçu pour mission de garder le jardin. Dorénavant, cet honneur lui est retiré tout comme l’accès à l’arbre de vie : la communion avec Dieu est rompue. Dieu reste le souverain et le propriétaire de sa création. Il est présent partout mais nous n’avons plus de relation avec lui. La suite du livre de la Genèse nous montre combien malheureusement les descendants d’Adam et Ève vont souffrir de leur relation perdue avec Dieu. Rapidement, meurtres et violence vont se multiplier.
L’humanité a l’intuition de ce monde parfait qui a existé. Nous avons en nous la nostalgie du jardin d’Éden et nous aspirons à y retourner. Certains voudraient croire que l’on est encore dans le jardin comme les naturistes. D’autres pensent que l’on peut retrouver cet état de bonheur et d’harmonie par notre sagesse, nos efforts ou une spiritualité. Mais Dieu a placé les chérubins à l’entrée pour en interdire l’accès.
Voilà le récit des origines que Dieu a voulu que nous possédions.
Nous avons là le récit d’un événement historique. Les faits rapportés se sont réellement produits même si l’auteur nous les a racontés sous une forme qui ressemble à un écrit poétique. Ce n’est pas une fable ni une légende mais un chef-d’œuvre littéraire. L’auteur a savamment élaboré son récit. Il maîtrise l’art de la narration et, en fin pédagogue, il a mis un soin particulier pour composer et structurer son texte afin de nous instruire. De par sa forme, il est accessible à tout être humain. Sa simplicité en fait sa force et lui confère ainsi une portée universelle.
Pour celui qui lit ce texte superficiellement et avec mépris, tout semble naïf et puéril. Mais celui qui discerne l’historicité de ce récit accède à la seule source d’informations véridiques concernant les premiers êtres humains. Aucun journaliste, aucune vidéo sur You tube, aucun autre récit ne peut nous instruire sur ce sujet. Les paléontologues échafaudent des scénarios à partir de quelques bouts d’os qu’ils ont retrouvés ça et là sur Terre mais leurs maigres découvertes ne nous apportent pas de renseignements fiables sur nos ancêtres. Seule la Bible nous fait remonter dans le temps.
Les plus grandes questions qui troublent et hantent les philosophes sont traitées dans la Genèse. D’où vient le mal ? Pourquoi devons-nous mourir ? Abandonné à la faible lueur de sa bougie, l’homme seul n’a aucune solution à ces énigmes. Avec ce récit des origines, Dieu nous éclaire pour nous faire considérer la vie à la lumière de la vérité.
Le souvenir des événements survenus dans le jardin d’Eden a peut-être été transmis oralement de génération en génération depuis Adam et Ève puis mis par écrit sous la forme élaborée du texte de Genèse 3 par Moïse. Comme la tradition juive l’a toujours attesté, c’est lui le rédacteur de ce récit. Mais Moïse a probablement dû bénéficier de révélations données directement par Dieu puisqu’à plusieurs reprises, il affirme avoir entendu Dieu lui parler d’une voix audible (Exode 17.14 / 24.4 / 33.9-11 / Nombres 7.89 / 12.5-8). En tout cas, quel qu’ait été le mode d’élaboration de ce récit de nos origines, ce qu’il nous faut retenir, ce sont ces trois vérités fondamentales :
1. Adam et Ève ne sont pas des personnages légendaires.
2. L’humanité ne va pas en progressant malgré l’illusion que nous aimons entretenir grâce aux inventions technologiques.
Aujourd’hui, le concept de l’évolution a façonné notre vision du monde. Nous expliquons la vie en regardant le monde avec les lunettes de ce système de pensée : nous sommes censés évoluer du simple au complexe, de l’imparfait au parfait. L’homme grâce à la science et ses différents champs (génétique, chimie, psychologie, sociologie…) devrait arriver à établir un monde parfait. Plus besoin d’un Dieu créateur, nous avons dépassé cette croyance primitive qui permettait à nos ancêtres d’expliquer par la religion ce qu’ils ne pouvaient comprendre !
L’évaluation de l’humanité faite par Dieu est à l’opposé de cette vision irréaliste : nous avons perdu notre état de perfection et notre relation avec lui. La perfection n’est pas celle de l’ère technologique et du développement des sciences que nous connaissons aujourd’hui. La perfection a été perdue au jardin d’Eden. Malheureusement, nous écoutons toujours le même mensonge susurré par le serpent : « Mangez de l’arbre de la connaissance et vous serez comme Dieu ». Aussi nous ne récoltons que déception. La sagesse n’est pas au rendez-vous et l’humanité échoue toujours pour trouver les solutions à ses nombreux problèmes.
3. Le diable existe réellement.
Dans le récit de la Genèse, le serpent est apparu soudainement. Aucun renseignement n’est fourni sur lui. Cette présentation énigmatique du serpent doit nous servir de leçon. Nous ne savons que peu de choses sur le diable mais sa stratégie est toujours la même : il cherche à nous influencer tout en restant camouflé comme pour le serpent avec Ève. Il ne se manifeste pas à visage découvert et ses suggestions sont mortelles et très séduisantes. Ses mensonges se présentent comme bienveillants et bénéfiques ; ils sont censés nous procurer le succès, la puissance, la liberté, la paix intérieure ou toute autre forme d’épanouissement. Malheureusement à la fin, comme pour Adam et Ève, on constate immanquablement que l’on a été dupé et l’on ne récolte que désillusion et souffrance.
Satan est un être spirituel invisible, très puissant et malfaisant. Son objectif est toujours de nous éloigner de Dieu. Il nous pousse à nous opposer à Dieu et à le rejeter. Il se réjouit aussi de tout ce qui peut nous nuire et nous avilir et, aujourd’hui encore, il est extrêmement actif. Il égare des philosophes, il inspire des dictateurs, il suscite des gourous et des spiritualités trompeuses. Pourtant, il n’apparaît jamais au grand jour sauf dans la sorcellerie, le spiritisme ou le satanisme. Il doit jubiler lorsqu’on le présente comme un personnage mythologique avec des cornes et une queue fourchue. Un ennemi n’est jamais aussi dangereux que lorsque l’on croit qu’il n’existe pas !
Voici quelques mensonges terriblement efficaces et très répandus qui viennent directement de lui :
– « Le chapitre 3 de la Genèse n’est qu’un conte pour enfants. »
– « Comment peut-on croire au XXIe siècle que Dieu communiquerait directement avec nous à travers la Bible ? Il n’y a rien d’utile dans ce vieux bouquin. Ne perdons pas notre temps à le lire ». Le serpent a demandé à Ève si Dieu avait vraiment dit. Aujourd’hui, c’est la même affirmation arrogante : « Dieu n’a pas dit, Dieu ne parle pas !!! »
– « Profitons au maximum de chaque instant. Nous pouvons faire tout ce que nous voulons, il n’y aura pas de conséquences néfastes ». Satan a trompé nos ancêtres en prétendant qu’ils ne mourraient pas. Surfant sur notre crédulité et notre présomption, c’est toujours le même message qu’il décline à notre époque.
– « Dieu n’existe pas. Croire en Dieu n’apporte que frustration et étroitesse d’esprit. Si nous voulons être heureux et libres, il faut nous affranchir de toute croyance religieuse. »
– A ceux d’entre nous qui ne se satisfont pas d’une dimension purement matérialiste, le diable propose alors une spiritualité sans créateur où Dieu est conçu comme une énergie ou une conscience universelle. Grâce à la pratique de la méditation, on devrait prendre conscience de notre propre divinité. En réalité, c’est le même appât que celui auquel Ève a mordu : « Vous serez comme Dieu. »
– Pour égarer ceux qui, malgré tout, restent persuadés de l’existence de Dieu, Satan offre un faux dieu qui n’a rien à voir avec notre créateur. Ce dieu n’est ni juste, ni bon, ni parfait comme le vrai Dieu tel qu’on le découvre dans la Bible ou tel qu’on le perçoit intuitivement dans notre conscience. Il apparaît comme lointain, inaccessible, impotent ou dur, et même violent et cruel.
Ou, enfin, notre ennemi profère une accusation identique à celle qu’il a peaufinée dans le jardin d’Eden : « Dieu est quelqu’un de triste et d’ennuyeux. Lui faire confiance et lui obéir nous empêchera de jouir de la vie ». Nous professons alors croire en Dieu mais cela se limite à une vague croyance sans aucun impact dans nos vies quotidiennes. Nous pouvons parfois suivre quelques principes ou pratiques d’une religion mais Dieu reste un inconnu et nous n’avons aucune relation avec lui.
Dieu a tant aimé le monde
Au début de ce chapitre, je vous avais posé cette question : « Si vous étiez tout-puissant comme Dieu, comment réagiriez-vous face à la situation du monde aujourd’hui ? » Je ne sais pas ce que vous avez pu penser mais ce qui me stupéfie et me remplit de reconnaissance, c’est la façon dont Dieu a réagi dans le jardin d’Eden après le mépris et l’ingratitude dont il a été l’objet de la part des deux premiers humains.
Vous avez dû remarquer que le titre de ce chapitre est presque le même que celui du chapitre précédent. Un seul mot est ajouté : tant. Dieu a tant aimé le monde. Il est facile d’aimer quand tout va bien, c’est autre chose de continuer à aimer quand on est déçu, quand on a été trahi et méprisé. Dieu a choisi de continuer à aimer Adam et Ève… et leurs descendants : nous ! Pourtant, l’Histoire de l’humanité aurait pu se terminer dès le troisième chapitre de la Bible. Dieu aurait pu exterminer Adam et Ève, détruire la Terre et recommencer quelque part ailleurs dans l’Univers un autre projet. Mais Dieu ne les a pas abandonnés.
Dieu fit des habits en peau pour Adam et pour sa femme, et il les leur mit. Pour remédier à la honte qu’ont ressentie Adam et Ève, Dieu a pourvu à couvrir leur nudité. Mais pour cela, il a fallu la mort d’un animal innocent. C’est ce thème que nous allons retrouver tout au long de notre voyage à la découverte de Jean 3.16
Pendant plusieurs années, j’ai vécu sans manifester aucun intérêt envers la Bible. J’ai passé mon adolescence et les premières années de ma vie d’adulte à prendre mes décisions et à faire des choix sans jamais envisager de m’en référer à Dieu. Pour le dire crûment, je l’ai ignoré et en réalité méprisé. Est-ce que vous aussi vous êtes dans ce cas ? Quelle joie et quel émerveillement : Dieu ne m’a pas abandonné !