2. L’état de la société française – Scanner 3

Une société laïque où la religion revient sur le devant de la scène.

Quand la laïcité vise à protéger la liberté de conscience par la séparation de la religion et de l’État, c’est une bonne chose. C’est ce qu’avaient voulu les théologiens protestants, les Pères fondateurs des États-Unis. Hélas, en France, la conception de la laïcité est le plus souvent celle d’une éradication de la religion de l’espace et du débat publics. C’est cette forme de laïcité qui semble avoir triomphé aujourd’hui.
Le chemin pour en arriver à cette situation a demandé du temps et le combat a souvent été âpre. Dans les Droits de l’homme et du citoyen de 1789, les valeurs chrétiennes ont été sécularisées, vidées de toute référence à Dieu. L’homme a été installé au centre, affranchi de toute tutelle divine. Les philosophes des Lumières, francs-maçons, étaient les penseurs de la Révolution française et leurs idées ont fait sauté plusieurs verrous pour ouvrir la porte vers un monde sans référence à un créateur, à un Dieu tout-puissant. A la fin du XIXe siècle, la Franc-maçonnerie s’est opposée de toutes ses forces au catholicisme avec pour but de déchristianiser la société. Aujourd’hui encore, la franc-maçonnerie assume son rôle de force émancipatrice. Elle est le fer de lance du mariage pour tous, de la GPA, de la PMA, du droit à l’euthanasie et elle produit les bases intellectuelles de tous ces mouvements. Le but de la Franc-maçonnerie est de produire du contenu philosophique et intellectuel pour influer sur la République et sur la société. La méthode pour éradiquer toute référence à Dieu et à la Bible a été et est toujours une progression par étapes, et cela se réalise par un conditionnement à petites doses pour aller toujours plus loin vers l’établissement d’une société où l’homme est la source et le but de tout. La déchristianisation de la société française semble aujourd’hui presque réalisée et il ne faudra plus longtemps pour évacuer définitivement toute croyance en un dieu que nous devrions aimer et à qui nous devrions rendre des comptes ! Nous pourrons bientôt être entièrement affranchis de toutes ces superstitions !
Mais un élément imprévu est venu bouleverser le projet humaniste athée, c’est l’apparition dans le paysage français d’un nouveau participant à la construction de la future société française : l’islam.

Une civilisation matérialiste athée confrontée à une autre civilisation : l’islam

Qu’arrive-t-il à la République ? La société imaginée par les philosophes des Lumières du XVIIIe siècle et par les francs-maçons semblait sur le point de voir se réaliser l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Le bonheur était à portée de mains grâce à la sagesse humaine. Le combat contre le catholicisme était gagné et les seules spiritualités estimées acceptables ne nous imposaient plus l’existence d’un Dieu personnel. Pas de créateur devant qui nous serions tenus pour responsables de nos actes dans le yoga et la méditation. Dieu semblait avoir entièrement disparu et voilà qu’un nouveau venu apparaît sur le devant de la scène : Allah.
Sur de multiples sujets, on doit constater maintenant que deux conceptions de la vie s’opposent. La tenue vestimentaire des femmes est l’une de ces questions qui se sont invitées dans le débat public, et ce sujet a fait plusieurs fois la une avec le port du voile, du burkini puis de l’abaya. Comment réaliser le fameux « vivre ensemble » ? Comment faire cohabiter le matérialisme athée et l’islam ? Les tensions deviennent vives et les positions les plus opposées s’affrontent. D’un côté, les anticléricaux s’élèvent avec virulence contre toute intrusion de normes morales imposées au nom de la religion et, à l’opposé, les accusations d’islamophobie sont brandies dès que l’on aborde cette question. La confusion règne et, encore une fois, seule la vérité peut faire jaillir la lumière au sein de notre société fracturée. Voici quelques éléments essentiels pour nous permettre de voir clair.

– Dans l’Islam, le pouvoir de séduction du corps des femmes est responsable de la convoitise sexuelle des hommes. Les femmes doivent donc cacher dans l’espace public la beauté que Dieu leur a donnée. En réalité, devant Dieu, les hommes sont aussi responsables de la gestion de leurs pulsions sexuelles. Ils sont responsables de leurs actes et aussi de leurs pensées et de leurs désirs. Si un homme convoite la femme d’un autre ou s’il regarde des vidéos ou images pornographiques, c’est un péché dont il est coupable. Pourquoi faire porter aux seules femmes la responsabilité des difficultés des hommes pour gérer leur attirance pour le sexe féminin ? Pourquoi les hommes ne porteraient-ils pas des lunettes de soleil ou un bandeau sur les yeux ? Ils ne risqueraient plus d’être séduits et les femmes ne seraient pas obligées de se couvrir de la tête aux pieds surtout quand elles habitent dans un pays où la chaleur est très forte.

– En ce qui concerne la tenue appropriée pour les femmes, la mentalité en Occident est totalement à l’opposé de la conception de l’Islam. Le matérialisme athée fait l’éloge de la sensualité. Le plaisir sexuel est élevé en valeur absolue et la sexualité est omniprésente dans les films et les vidéos. Une femme séduisante va être utilisée pour faire la publicité d’une voiture, d’une marque de yaourts ou d’un shampoing. Aussi, les femmes sont poussées à être attirantes physiquement. Elles doivent montrer leurs formes pour susciter l’admiration et éveiller l’envie chez les hommes. Les maillots de bain sont de plus en plus minimalistes et les pubs suggestives pour les sous-vêtements féminins s’affichent partout. Combien d’artistes féminines s’habillent d’une façon qui ne peut qu’attirer le regard des hommes ! La pudeur a disparu en Occident. La seule mention de ce mot fait passer pour un moraliste réactionnaire ou quelqu’un de triste et de frustré. Quelle folie s’est emparée de notre civilisation ! Dieu a inventé la sexualité. Il n’y a aucun problème avec les relations sexuelles, c’est probablement l’expérience la plus exaltante, la plus joyeuse et la plus intime entre un homme et une femme. Seulement, cette relation a été instaurée pour être associée à un amour authentique et un engagement fidèle, durable et exclusif. De par la fidélité à laquelle les conjoints se sont engagés, le mariage offre le cadre sécurisant où l’amour peut s’épanouir et se développer. La sexualité est réservée pour l’intimité du couple. La pudeur c’est la protection de cette intimité. Nous avons méprisé et rejeté la pudeur, nous en avons récolté la pornographie.

– Qu’y a-t-il de mal si une femme veut porter un foulard comme expression de sa féminité et marque de pudeur ? Au nom de la défense de la laïcité et du statut de la femme, beaucoup se sont exprimés pour reprocher aux femmes musulmanes ce port du voile. Quelle hypocrisie et quelle confusion ! Ma grand-mère, qui n’était pas musulmane, portait souvent un foulard dans la rue et cela n’a jamais posé de problème. Il faut évidemment dénoncer et refuser le comportement des talibans en Afghanistan envers les femmes : l’homme et la femme, en tant qu’êtres humains, ont la même valeur et ce n’est pas la volonté de Dieu que les femmes  couvrent leur corps et leur visage avec un tchador ; cela ne règle en rien le problème de la convoitise sexuelle des hommes. Mais quelle hypocrisie dans cette prétention à défendre le statut de la femme ! En France, dans la culture et dans les médias, les femmes sont valorisées quand elles sont sensuelles. Est-ce que l’image d’objet sexuel est ce que l’on estime valorisant pour une femme ? Les qualités qui permettent à un couple et une famille de s’épanouir et de durer sont méprisées, et la pudeur fait partie de ces qualités. Avec la disparition de la pudeur, nous avons également perdu l’intimité. L’évaluation des peuples ailleurs dans le monde sur les sociétés occidentales est révélateur : nous sommes considérés comme une civilisation décadente.

– Mais pourquoi insister tellement sur l’importance de la pudeur ? Les naturistes et les nudistes ne voient aucune raison de cacher les parties sexuelles de notre corps. Comme sur beaucoup de sujets, il est impossible d’avoir un juste jugement sans avoir une connaissance de l’histoire de l’humanité et sans avoir le bon diagnostic de la situation actuelle dans laquelle nous vivons. Nous ne sommes plus dans le jardin d’Eden où l’homme et la femme étaient nus, sans honte ni aucune gêne. Les naturistes aimeraient croire que nous n’avons jamais quitté le jardin d’Eden. Hélas, aujourd’hui, les relations entre les hommes et les femmes sont détériorées. L’attirance physique entre hommes et femmes peut engendrer beaucoup de souffrances : viols, incestes, adultères, divorces, pornographie… Il faut maintenant instaurer des protections pour garder à la sexualité sa joie et sa pureté dans l’intimité du couple. La pudeur est une de ces protections. Beaucoup voudraient faire croire qu’il n’y a aucun problème avec la sensualité et que nous pouvons faire tout ce que nous voulons au niveau de la sexualité. Si vous voyiez quelqu’un mettre du café en poudre dans le réservoir de lessive de sa machine à laver, penseriez-vous que cela n’a aucune importance et que tout va bien se passer ? Notre vie est beaucoup plus complexe qu’une machine à laver et, si nous voulons être heureux, il vaut mieux utiliser le mode d’emploi que Dieu nous a donné. Dans la Bible, on trouve plusieurs rubriques pour le bon fonctionnement de la sexualité.

– Les vêtements qu’ils soient un hijab, un voile ou une abaya, ne sont pas un problème si une femme les porte volontairement par pudeur ou par féminité. Le port d’un vêtement manifeste par contre un comportement pathologique s’il s’agit de couvrir tout son visage par un niqab et ses mains avec des gants, et il devient problématique et oppressif lorsqu’il est imposé à une femme par son entourage et qu’elle ne peut pas le refuser. Quoi qu’il en soit, même si une femme se voile librement et volontairement, le problème de la convoitise sexuelle des hommes n’est pas réglé et une question de fond en relation avec l’islam demeure. C’est ce sujet qu’on ne peut évacuer ni passer sous silence et dont nous allons parler pour finir.

Les musulmans français réclament qu’on leur accorde en France ce qui est refusé aux non-musulmans dans les pays où l’islam est la religion de la majorité. Ils demandent la pleine liberté d’exercer leur religion et de pouvoir exprimer leurs convictions librement, et cela est conforme avec la liberté de conscience voulue en France. Mais pourquoi ne les entend-on pas réclamer la même chose pour les non-musulmans dans les autres pays où les musulmans sont les plus nombreux ? Pourquoi aucune voix parmi eux ne s’élève pour dénoncer les persécutions envers les chrétiens, les juifs et les athées dans beaucoup de ces pays ? Dans quelques États comme en Jordanie, les chrétiens locaux (arabes dans ce cas précis) sont acceptés sans difficultés dans la société mais, dans 90% des pays musulmans, pourquoi n’y a-t-il pas les mêmes droits pour les croyants des autres religions et en particulier pour les chrétiens ? Pourquoi n’accorde-t-on pas aux croyants d’autres religions ce qui est réclamé en France pour la pratique de l’islam ? Et si un jour les musulmans deviennent majoritaires en France, qu’adviendra-t-il de ceux qui sont considérés comme des mécréants ou des apostats ? C’est bien cela qui peut légitimement inquiéter ceux qui ne sont pas musulmans et c’est pourquoi il faut avoir conscience que le sujet du voile n’est pas simplement en relation avec la féminité et la pudeur.
Parmi ceux qui n’ont pourtant aucune envie de remettre à l’honneur la pudeur, nombreux sont ceux qui s’offusquent dès que l’on ose émettre ces interrogations, ces réserves ou même ces craintes. Ils taxent immédiatement de racisme ou d’islamophobie tout questionnement sur le sujet. Pourtant, je me demande combien de ces censeurs accepteraient de vivre en permanence dans un pays musulman où l’islam est la règle de vie. Je ne parle pas d’être un expatrié avec un très bon salaire et vivant dans des quartiers isolés pour non-musulmans. En France, la liberté de conscience fait partie de notre droit. Nous pouvons choisir librement notre religion et aussi de ne pas croire en l’existence de Dieu. Ce n’est pas le cas dans les pays où l’islam est la religion de la majorité de la population. Un musulman est-il libre de quitter l’islam ? Non, il connaîtra de grandes difficultés et sera accusé d’avoir trahi la communauté. Il pourrait être rejeté par sa famille ou même battu et tué. Les chrétiens et les juifs sont-ils libres d’ouvrir des églises et des synagogues et de tenir des réunions publiques ? Cela dépend des pays mais, même dans les pays où cela est toléré, il est très risqué pour un converti issu de l’islam de fréquenter une église. Dans tous les cas, le prosélytisme est interdit. De simples discussions autour du christianisme seront considérées comme des tentatives de faire quitter l’islam à un musulman. Une simple remise en question de Mohamed et du Coran, même sans aucune agressivité, peut attirer de graves ennuis avec les autorités et nous voir être accusés du délit de blasphème. Qu’on est loin de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen si chère aux partisans de la laïcité : Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Dans les pays où les musulmans sont minoritaires, une cohabitation est possible mais dans les pays où l’islam est soit religion d’État soit le mode de vie de la population, si l’on n’est pas musulman et que l’on est natif du pays, on est un citoyen de deuxième ou troisième catégorie comme le sont les coptes en Égypte. On peut aussi être persécuté et en danger régulièrement comme au Pakistan, en Somalie, en Lybie, au Yemen, au Soudan, au Nigéria, en Iran… En m’exprimant ainsi, je ne fais pas preuve d’islamophobie. Je ne haïs pas les hommes et les femmes qui croient que Allah est Dieu et que Mohamed est son prophète. Je m’exprime avec franchise et respect. Dire la vérité avec quelqu’un qui n’est pas d’accord avec nous est une preuve d’amour, surtout si l’on sait que cela risque de nous attirer la haine et l’agressivité. Je souhaite à chaque musulman et à tous ceux qui ne croient pas en Dieu de découvrir la bonne nouvelle, l’Évangile de Jésus, qui nous délivre de la convoitise sexuelle, de la pornographie et nous rend capable de vivre une vie de couple belle, joyeuse et harmonieuse.

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