Israël au banc des accusés

Plusieurs accusations ont régulièrement cours envers l’État d’Israël et aussi plus largement envers les Juifs. Elles sont acceptées et partagées par beaucoup. Nous allons les étudier de près et les confronter avec la réalité.

Accusation n°1  

En 1947, une partie de la Palestine a été donnée aux Juifs par les Européens au détriment des Arabes qui habitaient en Palestine. Les Européens ont voulu ainsi se donner bonne conscience après les persécutions infligées aux Juifs en Europe. Les Européens auraient dû donner aux Juifs un territoire situé en Europe.

Sur les 33 pays qui ont voté pour le partage de la Palestine, il n’y avait pas que des pays européens et les États-Unis. Il y avait aussi l’Australie, la Nouvelle-Zélande, 13 pays d’Amérique centrale ou d’Amérique du Sud, les Philippines, le Libéria, l’Afrique du Sud…
Comme nous le verrons dans la partie suivante, d’autres options avaient auparavant été envisagées pour trouver un territoire afin que les Juifs puissent s’y installer et être en sécurité. L’Ouganda avait été proposée mais rapidement abandonnée. Le choix de la Palestine s’est avéré être une évidence du fait du lien historique des Juifs avec cette région.

Quand la résolution de l’ONU a été adoptée en 1947, il y avait environ 560 000 juifs qui étaient installés et vivaient en Palestine. Ce n’est pas la décision de l’ONU qui a fait arriver tous ces juifs du jour au lendemain. Nous traiterons dans les parties suivantes cette question fondamentale à savoir l’histoire du peuplement de la Palestine, non seulement depuis la fin du XIXe siècle mais aussi en remontant de plusieurs millénaires dans le passé.

Devant les souffrances endurées par les Juifs, même s’ils n’en étaient pas responsables, les Arabes palestiniens auraient pu faire preuve de compassion, de générosité et de solidarité en accueillant ceux qui venaient d’échapper à l’extermination. Cela aurait été tout à leur honneur et un grand exemple pour l’humanité. Nous verrons encore une fois dans la partie suivante qu’il y avait assez de place en Palestine pour accueillir de nouveaux arrivants.
Il faut aussi savoir que le grand mufti de Jérusalem, le chef religieux musulman de la Palestine, s’est rendu en Allemagne pour rencontrer Hitler en novembre 1941. Ils se sont mis d’accord sur un projet d’annihilation des Juifs en territoires arabes. En signe de reconnaissance, le grand mufti s’est alors rendu en Bosnie pour convaincre les musulmans bosniaques de s’engager dans l’armée allemande aux côtés des Nazis. Les Européens ne sont donc pas les seuls à avoir participé à la persécution des Juifs !

Accusation n°2  

La Palestine a été choisie pour lieu d’émigration des Juifs alors qu’il n’y a pas de réalité historique d’un royaume juif ni d’une présence juive en Palestine par le passé. La Palestine a toujours été habitée et occupée par des Arabes. 

La réaction immédiate qui me vient en attendant cela, c’est la stupéfaction devant l’énormité de cette contre-vérité, devant cette absurdité. Je ne sais même pas comment on peut oser affirmer une telle fausseté face à la quantité de preuves archéologiques, littéraires, historiques qui attestent du contraire. Ce sont des milliers de faits indubitables qui peuvent être présentés pour réfuter cette fable. Nous en verrons les principaux dans la quatrième partie.

Accusation n°3 

Israël est un État raciste qui pratique l’apartheid.

L’État d’Israël n’est pas un État d’apartheid comme l’en accusent beaucoup. Aujourd’hui, 20 % des citoyens israéliens sont des Arabes soit environ 2 millions de personnes. Tous ont exactement les mêmes droits que les citoyens juifs. Ils ont le droit de vote et ils élisent les députés, il y a d’ailleurs plusieurs partis arabes à la Knesset. Ils ont le droit à la sécurité sociale et aux aides sociales au même titre que les Israéliens juifs. Il y a de nombreux chefs d’entreprise arabes. L’arabe est reconnue comme seconde langue officielle après l’hébreu. La cohabitation entre Juifs et Arabes est une réalité dans la société israélienne. Juifs et Arabes se côtoient dans les universités où étudient un nombre important de jeunes Arabes. Dans les hôpitaux, un tiers des médecins et des infirmiers sont arabes. Arabes et Juifs travaillent côte à côte et soignent des malades arabes et juifs. Notons aussi qu’il n’y a pas que des Juifs et des Arabes en Israël. On trouve aussi la communauté druze composée de 100 000 membres qui sont eux aussi tous citoyens israéliens et qui servent dans l’armée. Ils habitent très majoritairement dans le nord du pays. 
L’État d’Israël n’est pas parfait et connaît des problèmes identiques à ceux que connaissent les autres pays démocratiques. C’est une réalité que beaucoup de citoyens arabes ont un niveau socio-économique moindre que les citoyens juifs mais on trouve aussi beaucoup de Juifs qui vivent très modestement et sont dépendants des aides sociales notamment dans les communautés ultra-orthodoxes. Il y a aussi des difficultés avec la communauté bédouine dont les membres ont souvent du mal à s’intégrer dans la société Israélienne de par leur mode de vie tribal et non sédentaire. Il y a parfois le même genre de difficultés en France avec les « gens du voyage » et pourtant, nous ne sommes pas accusés d’être un État qui pratique l’apartheid.

Quelle autre nation au monde peut se vanter d’avoir accueilli en moins d’un siècle des immigrés venant de toutes les extrémités du monde avec des cultures et des langues différentes et ayant réussi à les assimiler pour qu’ils s’intègrent dans la société israélienne ? Le multiculturalisme d’Israël est un exemple pour le monde entier. La population juive israélienne a une multitude d’origines : les Juifs ashkénazes venus d’Europe de l’Est, les Juifs séfarades originaires du Maghreb, du bassin méditerranéen et des pays du Moyen-Orient, plus d’un million de juifs partis d’URSS, 200 000 juifs noirs originaires d’Éthiopie connus sous le nom de Falashas. On a même vu ces dernières années des Juifs issus de Chine et d’Inde acquérir la nationalité israélienne, étant descendants de Juifs expulsés d’Israël il y a plus de 2000 ans.

J’ai remarqué que beaucoup de ceux qui accusaient de façon virulente les Israéliens dans la guerre à Gaza étaient souvent également des défenseurs de la cause LGBT et des droits des femmes. Étonnamment, je ne les ai jamais entendus dénoncer le sort qui est réservé aux homosexuels dans la bande de Gaza. Je n’ai pas non plus entendu les associations féministes s’insurger contre la monstruosité des viols et des crimes commis contre les femmes juives le 7 octobre 2023. L’État d’Israël est l’unique objet de leur condamnation alors qu’en Israël, aucun homosexuel ne sera jamais emprisonné, que la Gay Pride de Tel Aviv est une des plus connues au monde, que le président de la Knesset est ouvertement homosexuel et marié à un homme. Quant aux femmes, elles ont toujours été mises à l’honneur en Israël : dans les universités, dans les affaires ou en politique avec des femmes chefs de partis et même première ministre comme Golda Meir. Trouve-t-on cela dans la Bande de Gaza ou en Cisjordanie ? Quelle incohérence !

La liberté d’expression et de religion est une des caractéristiques de la société israélienne. Des journaux et des chaînes de télévision reflétant toutes les opinions philosophiques et politiques sont disponibles sans aucune censure. Il y a même eu un parti politique arabe ouvertement sympathisant des frères musulmans. 
Si 80 % de la population est juive, 15 % des Israéliens sont musulmans, 5 % chrétiens et 100 000 israéliens sont de religion druze. On trouve encore quelques centaines de Samaritains et des fidèles de la religion Baha’ia  dont le centre mondial se trouve à Haïfa.
Parmi les Juifs, on est face à une grande diversité de profils. Il y a des athées, des croyants observant simplement les grandes fêtes religieuses de l’année par tradition, des Juifs suivant les ordonnances du judaïsme de façon plus rigoureuse, des ultra-orthodoxes habillés tout en noir avec chapeaux et barbes fournies, et même des bouddhistes et quelques milliers de croyants en Jésus.
À Jérusalem, on trouve des églises, des mosquées, des synagogues à chaque coin de rue. Tout au long de la journée, on peut entendre des cloches sonner, les appels à la prière des muezzins ou le son des shofars s’adressant aux fidèles juifs. 
En tant que chrétien, je ne me suis jamais senti être oppressé ou en danger lorsque je suis allé en Israël. Il y a effectivement quelques groupes de Juifs religieux qui posent parfois des problèmes en dégradant des églises ou en insultant des prêtres dans la rue mais ils sont extrêmement minoritaires. Je traite un peu plus loin du cas des groupes extrémistes ultra religieux et clairement racistes qui tentent de s’implanter en Cisjordanie en usant régulièrement de violence envers les Palestiniens. C’est un sujet grave qu’il faut aborder. Mais je dois le réaffirmer avec force, Israël est un état démocratique où chaque citoyen peut vivre, s’exprimer, critiquer le gouvernement, pratiquer sa religion librement. La seule interdiction qui soit faite est celle de porter atteinte à la sécurité de l’État d’Israël. 

Des enquêtes ont été faites auprès des deux millions de citoyens arabes israéliens. S’ils se sentent presque tous solidaires des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, la majorité d’entre eux ne voudrait en aucun cas renoncer à leur citoyenneté israélienne pour être intégré dans un État palestinien. On est décidément bien loin d’un État qui pratique l’apartheid !

Accusation n°4  

Les Juifs ont volé les terres des Arabes.

À chaque fois que j’entends cette accusation proférée par quelqu’un, je m’aperçois très rapidement si la personne qui affirme cela, connaît le sujet du conflit israélo-palestinien ou si elle n’en a que quelques notions très superficielles. Lorsqu’on affirme que les Juifs ont volé les terres des Arabes, de quoi parle-t-on ? 
1. De terres acquises avant 1947 ou de cas récents dont on parle aujourd’hui dans les médias ? 
2. Des habitations des Palestiniens qui se sont enfuis à l’étranger ou ont été chassés en 1948 lors de la Nakba ? 
3. De terrains en Cisjordanie ou de terrains en Israël ? 
4. Fait-on allusion aux blocs d’implantations pour des raisons sécuritaires en Cisjordanie ou des colonies considérées comme illégales suite aux intrusions avec violence de jeunes extrémistes religieux ?

Si l’on ne comprend pas immédiatement à quoi font référence ces différentes situations et qu’il ne faut justement pas les aborder de la même façon, c’est que notre connaissance de la problématique des terrains sur lesquels les Juifs se sont installés, est très superficielle.
Encore une fois, un accusé ne peut être condamné que si le juge a pris le temps d’écouter l’avocat de la défense avec ses arguments et non pas seulement une simple accusation proférée sans preuves valides. Voici donc des éclaircissements nécessaires pour répondre à cette accusation et pour considérer la réalité telle qu’elle est dans toute sa complexité.

1. Les terres acquises avant 1947
Depuis les premiers retours d’immigrants juifs en Palestine à la fin du XIXe siècle, toutes les terres sur lesquelles les Juifs se sont installés ont été achetées légalement et souvent à des prix très supérieurs au marché. Les Juifs ont acheté ces terres à des grands propriétaires terriens ottomans ou à des Arabes vivant en Palestine. Aucun terrain n’a été acquis illégalement ou en spoliant des Arabes. Nous reviendrons sur cela plus précisément dans la partie suivante.

2. La Nakba et les réfugiés
Nous avons déjà vu précédemment que les raisons qui avaient poussé les Arabes à quitter leurs maisons et à s’enfuir en 1948, étaient diverses. Un certain nombre d’entre eux sont partis en espérant revenir dès que les armées des pays arabes voisins auraient mis fin à l’État d’Israël qui venait de naître, au prix de la mort probable d’un nombre considérable de Juifs. Beaucoup d’autres Palestiniens ont été expulsés par les soldats israéliens car ils représentaient une menace et se seraient alliés aux forces syriennes, irakiennes, jordaniennes et égyptiennes. Depuis des années déjà, des combats avaient régulièrement lieu entre les deux communautés et la Palestine était en état de guerre civile. Il y a eu aussi certainement des familles arabes chassées et qui voulaient simplement vivre paisiblement dans leurs villages ou d’autres qui sont parties d’elles-mêmes pour échapper aux combats qui s’annonçaient.
La question du retour des réfugiés n’a encore jamais réussi à trouver de solution. Plus les années passaient et plus le nombre de descendants des premiers réfugiés augmentait. On estime ce nombre aujourd’hui à 6 millions et les Palestiniens exigent un droit au retour pour tous, ce qui est impossible pour la viabilité et la survie de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique. Toutes les propositions de compromis ou d’éventuelles indemnisations n’ont jamais abouti. On peut bien sûr comprendre les souffrances, l’amertume, la rancune ou le sentiment d’injustice que peuvent ressentir de nombreux Palestiniens aujourd’hui réfugiés dans des camps. C’est ce qui arrive malheureusement à de nombreuses victimes dans tous les conflits et les guerres, comme ce fut le cas des centaines de milliers de Juifs expulsés des pays arabes à partir de 1948 et qui ont eux aussi perdu tous leurs biens et ont dû reconstruire leur vie ailleurs. Mais cette impossibilité de résoudre le problème des réfugiés est aussi lié à une question plus profonde : les Juifs israéliens peuvent-ils faire confiance aux Arabes ?

3. L’immobilier en Israël
En Israël, toutes les transactions immobilières et les achats de terrain se font légalement. Il n’y a pas de passage devant le notaire comme en France mais tout se fait sous la supervision d’un avocat avec rédaction de contrat et inscription au registre foncier. Il n’y a absolument aucune différence selon que les acheteurs et les vendeurs soient Juifs ou Arabes. Encore une fois, tous les citoyens israéliens ont exactement les mêmes droits et doivent obéir aux mêmes lois. La situation en Cisjordanie est différente et beaucoup plus complexe. C’est ce que nous allons voir maintenant.

4. Colonies ou implantations ?
Il ne se passe pas un mois sans que les médias ne fustigent l’occupation israélienne des terres arabes et la présence des colonies dans les « territoires occupés ». Ces colonies sont revenues à la une de l’actualité quand, dès son arrivée au pouvoir, le président Obama a déclaré que ces colonies étaient le principal obstacle à la paix. Quant aux colons, ils sont souvent présentés comme l’incarnation du diable, et on va maintenant jusqu’à demander le boycott des produits cultivés dans ces colonies.
Mais alors que la communauté internationale considère que toute installation de Juifs en Cisjordanie est illégale et est une tentative de colonisation, Israël fait la différence entre les implantations légalement construites et autorisées par le ministère de la Défense sur des terres acquises par l’État d’Israël (terrains privés achetés à des propriétaires arabes ou terres domaniales qui étaient propriétés de l’État jordanien) et les avant-postes illégaux construits sans les permis nécessaires, souvent sur des terres palestiniennes privées. Penchons-nous donc sur la situation en Cisjordanie pour comprendre plus précisément ce qu’il en est réellement.

Après la guerre de 1948 faisant suite au partage de la Palestine décidé par l’ONU, la Cisjordanie fut annexée à l’émirat de Transjordanie qui devint alors le Royaume hachémite de Jordanie. Cette annexion contre laquelle personne ne protesta ne fut reconnue que par la Grande-Bretagne et par le Pakistan de telle sorte que pendant 19 ans, de 1948 à 1967, le Royaume de Jordanie occupa illégalement ces territoires au regard du droit international.
À l’issue de la guerre des Six jours en 1967, Israël s’empara de la Cisjordanie et décida de garder ces territoires comme monnaie d’échange dans la perspective d’éventuels accords de paix. En 1977, devant le refus arabe de tout accord, Israël légitima l’établissement d’implantations. Le but était de créer une présence juive qui garantirait que, dans la perspective d’un accord de paix futur, l’élément qui contrôlerait les sommets du relief ne serait pas un élément hostile.
Les premières implantations furent installées sous un gouvernement de gauche et laïc entre 1967 et 1977. Leurs installations furent planifiées. C’étaient des bases militaires avec des fermes et des entreprises agricoles dont le but était de renforcer la sécurité du pays en ralentissant la progression des armées ennemies en cas de nouvelle invasion. Quelques kibboutz en 1948 avaient joué ce même rôle et avaient évité l’anéantissement de la faible armée israélienne à ce moment. 
La Cisjordanie est une région où les collines se succèdent et atteignent régulièrement les 800 mètres d’altitude. Entre les collines, il y a des vallées encaissées avec parfois des gorges ce qui rend souvent l’accès difficile. Mener des opérations militaires dans cette région au relief complexe est très compliqué, et être installé au sommet d’une colline permet de contrôler et de sécuriser les passages. Il faut réaliser qu’Israël est un tout petit pays. Il y a 60 km entre la mer Méditerranée et le Jourdain, frontière naturelle avec la Jordanie. Jérusalem n’est qu’à 20 km à vol d’oiseau de cette frontière jordanienne. La traversée de la Cisjordanie pour atteindre l’État d’Israël, en cas de nouvelle invasion, serait extrêmement rapide pour des blindés et des militaires au sol. Israël a déjà connu trois fois ces attaques et n’a aucune envie d’être pris par surprise à nouveau. Le problème de ces territoires « occupés » ou « disputés » n’est pas simplement un problème politique mais c’est aussi un problème stratégique.
Israël s’est emparé de ces territoires qui juridiquement n’appartenaient à personne dans une guerre où il a été agressé. Les implantations ont été établies dans des endroits désertiques ou non peuplés qui ont été achetés au prix juste à des propriétaires arabes qui les ont vendus, ou sur des terres domaniales qui étaient propriétés de l’État jordanien. Contrairement à ce que certains prétendent, il n’y a pas eu d’expropriation.
Plus tard, ces bases militaires se sont transformées en implantations civiles. Après 1977, de nombreux jeunes couples israéliens modestes, souvent russophones ou ultra-orthodoxes, sont allés s’y installer en bénéficiant d’aides au logement. Certaines de ces implantations sont maintenant des villes avec plusieurs milliers d’habitants. Aujourd’hui, l’ensemble de ces implantations totalise une population de 500 000 résidents et représente 10 % de la surface de la Cisjordanie. Une proposition d’échange avec une surface équivalente sur le sol israélien dans des régions principalement peuplées par des Arabes israéliens avait été proposée. Cela a été refusé par l’Autorité palestinienne.

Un des buts des accords d’Oslo en 1993 puis de Taba en 1995 était de fixer un cadre pour aboutir à l’autonomie des territoires palestiniens. L’objectif était d’arriver par étapes à une coexistence pacifiée entre Israéliens et Palestiniens, et viable économiquement pour un futur État palestinien. L’armée israélienne devait se retirer progressivement de la Cisjordanie et un transfert simultané de la responsabilité pour le maintien de la sécurité devait s’effectuer envers l’Autorité palestinienne. Trois zones en Cisjordanie furent établies : 
– une zone A sous contrôle exclusif palestinien englobant les grandes villes (Naplouse, Jéricho, Ramallah…) et regroupant 20 % de la population
– une zone B sous contrôle mixte (civil palestinien et militaire israélien) avec 450 villages et des zones rurales contenant 70 % de la population
– une zone C à l’est du côté du Jourdain, sous contrôle israélien et où se trouvent les implantations considérées comme illégales par l’ONU.
Diverses solutions ont été envisagées au sujet de ces colonies selon les uns, implantations selon les autres. Les négociations de Camp David de 2000 prévoyaient l’annexion par Israël de ces régions peuplées en majorité de Juifs, en échange de quoi Israël rétrocéderait à l’État palestinien une superficie équivalente en territoire israélien, peuplé en majorité d’Arabes. Il est intéressant de noter que ces Arabes israéliens ont refusé de devenir citoyens du futur État palestinien. Une autre possibilité est imaginable : de même qu’il y a une importante minorité arabe qui vit en Israël, il  pourrait y avoir une minorité de Juifs qui vivent dans l’État palestinien. Mais de cela, les Arabes ne veulent pas en entendre parler. Il semble que pour eux, leur État doit être vide de Juifs.
À partir des années 2000, les motivations religieuses pour venir s’installer en Cisjordanie sont devenues courantes et se sont ajoutées aux raisons stratégiques et sécuritaires. La raison d’être des implantations a alors évolué. De nombreux juifs ont voulu habiter dans les lieux où leurs ancêtres avaient vécu et où s’étaient déroulés beaucoup d’évènements importants rapportés dans la Bible. Refusant d’être catalogués de colons, ils se sont sentis légitimes de retourner demeurer sur des terres ayant appartenu à leurs ancêtres même si ceux-là en avait été expulsés il y a 2000 ans. Il leur reste à préciser ce qu’il devra advenir des Palestiniens installés en Cisjordanie depuis également bien longtemps pour certaines familles. En 2012, il y avait 158 implantations en Cisjordanie et sur le plateau du Golan. 
Passons maintenant aux colonies illégales construites sans les permis nécessaires, souvent sur des terres palestiniennes privées.

En 2026, 204 avant-postes illégaux sont disséminés à travers la Cisjordanie, 130 ayant été créés depuis l’entrée en fonction du gouvernement en décembre 2022. Depuis cette date, le nombre des implantations illégales a explosé. Selon l’étude annuelle de l’organisation juive « La paix maintenant », 59 avant-postes illégaux ont été créés en 2024, alors que la moyenne annuelle entre 1993 et 2023 était de sept avant-postes par an. Huit de ces avant-postes illégaux ont été établis dans la zone B, pour la première fois depuis les accords d’Oslo. Ces colonies sont souvent démantelées par l’armée israélienne mais souvent aussi, rétablies à peine quelques temps plus tard.
La plupart de ces avant-postes ne comptent qu’une poignée de familles avec peu d’infrastructures. Ils sont souvent constitués de logements de fortune en préfabriqué où vivent des jeunes couples, accompagnés d’une poignée de jeunes ultra-nationalistes connus sous le nom de « jeunes des collines ». Ces jeunes, souvent en décrochage scolaire, travaillent bénévolement dans les fermes qui constituent les seules ressources de ces colonies. Ils mènent régulièrement les moutons et les chèvres paître sur de vastes étendues de terre en Cisjordanie, dans des zones où ils provoquent délibérément des affrontements avec les Palestiniens locaux. Selon un document officiel publié par le ministère des Implantations, 650 jeunes Israéliens vivent dans ces avant-postes illégaux en Cisjordanie. 
Le nombre total d’habitants de ces avant-postes pourrait donc se situer entre 1000 et 1200 personnes. C’est certes un nombre important mais on est loin de l’image véhiculée dans les médias où l’ensemble des résidents vivant paisiblement dans les implantations officielles sont assimilés avec ce millier de colons racistes et souvent violents.
On doit néanmoins constater que la situation sur le terrain en Cisjordanie est en train de changer depuis décembre 2022. Le financement public récent des avant-postes illégaux est extrêmement controversé, notamment en raison de l’implication massive et systématique des résidents de ces avant-postes dans des attaques et des actes de harcèlement visant les Palestiniens de la région, avec pour conséquence des morts, des blessés et le déplacement de plusieurs familles palestiniennes. Ces agressions ont été maintes fois constatées. Les soldats de Tsahal sont censés interpeller les résidents d’implantations pris en flagrant délit, puis les remettre à la police en vue d’éventuelles poursuites. Or, ces interpellations sont rares et les poursuites le sont plus encore, ce qui alimente les accusations de soutien tacite des autorités israéliennes aux violences commises par les résidents d’implantations.
L’organisation « La Paix maintenant » qui dénonce ces violences, estime qu’en plus des 650 jeunes vivant dans des avant-postes reconnus et soutenus par les conseils régionaux des implantations, 100 autres jeunes habitent dans des avant-postes dans la zone B de la Cisjordanie, où la loi interdit pourtant aux Israéliens de s’installer. Le ministère des Implantations met à la disposition des conseils régionaux des implantations différentes dotations budgétaires pour aider les jeunes en décrochage scolaire et en « situation de vulnérabilité » en Cisjordanie. Les aides peuvent consister en nourriture ou vêtements. 
En 2024, le gouvernement a légalisé rétroactivement ou entamé le processus de légalisation de 10 avant-postes illégaux et a augmenté massivement le financement des implantations et des avant-postes de toutes sortes. Des fonds permettent d’acheter des véhicules 4×4 vraisemblablement pour pouvoir atteindre les avant-postes, qui sont souvent établis au sommet de collines dépourvues de routes d’accès goudronnées. Les principales responsabilités et autorités civiles en Cisjordanie sont transférées de Tsahal, l’armée israélienne, à la nouvelle administration des implantations au sein du ministère de la Défense, bouleversant ainsi une politique en place depuis qu’Israël a pris le territoire à la Jordanie lors de la guerre des six jours en 1967 et qui maintenait ces pouvoirs entre les mains de l’armée.

Ces colonies illégales donnent d’Israël une image désastreuse et lamentable. On ne peut que blâmer l’absence de fermeté de la part du gouvernement israélien pour condamner et s’opposer à ces attaques de villages palestiniens. À plusieurs reprises, des soldats ont délibérément fermé les yeux sur les violences commises par les résidents d’implantations. Certains soldats ont été filmés lors d’agressions de Palestiniens et on pouvait les voir observer la scène sans intervenir. 
De grands rabbins et des hommes politiques en Israël se sont levés pour dénoncer cette situation en Cisjordanie mais quand des hommes comme Itamar Ben Gvir et Besalel Smotrich occupent les postes de ministres de la Sécurité nationale et de la Défense, la petite poignée de colons dans ces avant-postes illégaux se sent libre d’agir en toute impunité. Même un ardent défenseur et soutien d’Israël comme Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis en Israël, a dénoncé la terreur infligée aux villageois palestiniens en qualifiant les actes commis de répugnants et de comportements de voyou.

Si l’on recherche la justice, on ne peut passer sous silence la réalité de ces colonies implantées en toute illégalité et utilisant la violence envers les Palestiniens pour se maintenir et s’étendre. Les agressions des jeunes colons envers les agriculteurs et villageois palestiniens doivent être dénoncées et condamnées. Mais, de la même façon, il faut rappeler que régulièrement des Juifs vivant paisiblement dans les implantations reconnues par l’État sont attaqués. Nombreux sont ceux et celles qui ont été tués ou blessés par des tirs lorsqu’ils étaient en voiture. Des résidents civils israéliens et des militaires ont souvent été les victimes d’attaques au couteau ou par des voitures bélier. Encore une fois, la situation est complexe. Les méchants ne sont pas d’un seul côté tout comme les bons. 
Dans le monde entier, le mouvement du BDS appelle à boycotter les produits issus d’entreprises juives implantées en Cisjordanie. Pourtant dans plusieurs de ces entreprises, de nombreux Palestiniens sont employés, souvent mieux payés que dans des entreprises arabes et une bonne entente y règne entre Juifs et Palestiniens. On entend rarement ce genre d’informations dans nos médias occidentaux.
Alors, finalement, que doivent faire les Israéliens ? Évacuer et abandonner les implantations ? Mais ils n’auraient plus aucun bastion défensif pour s’opposer aux armées ennemies en cas d’invasion. La solution à deux États est réclamée par la communauté internationale. Mais quelle sécurité serait garantie pour Israël ? Les attentats terroristes constants depuis 25 ans ne peuvent que rendre dubitatifs les Israéliens sur la volonté réelle des Palestiniens de vivre en paix à leurs côtés. La question essentielle est celle-ci : Les Juifs israéliens peuvent-ils faire confiance aux Arabes ? Tant que l’on a pas compris cela, on ne peut pas comprendre ce que pensent et ressentent les Israéliens. 

Les Juifs israéliens peuvent-ils faire confiance aux Arabes ?

Dans cette deuxième étape, nous sommes retournés dans le passé jusqu’en 1947. Une question fondamentale doit être posée à la fin de cette partie : Les Juifs israéliens peuvent-ils faire confiance aux Arabes ?
Trois guerres pour anéantir l’État juif ont été menées par les pays entourant Israël : en 1948 après la décision de l’ONU, lors de la guerre des six jours en 1967 et lors de la guerre de Kippour en 1973. Après les attaques et les guerres subies par Israël, comment demander aux Juifs de faire confiance aux nations environnantes alors qu’elles n’envisagent que la destruction de l’État hébreu ? Comment demander aux Israéliens de faire confiance après le 7 octobre 2023 lorsqu’ils ont constaté le soutien affirmé au Hamas de la part des populations arabes et musulmanes du monde entier, et leur mise au pilori par tant d’autres nations dès leurs premières interventions dans la bande de Gaza ?
Les Palestiniens sont souvent présentés comme les « petits » luttant contre « l’ogre », le « fort », Israël. En réalité, Israël ne représente que 4 % de la population du Moyen-Orient. Si Israël est devenu aujourd’hui une redoutable puissance militaire, c’est que pour se défendre, cette nation a dû développer une armée qui est effectivement aujourd’hui une des plus modernes du monde. Mais cela a un coût énorme pour l’économie israélienne et des conséquences pour chaque citoyen. Tous les jeunes hommes juifs font trois ans de service militaire et les jeunes femmes deux ans. Ils peuvent être ensuite régulièrement appelés comme réservistes lorsqu’un conflit se déclenche. Toutes les familles comptent au moins un mort ou un estropié dans leurs rangs. Réalise-t-on que depuis 80 ans, l’État d’Israël est en guerre ?
Israël est un caillou dans la chaussure, le grain de sable qui empêche la machine de fonctionner. Israël, ce tout petit État, dérange le monde. Pour avoir la paix et la tranquillité, pour que le commerce mondial se porte bien, pour ne pas avoir de problème avec les communautés musulmanes, les gouvernements et les nations sont prêts à accepter des mensonges et à condamner injustement Israël. Mais la recherche de la paix ne peut se faire au détriment de la vérité. 

Israël, toujours Israël et seulement Israël au banc des accusés

Deux tiers des résolutions de l’ONU concernent Israël. Les deux tiers des problèmes, de la méchanceté, de l’injustice dans le monde seraient donc dus à l’État d’Israël ! 
Le coupable est désigné, le bouc émissaire est trouvé. Qu’importe si cela est au prix de contre-vérités et même de mensonges les plus grossiers. Voici un exemple récent qui illustre parfaitement cette volonté d’accuser Israël à la face du monde pour le condamner et lui refuser le droit d’exister.

En février 2026, une plainte est déposée auprès de la Cour pénale internationale (CPI) contre la FIFA et l’UEFA. C’est une plainte de 120 pages constituée par les organisations « Irish Sport for Palestine », « Scottish Sport for Palestine », « Just Peace Advocates », « Euro-Med Human Rights Monitor » et « Sport Scholars for Justice in Palestine », mais également par des footballeurs et des clubs palestiniens, des propriétaires fonciers et une organisation de défense des droits humains en Palestine. Elle accuse la FIFA et l’UEFA de « complicité de crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité dans le territoire palestinien occupé » notamment en raison de « l’inclusion par la FIFA et l’UEFA de clubs de football israéliens basés dans des colonies illégales en territoire palestinien occupé, construites sur des terres volées au peuple palestinien ».
En réalité, il n’y a aucun club de football israélien ayant participé à une compétition de l’UEFA ou de la FIFA qui serait « basé dans une colonie illégale ou un territoire palestinien occupé ». Tous les clubs professionnels du championnat israélien sont situés dans des villes de l’État d’Israël reconnu par l’ONU.
Par contre, curieusement, on n’a entendu aucune plainte contre l’UEFA et la FIFA à propos des clubs turcs lorsque le président Erdogan a fait massacrer des Kurdes et fait enfermer des milliers de personnes qui contestaient son régime. Aucune plainte non plus pour récuser la présence du Soudan ou de la Somalie dans les qualifications pour la coupe du monde de football. Personne n’a remis en question la participation de l’Iran à la coupe du monde de football de 2026. La présence de la Corée du Nord ne semble pas gêner ces mêmes organisations qui condamnent les clubs israéliens.


Dans les parties suivantes, nous allons continuer à retourner dans le passé. Dans une troisième étape, nous verrons ce qui s’est passé depuis la fin du XIXe siècle en Palestine. Cela nous permettra de répondre à ces autres questions essentielles :
– Les Juifs ont-ils volé les terres des Arabes palestiniens ?
– Les Juifs ont-ils le droit d’avoir un État ? 
– Les Juifs ont-ils le droit d’avoir un État en Palestine ?
– Ont-ils habité là auparavant dans le passé ? 
– D’où viennent les Arabes palestiniens ?

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