La guerre des Six jours en 1967 et la guerre de Kippour en 1973

L’accusation constante faite à Israël de ne pas respecter les décisions de l’ONU

Aujourd’hui, un reproche est sans cesse adressé à l’État hébreu : Israël ne respecte pas les résolutions de l’ONU. Mais pourquoi n’entend-on pas également le même reproche être fait aux pays arabes qui ne respectent toujours pas la toute première résolution de l’ONU sur le sujet israélo-palestinien ? On mentionne sans cesse le non-respect par Israël de ces résolutions, pourquoi ne parle-t-on jamais du refus des nations arabes et musulmanes de reconnaître la légitimité de l’existence de l’État d’Israël ?
En 1947, les Juifs ont accepté le partage du territoire en deux et ont suivi la décision prise de l’ONU, toutes les nations arabes et musulmanes ont rejeté cette décision et ont refusé toute création d’un État juif. Aujourd’hui encore, exceptées l’Égypte et la Jordanie qui ont signé la paix avec Israël et les quelques États qui ont renoué des relations officielles avec Israël à travers les « accords d’Abraham », tous les pays musulmans du monde sans exception rejettent le droit des Juifs à avoir un État au Moyen-Orient. Cela est stipulé clairement dans les chartes du Hamas et du Hezbollah. Le Hamas est opposé au projet de deux États. Ce mouvement combat d’ailleurs l’organisation aujourd’hui du monde en États-Nations et aspire uniquement à l’installation d’un califat sur toute la Terre.
La solution à deux États est censée résoudre le problème israélo-palestinien selon la position française partagée par de nombreux pays. Curieusement personne ne rappelle clairement que les pays musulmans et les pays arabes de la région refusent cette solution. Ils ne reconnaissent pas le droit des Juifs à avoir un État et ce depuis 1947. Pour eux, il ne doit y avoir qu’un seul État, celui des Palestiniens. 

La guerre des Six jours du 5 au 10 juin 1967

Après le cessez-le-feu de 1949, les tensions restèrent vives entre Israël et ses voisins. La crise du canal de Suez en 1956 fut la plus grave. Mais des conflits réguliers et plus limités eurent lieu en Galilée à la frontière avec la Syrie et dans le Sinaï avec l’Égypte. Les deux pays arabes conclurent un traité d’aide mutuelle en cas d’attaque d’Israël. 
En Égypte, le roi Farouk fut renversé en 1952 et le colonel Gamal Abdel Nasser accéda au pouvoir. Il se révéla comme le champion du panarabisme et du socialisme au Moyen-Orient. Sous sa présidence, il n’y eut aucune amélioration des relations avec Israël et plusieurs de ses déclarations révélèrent un antisémitisme profond.

En 1967, après avoir procédé à la mobilisation générale de son armée, Nasser décréta la fermeture du détroit de Tiran à la navigation israélienne ce qui ne pouvait apparaître aux yeux des Israéliens que comme une déclaration de guerre. Le blocus du port d’Eylat et du golfe d’Akaba allait inévitablement provoquer une réaction israélienne car cela supprimait pour l’État d’Israël leur unique débouché maritime vers le sud et la mer Rouge.
Le 6 juin, l’armée de l’air israélienne prit les devants et  anéantit en quelques heures l’aviation égyptienne sur les aérodromes. Les forces blindées s’emparèrent de la bande de Gaza et pénétrèrent profondément à l’intérieur du Sinaï.
Le même matin, les Jordaniens attaquèrent Jérusalem en dépit des avertissements israéliens enjoignant le roi Hussein à rester en dehors du conflit. La contre-attaque israélienne fut immédiate et Jérusalem tomba en un jour aux mains des Juifs. La légion jordanienne s’effondra et toute la rive occidentale du Jourdain fut conquise par Israël.
Les deux jours suivants, Israël attaqua l’armée syrienne sur le plateau du Golan depuis lequel d’incessants bombardements frappaient les frontaliers israéliens depuis des années et l’armée israélienne en prit possession.

Après ces succès éclairs qui stupéfièrent le monde, Israël invita ses adversaires à faire la paix en s’engageant en contrepartie à restituer aux Arabes l’essentiel des territoires occupés pendant la guerre, à savoir le Sinaï, la rive occidentale du Jourdain sauf Jérusalem. À cette offre, les Arabes répondirent par un triple refus lors d’une conférence à Khartoum : non à la paix, non à des négociations directes, non à la reconnaissance d’Israël. On en resta donc à la nouvelle modification du territoire issue de cette guerre de six jours : Israël avait retiré à l’Égypte le Sinaï et Gaza, à la Jordanie la Cisjordanie et Jérusalem Est, et à la Syrie le plateau du Golan.
En automne 1967, l’ONU vota une nouvelle résolution prévoyant l’évacuation par Israël des « territoires occupés », la reconnaissance de son existence par ses voisins arabes, la négociation de frontières « sûres et reconnues », et une juste solution au problème des réfugiés.

La perception de l’État d’Israël changea dans une grande partie de l’opinion publique occidentale à partir de la fin de cette guerre comme l’illustre le revirement de la politique française au Proche-Orient sous la présidence de Charles de Gaulle. Israël ne fut plus considéré comme le petit que l’on doit aider à survivre mais commença à être affublé du titre d’État impérialiste et colonisateur. 
Yasser Arafat fut nommé à la tête de l’OLP, l’Organisation pour la libération de la Palestine, et les commandos terroristes multiplièrent les attaques contre les Israéliens à partir de la Jordanie. Un nouveau mode de guerre apparut en 1969 lorsque le premier avion de la compagnie israélienne EL AL fut détourné sur Alger par des combattants de l’OLP.
Rapidement, les pays arabes, massivement réarmés par l’Union Soviétique, entraînés par les conseillers russes, se préparèrent à une nouvelle confrontation militaire avec Israël, animés par un désir de revanche afin d’effacer le déshonneur de la défaite lors de cette guerre des Six jours.

La guerre de Kippour en 1973

Les nations arabes décidèrent à nouveau d’attaquer l’État d’Israël le 6 octobre 1973, le jour de Kippour, le jour le plus sacré de l’année juive. En ce jour particulier de jeûne et de prière, la majorité des soldats juifs étaient démobilisés et dans leurs familles. Les attaques surprises et coordonnées se déroulèrent sur deux fronts, au sud dans le Sinaï et au nord sur le plateau du Golan. Des milliers de réservistes israéliens furent rappelés de toute urgence pour tenter de stopper l’avancée des armées arabes qui avaient rapidement détruit un grand nombre de chars et d’avions israéliens. Pendant plusieurs jours, l’armée israélienne sembla être sur le point d’être écrasée mais elle retourna la situation et réussit finalement à repousser les assauts au prix cependant de nombreuses pertes de soldats. Les infrastructures syriennes furent systématiquement détruites et les armées égyptiennes furent repoussées jusqu’au canal de Suez. L’URSS envoya alors des divisions aéroportées pour venir au secours des Arabes et la riposte américaine fut immédiate : les forces atomiques américaines furent mises en état d’alerte. On fut au bord d’un élargissement du conflit avec un risque d’une guerre nucléaire. Le 24 octobre, un cessez-le-feu fut décrété. L’Égypte récupéra une petite partie du Sinaï et présenta sa relative défaite comme une grande victoire. Ce fut la troisième guerre de survie qu’Israël eut à mener. 

D’autres évènements importants auraient pu être pris en compte :

– la crise lors de la nationalisation du canal de Suez par Nasser en 1956
– l’intervention militaire israélienne au sud Liban contre les bases de l’OLP en 1978 et surtout en 1982
– la première intifada de 1987 à 1993 et la seconde entre 2000 et 2005

J’ai bien conscience que ma présentation des trois guerres entre Israël et les pays arabes est succincte et beaucoup me reprocheront probablement de ne pas avoir mentionné des éléments qui leur semblent importants. Comme je l’ai rappelé dans l’introduction de cette partie, mon objectif est d’exposer suffisamment de faits essentiels et de vérités afin de dénoncer la condamnation injuste portée contre l’État Israël et les Juifs. Je ne cherche pas à présenter une image idéalisée et parfaite des Israéliens. On peut estimer que des erreurs et des fautes ont été commises par les gouvernements successifs de l’État d’Israël, on peut être scandalisé par les déclarations et l’idéologie de l’actuel ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, on peut constater que certains juifs sont imbus de leur supériorité et racistes. Israël n’est pas une nation parfaite et les Juifs ne sont pas non plus un peuple parfait. Mais ils ne sont pas pires que les autres peuples sur Terre et ne sont pas responsables de tous les problèmes du monde et particulièrement de ceux du Moyen-Orient. Continuons donc notre survol de cette seconde période depuis la décision de l’ONU en 1947.

Les efforts diplomatiques pour tenter de trouver une solution après 1973 ->

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