Les efforts diplomatiques pour tenter de trouver une solution après 1973
Après la guerre de Kippour en 1973, le monde a pris en pleine face les conséquences du conflit israélo-palestinien. Au lendemain de la défaite des pays arabes, les pays producteurs de pétrole du Moyen-Orient décidèrent de multiplier par quatre le prix du baril. Cela créa un désordre mondial, un traumatisme parmi les pays importateurs de pétrole et une obligation de se positionner dans le conflit israélo-palestinien pour éviter d’être mis sous embargo par les pays de l’OPEP. Ce fut la fin des 30 glorieuses et le début des crises économiques pour le monde occidental. De nombreuses nations réfléchirent alors à être moins dépendantes du pétrole et à développer la production d’électricité. Le choix du nucléaire fut l’option de la France.
Le sujet israélo-palestinien s’invita aussi sur la scène mondiale avec les nombreuses actions terroristes de l’OLP. Ce fut la stratégie choisie par l’organisation palestinienne pour imposer aux nations son narratif et ses revendications. Aux Jeux olympiques de Munich en 1972, un commando palestinien prit en otage et assassina toute la délégation des sportifs Israéliens. D’autres commandos se mirent à détourner des avions israéliens et même européens et américains dans les années 70. En 1985 et 1986, de nombreux attentats furent perpétues à Paris par des terroristes palestiniens et des membres du Hezbollah libanais.
Dès lors, les efforts diplomatiques se multiplièrent pour tenter de trouver une solution au problème israélo-palestinien afin d’éviter un nouvel embrasement au Moyen-Orient qui impacterait encore une fois le monde entier.
En septembre 1978, les accords de Camp David furent signés par le président égyptien Anouar el Sadate et le premier ministre Israélien Menahem Begin avec le président américain Jimmy Carter comme médiateur. L’Égypte fut la première nation arabe à signer un traité de paix avec l’État hébreu. À cause de cela, elle fut exclue de la Ligue arabe. Israël retira toutes ses forces militaires du Sinaï qui redevint propriété du territoire égyptien. Trois ans plus tard, le président Anouar el Sadate fut assassiné. Mais cet accord sembla pouvoir être une première étape vers une résolution du conflit israélo-palestinien.
En 1994, un deuxième pays arabe signa aussi un traité de paix avec Israël : la Jordanie. Aucun autre pays musulman au Moyen-Orient ou dans le monde ne suivra cette voie d’un rapprochement avec Israël jusqu’en 2020 et les accords d’Abraham. Les Émirats arabes unis, le royaume du Bahreïn puis le Soudan et le Maroc décidèrent alors de « normaliser leurs relations » avec l’État d’Israël. Mais sur quoi cette normalisation débouchera-t-elle ? Ces accords semblent faire avancer la situation vers une pacification avec l’État hébreu, mais dans chacun des pays signataires, la majorité de la population reste viscéralement hostile aux Juifs. Ce ne sont que les dirigeants qui se sont engagés dans une normalisation des rapports avec Israël, principalement par motifs économiques et pour obtenir les faveurs des États-Unis.
Les Accords d’Oslo : Enfin une avancée vers la fin du conflit ?
En 1974, l’OLP (Organisation pour la libération de la Palestine) fut admise aux Nations Unies comme membre observateur et reconnue comme « seul et légitime représentant du peuple palestinien ». Ce n’est qu’une vingtaine d’années plus tard qu’un rapprochement entre Israéliens et Palestiniens eut lieu. Un tout premier accord fut négocié et apparut comme porteur de promesses pour la résolution du conflit. En 1993, les accords d’Oslo furent signés entre Yasser Arafat, le chef de l’OLP, et Yitzhak Rabin, le premier ministre israélien. C’est le président américain Bill Clinton qui accueillit les deux hommes à la Maison-Blanche à Washington pour une poignée de main historique.
L’une des principales questions des Accords d’Oslo fut le retrait de l’armée israélienne des territoires palestiniens conquis suite aux agressions précédentes des nations arabes. Il s’agissait d’un retrait par étapes et d’un transfert simultané des responsabilités aux autorités palestiniennes pour le maintien de la sécurité. La direction de l’OLP accepta le droit d’Israël à une existence en paix et en sécurité. En contrepartie, le gouvernement israélien reconnut l’OLP comme représentante légitime du peuple palestinien. Un chemin semblait être ouvert pour conduire enfin à la paix.
Combien de fois ai-je entendu que les Israéliens ne mettaient pas en place ces accords ? Combien de fois ont-ils été accusés de traîner des pieds et de fonder des colonies en Cisjordanie ? À nouveau, laissez l’avocat de la défense prendre la parole et vous présenter d’autres éléments de la situation. Vous comprendrez peut-être un peu mieux pourquoi les Israéliens ont autant de mal à faire confiance aux accords signés par les autorités palestiniennes.
Après les accords d’Oslo en 1993, la destruction d’Israël est resté le but de l’OLP.
– La lutte contre l’ennemi sioniste n’est pas une question de frontières, mais touche à l’existence même de l’entité sioniste. (Bassam-abou-Sharif, porte-parole de l’OLP, Kuwait News Agency, Agence de presse koweïtienne, 31 mai 1996).
– Le but stratégique est la libération de la Palestine, du Jourdain à la Méditerranée, même si cela signifie que le conflit doive durer encore mille ans ou pendant de nombreuses générations à venir. (Faisal Husseini, interview accordée à Al-Arabi, 24 juin 2001).
– La bataille ne se terminera pas avant que la totalité de la Palestine ne soit libérée. (Yasser Arafat, Voice of Palestine, novembre 1995).
– Après l’établissement d’un État palestinien dans la totalité de la Cisjordanie et de Gaza, la lutte contre Israël continuera. (Ami Bishara, député de la Knesset, Haaretz, 22 mai 1998).
– Notre but est d’éliminer l’État d’Israël et d’établir un État qui soit entièrement palestinien. (Yasser Arafat, session privée avec des diplomates arabes en Europe, 30 janvier 1996. Cité dans le Middle East Digest, 7 mars 1996).
– Nous perdrons ou nous gagnerons, mais notre regard restera fixé sur notre but stratégique ; à savoir la Palestine du Jourdain à la mer. (Marwan Barghouti, chef du Fatah de Cisjordanie, New Yorker, 2 juillet 2001).
Yasser Arafat a plusieurs fois tenu un double discours contredisant ses engagements officiels.
En l’an 629, Mohammed avait tenté de conquérir La Mecque avec ses Bédouins. Mais, en cours de route la plupart des Bédouins l’avaient abandonné. Se rendant compte qu’il n’était pas suffisamment puissant pour venir à bout de la tribu Quoreish de La Mecque, il avait conclu un pacte de dix ans avec elle, connu sous le nom de pacte d’Houdaibiya. Puis, des mois plus tard, après que Mohammed soit parvenu à rallier des forces suffisantes, il a violé ce pacte, attaquant La Mecque qu’il a alors conquise. La conduite de Mohammed est restée depuis lors un modèle à suivre pour la manière de traiter les ennemis de l’Islam lorsque l’on se trouve en position de faiblesse.
Yasser Arafat a comparé les accords d’Oslo au pacte de Houdaibiya à plusieurs reprises.
– Il l’a fait dans un discours à la mosquée de Johannesburg en mai 1994.
– Le sort des accords d’Oslo ne sera guère différent des accords avec les Quoreish. (Interview dans un journal égyptien, mai 1998)
– La paix d’Oslo est une paix à la Houdabiya. (Discours prononcé devant des membres de la branche jeunes du Fatah, 15 novembre 1998).
Après les accords d’Oslo, la chartre de l’OLP n’a pas été abrogée.
Voici quelques extraits de la charte de l’OLP établie en 1964 :
– L’OLP emploiera tous les moyens, et en premier lieu la lutte armée, pour libérer le territoire palestinien et établir l’autorité indépendante, nationale et combattante pour notre peuple, sur toute partie du territoire palestinien qui sera libérée.
– L’OLP luttera contre tout projet d’entité palestinienne dont le prix serait la reconnaissance de l’ennemi, la paix, des frontières sûres, la renonciation à nos droits nationaux et la privation des droits de notre peuple au retour et à l’autodétermination sur le sol de sa patrie.
– Une fois instaurée, l’autorité nationale palestinienne luttera pour réaliser l’union des pays du champ de bataille, en vue d’achever la libération de l’ensemble du territoire palestinien, étape sur la voie de la réalisation de l’unité arabe.
– L’OLP luttera pour renforcer sa solidarité avec les pays socialistes et avec les forces de libération et de progrès dans le monde, afin de mettre en échec tous les plans sionistes, réactionnaires et impérialistes.
Et voici ce que Yasser Arafat déclara au sujet de cette charte : Je mentirais si je vous disais que je vais l’abroger. Personne ne peut le faire. (Conférence donnée par Yasser Arafat à Harvard, octobre 1995).
La réalité et la monstruosité de la Shoah sont niées par l’OLP.
– Il est bien connu que tous les ans les Juifs exagèrent de plus en plus la portée de ce que les nazis leur ont fait. Ils prétendent qu’il y a eu six millions de victimes, mais des recherches précises scientifiques démontrent qu’il n’y en a pas eu plus de 400 000. (Télévision palestinienne, 25 août 1997).
– La Shoah est un mensonge des Sionistes concernant de soi-disant massacres perpétrés contre les Juifs. (Al Hayat Al Jadeeda, journal de l’Autorité palestinienne, 3 septembre 1997).
– La persécution des Juifs est un mythe mensonger que les Juifs ont qualifié d’Holocauste et ont exploité pour se faire plaindre. (Al Hayat Al Jadeeda, journal de l’Autorité palestinienne, 2 juillet 1998).
– Les nazis ont probablement tué moins d’un million de Juifs et le mouvement sioniste a participé au massacre. (Citation tirée d’un livre de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne).
Camp David II, une nouvelle tentative avortée
En 2000, une nouvelle tentative diplomatique et de nouvelles négociations eurent lieu à la résidence de Camp David aux États-Unis avec Yasser Arafat et un autre premier ministre israélien, Ehud Barak, toujours en présence de Bill Clinton. Cette occasion fut manquée à cause de l’intransigeance de Yasser Arafat et du refus de compromis face aux propositions d’Ehud Barak.
Clinton et Barak proposèrent un échange de territoire : les Israéliens auraient annexé 10 % de la Cisjordanie pour y conserver leurs blocs d’implantations et la même superficie aurait été donnée en Israël aux Palestiniens dans des régions à majorité arabe. Arafat rejeta cela sans faire de contre-proposition.
Le problème des réfugiés et leur droit au retour fut l’autre point d’achoppement. Les Palestiniens mirent en avant que les Israéliens avaient été en partie responsables de ce problème. Les négociateurs israéliens répliquèrent qu’un nombre semblable de Juifs avaient également été poussés à fuir les pays arabes depuis 1948 sans être dédommagés. Ils exclurent la possibilité d’un « droit au retour » pour les 6 millions de réfugiés palestiniens incluant leurs descendants. Cela aurait effacé le caractère juif de l’État d’Israël. Israël acceptait néanmoins un retour de 10 000 à 30 000 réfugiés palestiniens en Israël sur dix ans pour raisons humanitaires.
Les négociations prirent fin sur un constat d’échec.