L’idolâtrie

Quand on parle d’idolâtrie, on pense souvent aux statues, aux fétiches, aux amulettes ou à des cérémonies avec des offrandes et des sacrifices. Mais ce n’est qu’une forme de l’idolâtrie où les pratiques sont très visibles. L’idolâtrie est une attitude universelle que l’on trouve dans les sociétés antiques comme dans nos sociétés occidentales sécularisées. Nous avons tous des idoles, même si nous ne les appelons pas par ce terme. Le plus souvent, nous ne connaissons pas nos idoles parce que nous n’avons aucune idée de ce qu’est l’idolâtrie. 

Ce qu’est l’idolâtrie

La Bible parle souvent de notre tendance à idolâtrer quelqu’un ou quelque chose et à mettre notre espoir dans des idoles. Nous attendons d’une idole qu’elle nous apporte le bonheur et comble nos besoins les plus profonds : besoin de sécurité matérielle, besoin d’être apprécié et considéré, besoin de nous épanouir et d’être heureux… Une idole prend la place de Dieu. Nous attendons d’elle qu’elle remplisse le rôle que Lui seul peut tenir. 
Tout peut devenir une idole : l’argent, une carrière professionnelle, la philosophie, l’État, une grande cause sociale, la technologie, nos capacités physiques ou intellectuelles, le sport, un artiste, un leader politique… Même les meilleures choses de la vie peuvent prendre la place de Dieu : la recherche du grand amour avec le partenaire idéal, la beauté physique, les relations sexuelles, notre conjoint, nos enfants, la réussite sociale…

Une idole n’est pas nécessairement une chose mauvaise en soi mais c’est quelque chose qui est plus importante pour nous que Dieu. C’est en nos idoles que nous nous confions pour pourvoir à nos besoins profonds :
– Être en sécurité, être en bonne santé
– Être aimé
– Savoir qu’on a de la valeur, être apprécié, être utile
– Faire partie d’un groupe dans lequel on est accepté

Nous pouvons par exemple idolâtrer la richesse pour combler notre besoin de sécurité, pour ne dépendre de personne et avoir du pouvoir sur les autres, pour être considéré comme quelqu’un d’important et être admiré… Le succès artistique ou sportif, la réussite dans les affaires, la beauté physique peuvent jouer le même rôle que l’argent en tant qu’idoles.

Où cherchons-nous ce qui va combler nos besoins ? Seul Dieu peut nous apporter ce que nous attendons de nos idoles. Ni le succès, ni la célébrité, ni la richesse, ni l’État, ni la sexualité, ni même notre conjoint ou nos enfants ne peuvent nous apporter ce qui est du ressort du créateur seul. 
Le constat de la Bible à notre sujet est toujours d’actualité : Au lieu d’adorer le Dieu immortel et glorieux, ils adorent des idoles. Ils ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur (Romains 1.23,25). L’idolâtrie est à la base de tout ce qui ne va pas dans l’être humain. C’est pourquoi le premier des dix commandements interdit l’idolâtrie. Je suis l’Éternel ton Dieu. Tu n’auras pas d’autre dieu que moi. Tu ne te feras pas d’idoles. Tu ne te prosterneras pas devant elles. (Exode 20.2-5)
Nous avons été créés pour adorer car nous avons été créés limités, vulnérables et dépendants : nous avons besoin de quelque chose de plus grand que nous, de plus puissant que nous, de plus sage que nous. Nous sommes créés pour aimer Dieu, pour l’admirer, pour nous confier en lui, pour lui être reconnaissant et pour trouver en lui notre sécurité et notre plaisir. Nous ne pouvons pas ne pas adorer : si nous n’adorons pas le vrai Dieu, nous adorerons autre chose. Nous nous prosternerons devant une idole en espérant recevoir d’elle ce que seul Dieu peut procurer.

Nous pouvons faire beaucoup de sacrifices pour que ce que nous idolâtrons nous apporte ce que nous espérons. Mais, on est toujours déçu par nos idoles. Elles ne peuvent répondre à nos besoins les plus profonds. Plus nous avons mis d’espoirs en elles, plus nous risquons de souffrir car, finalement, lorsque nous expérimentons que nos idoles ne comblent pas nos besoins, notre vie s’écroule.

Le sujet de l’idolâtrie occupe une place très importante dans la Bible parce que cela nous met face à la question la plus fondamentale que Dieu nous pose : Qu’est-ce qui est le plus cher, le plus précieux, le plus important pour nous ? Et finalement : Qui aimons-nous le plus ?
L’Éternel, notre Dieu, est le seul Dieu. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. (Deutéronome 6.4,5)

Quelques-unes de nos idoles

– L’argent qui nous donne l’illusion d’être en sécurité et de pouvoir réaliser tous nos désirs. 
– La technologie et la science qui donnent aussi un sentiment de puissance et de sécurité. Plus besoin de l’aide de Dieu.
– Notre smartphone. Avec cet appareil fascinant et si performant, tout est facile et immédiat. C’est la baguette magique du XXIe siècle. C’est aussi l’invention la plus addictive de toute l’histoire de l’humanité. Combien de temps passez-vous sur l’écran de votre smartphone chaque jour ?
– Les biens de consommation qui nous procurent une vie confortable. Cette idole a ses temples : les galeries commerciales, Amazon, Ali Express…
– Le sport qui exige des sacrifices de la part de ses adorateurs pour leur apporter le succès en compétition, un contrat professionnel ou l’admiration pour avoir un corps fort et musclé : la pratique quotidienne du jogging même sous la pluie, les heures passées à la salle de musculation, la prise de compléments alimentaires et de produits dopants, l’indispensable maillot floqué du nom du joueur que l’on aimerait être…
– Les voyages qui nous font oublier nos soucis, nos difficultés, nos frustrations, la routine de notre vie. Nous partons vers un ailleurs agréable, idyllique même si ce n’est que temporaire et s’il faudra de nouveau apporter des offrandes aux compagnies aériennes ou aux agences de voyage.
– Le monde de l’imaginaire remplit également ce rôle même si nous ne voyageons qu’à travers la littérature ou les films. L’univers du merveilleux, les sagas de Harry Potter ou du Seigneur des anneaux permettent de s’évader de la réalité et de la banalité du quotidien.
– La pornographie, une des idoles les plus destructrices. La sexualité dans toute sa beauté est dévalorisée et dénaturée. Cette idole avilit et asservit tous ceux qui lui rendent un culte.
– La superstition avec ses formules ou ses rituels à répéter pour s’assurer la protection et le succès. Combien de joueurs professionnels de football reproduisent les mêmes gestes à l’identique dans le vestiaire avant un match ou lorsqu’ils foulent la pelouse du terrain ? Combien de fois avons-nous utilisé des expressions comme « je touche du bois » ou « je croise les doigts » pour nous rassurer ?
– La connaissance intellectuelle, censée nous procurer la sagesse et donc nous assurer de réussir dans la vie. Même si nous avions emmagasiné dans notre cerveau toutes les connaissances stockées dans l’intelligence artificielle, il nous manquerait la connaissance qui seule peut nous faire accéder à la véritable sagesse : la connaissance de Dieu.
– L’approbation des autres. Nous avons besoin d’être reconnus et acceptés. On cherche souvent à obtenir cela dans la société par notre niveau de revenus, notre beauté, nos capacités ou notre force. Et si nous n’atteignons pas le niveau attendu ou si l’on décide de rejeter la culture « bourgeoise », on cherchera notre valeur en se donnant une image de rebelle ou de marginal. On intégrera un groupe qui nous fournira une identité et nous adopterons les codes imposés en matière de goûts musicaux, de look et de langage. Pour être identifiés comme membres, nous nous soumettrons à tout ce que le groupe que nous idolâtrons exige dans la façon de s’habiller ou de se coiffer. On s’exprimera avec le vocabulaire labellisé que l’on doit utiliser.
– Notre conjoint. On attend du conjoint qu’il soit parfait, qu’elle soit parfaite et nous apporte tout ce dont nous rêvons. Mais plus nous idolâtrons notre conjoint, plus nous serons déçus. Nous avons basé notre couple sur des attentes irréalistes. Aucun être humain n’est parfait et nous ne le sommes pas nous-mêmes. 
– Notre enfant. Un enfant peut devenir notre idole quand nous voulons réaliser à travers lui nos ambitions. Nous pouvons devenir extrêmement exigeants envers lui et frustrés si notre enfant nous déçoit et n’atteint pas l’objectif que nous lui avons fixé.
– Notre idole est très souvent nous-mêmes. Notre sagesse, notre connaissance, nos capacités nous semblent préférables à la confiance en Dieu. Notre culture nous pousse à l’individualisme et l’égocentrisme. La satisfaction de nos désirs est considéré comme le but de la vie et ce qui rend heureux. Il faut croire en soi et avoir une bonne image de soi. Nous sommes placés sur le trône, au centre de l’Univers.
– Même Dieu peut devenir une idole. Si nous cherchons avant tout ses bénédictions, Dieu est l’idole dont nous nous servons pour être satisfaits. Nous ne l’aimons pas vraiment, nous avons juste besoin de lui pour combler nos besoins et réaliser nos désirs.
Prier peut aussi être une pratique idolâtre quand nous nous confions dans une technique pour obtenir de Dieu ce que nous désirons. La véritable prière consiste à s’adresser humblement et avec confiance à Dieu et non à croire qu’on peut le manipuler. 

Chaque nation et chaque groupe social a ses idoles particulières : 
– L’individualisme et la liberté en Occident ou, à l’opposé, la famille, le clan ou l’ethnie dans d’autres parties du monde.
– L’État de qui l’on attend une protection dans tous les domaines.
– Les idéologies (de gauche ou de droite). Les idéologies créent un sentiment de supériorité. La France a eu ce sentiment envers les peuples qu’elle a colonisés. Imprégnés de la  philosophie des Lumières, les hommes politiques du XIXe siècle étaient convaincus de leur mission visant à civiliser les autres peuples en leur apportant les droits de l’homme, la démocratie et les progrès issus de la révolution industrielle.

Voulez-vous savoir quelles sont vos idoles ?

Chacun de nous à ses idoles. Comment repérer et identifier nos idoles ? Il nous faut examiner nos comportements et nos motivations. 

Vers quoi nous tournons-nous pour être aidés ou soulagés quand nous souffrons, quand nous sommes seuls, quand nous avons peur, quand nous sommes stressés ou angoissés ? Est-ce vers la nourriture ? La télévision ? Internet ? Le shopping ? Le travail ? Le sport ? La pornographie ? La drogue ? L’alcool ? 

Comment dépensons-nous notre argent ? Jésus a dit : Là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur (Matthieu 6.21). En général, nous dépensons trop d’argent pour notre idole.

Est-ce que j’ai besoin d’acheter sans cesse des choses pour me sentir bien ? Acheter, manger, voyager, avoir des loisirs, est-ce que finalement mon bonheur dépend de cela ? Si c’est le cas, alors consommer est l’idole auprès de laquelle je vais chercher plaisir, satisfaction et protection.

Pour quoi avons-nous fait les plus grands sacrifices ? Pour quoi faisons-nous des efforts qui nous coûtent beaucoup ? Dans quel but nous imposons-nous une discipline de fer ?

Notre idole est souvent ce que nous admirons le plus.

Si nous nous consacrons à notre carrière professionnelle au point de négliger de passer du temps avec notre conjoint ou nos enfants, si nous sommes exagérément perfectionnistes, c’est que le travail est devenu notre idole.

Lorsque notre idole principale est nous-mêmes, cela se manifeste par une préoccupation excessive de notre image auprès des autres. Il nous est  impossible de reconnaitre  nos faiblesses, nos défauts ou nos échecs. Nous tentons de camoufler ce qui ne va pas dans notre vie. Nous n’avons pas de relations où nous sommes authentiques.
Que faisons-nous pour impressionner les autres ? Si le sujet qui nous préoccupe le plus est ce que les autres pensent de nous, alors nous avons trouvé notre idole.

La société impose le culte de la jeunesse. Si notre apparence physique a une importance excessive, nous nous sentirons dévalorisés en vieillissant.
Si vous êtes une femme et que vous avez plus de 35 ou 40 ans, est-ce que vous acceptez sans être aucunement gênée de dire votre âge ? Si vous êtes un homme, est-ce que votre calvitie naissante ou installée vous est insupportable ?

Qu’est-ce qui nous donne le sentiment de notre valeur ? L’opinion des autres, les vêtements que nous portons, notre richesse, notre statut social ? 
Lorsque nous ne recevons pas la reconnaissance que nous espérions, est-ce que nous sommes en colère, frustrés, vexés ? Si notre réaction va au-delà de la légitime déception, c’est parce que nous évaluons notre valeur en fonction des autres et de nos performances. 

En ce qui concerne les idéologies politiques, un des signes d’idolâtrie est une attitude extrémiste, radicale et agressive envers les autres partis politiques. Aucun parti politique n’a entièrement raison et aucun homme politique n’est capable de sauver le monde. Ni le socialisme, ni le communisme, ni le capitalisme, ni l’écologie n’établiront le paradis sur la Terre. 

Notre plus grand besoin : passer de l’idolâtrie à l’adoration de Dieu

L’idolâtrie est la plus grande erreur de l’être humain : nous nous confions en autre chose que Dieu et c’est pour cela que nous sommes sans cesse déçus. L’idolâtrie est un dysfonctionnement en nous : nous adorons la créature au lieu du créateur. Et malheureusement, cette idolâtrie est entretenue et stimulée dans toutes les civilisations. Nous vivons dans un monde qui a choisi d’adorer la créature plutôt que le créateur. Chaque culture a ses idoles, la société occidentale du XXIe siècle en valorise de nombreuses : la sexualité, l’individualisme et l’autonomie, la raison humaine, la technologie, le plaisir, les loisirs… 

Devenir un adorateur de Dieu ne signifie pas que l’on doive vivre en refusant la technologie ou que l’on doive mener une vie austère en se privant de tout loisirs. On peut apprécier les services rendus par notre smartphone et on peut être reconnaissant d’avoir passé une après-midi avec nos enfants dans un parc d’attractions. Il est sage de pratiquer une activité sportive pour être en bonne santé. Il n’y a rien de mal non plus à se réjouir d’un voyage dans un pays étranger. Dieu peut même utiliser ce voyage pour nous donner l’intuition qu’il y a un ailleurs qui existe et qui doit être meilleur que le monde actuel. 
Devenir un adorateur, c’est ne plus prendre des bonnes choses tout à fait légitimes pour les élever au rang d’idoles. Si notre travail ou notre famille sont devenus des idoles, la solution n’est pas d’arrêter d’aimer notre travail ou notre famille mais d’aimer Dieu davantage en le mettant à la première place. C’est lui qui nous permet d’avoir un travail et une famille, et il peut nous retirer l’un comme l’autre.
Nos idoles sont souvent des bonnes choses. Mais lorsque nous comptons sur ce qui a été créé afin de trouver le bonheur durable, nous connaissons immanquablement la désillusion. La sagesse consiste à savoir profiter et jouir des choses données par Dieu sans les idolâtrer. Aucune de ces choses n’est capable de nous assurer le bonheur et aucune n’est éternelle. 
L’idolâtrie installe une dépendance, une addiction. Ce qui devrait être à notre service nous rend esclaves et nous domine. Les idoles nous dominent grâce aux illusions et aux mensonges auxquels elles nous font croire. La libération est de passer d’idolâtre à adorateur de Dieu. J’abandonne mes idoles pour me tourner vers Dieu. Adorer Dieu nous introduit dans la liberté, adorer une idole conduit à l’esclavage. 

Au départ, ce que nous idolâtrons nous semble avoir toutes les capacités de nous rendre heureux. Il nous faut être déçus et insatisfaits pour commencer à nous poser des questions et à avoir des doutes. Les moments les plus pénibles dans nos vies sont ceux où notre idole ne répond pas à nos attentes et à nos besoins les plus profonds. C’est à ce moment-là que l’on peut découvrir que Dieu, lui, répond parfaitement à tous nos besoins. Malheureusement, nous nous tournons alors souvent vers une autre idole ou nous en voulons au monde entier. Nous devenons durs, amers, cyniques et nous recherchons toujours des responsables autres que nous-mêmes.
Il nous faudra peut-être avoir cherché pendant de longues années et de toutes les mauvaises façons possibles pour découvrir que Dieu seul peut nous procurer ce dont nous avons besoin. Nos illusions se sont écroulées, nos espoirs se sont envolés, nos problèmes ne sont pas réglés et nos idoles nous ont laissés meurtris. Mais c’est quand nous en sommes arrivés à désespérer de nos idoles et quand nous sommes conscients de notre incapacité et de notre faiblesse totale, que nous sommes prêts à nous tourner vers celui que nous avons méprisé, sous-estimé, ignoré, rejeté. Les échecs sont utilisés par Dieu pour nous attirer à lui. Il nous faut passer de l’idolâtrie à l’adoration de Dieu, abandonner nos idoles dans lesquelles nous nous confions pour nous tourner vers le vrai Dieu qui ne nous décevra pas. 
Pour nous purger de notre tendance à l’idolâtrie, Dieu peut nous priver de ce que nous attendons, espérons et même lui demandons. C’est dans les temps difficiles que nous réalisons qu’il est le seul capable de prendre soin de nous. Nous expérimentons et réalisons alors que Dieu suffit. Par la suite, il pourra nous accorder ce que notre cœur désire car nous n’y serons plus attachés et nous serons vraiment des adorateurs reconnaissants.

Toutes les formes de psychologie et de sociologie humanistes négligent le fait que l’être humain a une dimension spirituelle. Nous sommes créés pour être des adorateurs et soit nous vivons en nous confiant en Dieu, soit nous sommes idolâtres. Nos névroses, nos peurs et nos asservissements sont les conséquences de l’emprise exercée sur nous par une idole. Il s’agit fondamentalement d’un problème spirituel. Qui dirige ma vie : Dieu ou une idole ? Qu’est-ce qui me domine plutôt que Dieu ? À chaque fois, la question essentielle est : Qu’est-ce qui … plutôt que Dieu ? C’est cet aspect du « plutôt que Dieu » qui manque à la psychologie et à la sociologie. Un diagnostic superficiel de nos problèmes nous amène à nous concentrer sur notre besoin d’amour et de réussite alors que notre problème se situe au fond de notre cœur et se nomme : l’idolâtrie.
Avoir confiance en Dieu implique d’accepter d’être dépendant de quelqu’un d’autre, de quelqu’un qu’on ne peut pas contrôler, manipuler ou forcer, de quelqu’un qu’on ne peut pas maîtriser contrairement à nos idoles. L’idolâtrie c’est refuser d’attendre que ce soit Dieu qui me donne ce dont j’ai besoin et qu’il me le donne en son temps. C’est avoir plus confiance dans mon jugement que dans ce qui est écrit dans la Bible. 
Les craintes et le sentiment de notre fragilité sont notre lot à tous. Pour nous protéger, nous recherchons pouvoir et puissance. Cela nous donne le sentiment de contrôler le monde qui nous entoure. Mais, en réalité, nous ne contrôlons presque rien dans notre vie. La plus grande part de ce qui nous arrive est hors de notre contrôle : l’époque et le lieu où nous sommes nés, le choix de nos parents, notre aspect physique, nos capacités. Nous n’avons aucune maîtrise sur le climat, les tempêtes ou les canicules, et un grand nombre de nos circonstances sont les conséquences des choix des autres et non de nous-mêmes. La seule façon de se sentir en sécurité est de se confier dans le Dieu tout-puissant. Rien ne peut prendre la place de Dieu. Les idoles promettent le bonheur mais ne peuvent tenir leurs promesses. Nous avons été créés pour adorer Dieu parce que nous avons été créés pour trouver notre joie et notre sécurité en Dieu seul.
– Dieu est la source de toutes les joies et de tous les plaisirs de la vie. 
– Il n’y a pas rien de plus sécurisant que de savoir que le Dieu tout-puissant, le Dieu qui dirige l’univers et l’Histoire de l’humanité, s’occupe de notre vie et prend soin de nous. 
Il nous faut changer de logiciel : ce n’est pas l’argent qui va nous protéger, ce n’est pas avant tout notre travail qui nous donne notre valeur, ce n’est pas notre groupe d’amis qui doit définir notre identité. 

Une nouvelle identité : adorateur de Dieu

Devenir un adorateur de Dieu, c’est changer radicalement notre façon de voir la vie. C’est faire l’expérience d’une transformation profonde et libératrice en nous. Pour recevoir cette nouvelle identité, il nous faut renoncer à l’idolâtrie et nous tourner vers le vrai Dieu, celui de la Bible.

Renoncer à l’idolâtrie, quel que soit le pays du monde dans lequel nous vivons, peut nous attirer des ennuis. Nous pourrons être confrontés à l’incompréhension, au rejet ou à l’animosité. S’opposer à une idole produit souvent une réaction agressive de la part de ses adorateurs. Comment ose-t-on refuser d’honorer et de vénérer ce qui est censé procurer tout ce dont nous avons besoin ? Ceux qui ne se courbent plus devant leurs anciennes idoles seront accusés de blasphème. Mais qu’importe car la joie qui nous attend est sans commune mesure avec la vie misérable que nous abandonnons.
Nous avons été créés pour adorer Dieu. L’être humain trouve son épanouissement et sa satisfaction dans l’adoration de son créateur. C’est la plus grande source de joie. Dans toute la création, seuls les êtres humains peuvent décider ou non d’adorer Dieu par un choix libre, volontaire et réfléchi. 
Pourquoi adorer Dieu ? Serait-il vaniteux ? Poser cette question ou envisager cette possibilité montre combien nous connaissons peu notre créateur. Il est digne de recevoir notre adoration parce qu’il est juste, bon, pur, parfait, majestueux, tout-puissant, impressionnant, redoutable. Étant créés à l’image de Dieu, nous aimons et admirons la justice, la beauté et la sagesse. Il est donc naturel et normal que Dieu suscite notre admiration parce qu’il est la perfection dans tous les domaines. Ce qui serait triste, méchant et laid serait qu’il ne reçoive pas la reconnaissance et l’admiration de la part de sa création. 

L’adoration nait d’une révélation de Dieu. On ne peut devenir un adorateur de Dieu que si l’on découvre sa beauté, sa bonté, sa perfection, sa puissance, sa sagesse parfaite. Nous devons réaliser qui est Dieu et qu’il est digne d’être aimé et admiré. 
L’adoration est liée à notre degré d’intimité avec Dieu. Quand nous expérimentons que Dieu nous connaît parfaitement et qu’il peut s’occuper de tous les détails de nos vies, nous cessons de nous inquiéter et de nous épuiser à nous débrouiller pour réussir notre vie par nos propres forces ou en nous appuyant sur des idoles. Nous devons expérimenter qu’on peut se confier totalement en Dieu, et trouver notre sécurité et le bonheur en suivant son enseignement et ses commandements. L’adoration se manifeste alors par l’admiration, la fascination, l’émerveillement, l’amour, la reconnaissance, la confiance et l’obéissance. 
On ne devient un adorateur que lorsqu’on décide d’obéir à Dieu et de se soumettre à lui. Ce sont des termes qui sont haïs dans notre société où l’autonomie est érigée en valeur absolue et ultime. Voilà pourtant le chemin de la véritable liberté qui nous affranchit des mensonges de l’idolâtrie. Se soumettre à Dieu, c’est reconnaître qu’il est plus sage que nous, qu’il sait mieux que nous ce qui est bon pour nous, pour notre famille et pour le monde. Lui obéir, c’est mettre en pratique ce qui est enseigné dans la Bible.
Enfin, on ne peut devenir un adorateur de Dieu sans l’Évangile de Jésus qui nous révèle Dieu, qui nous réconcilie avec lui et qui nous transforme intérieurement. Nous qui étions présomptueux, orgueilleux, égoïstes et ingrats, nous devenons des adorateurs reconnaissants au service de notre créateur.

L’adoration ne s’exprime pas uniquement par des sentiments. L’adoration s’exprime dans la vie quotidienne de façon concrète et pratique dans la famille, au travail, ou dans tout autre domaine et dans toutes sortes d’occasions. Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu (1 Corinthiens 10.31), est-il écrit dans la Bible. Adorer Dieu c’est utiliser les talents et les capacités qui sont les nôtres pour la gloire de Dieu. Chaque humain, à travers sa personnalité et ses dons particuliers, a vocation à exprimer certaines des qualités de Dieu. Notre créateur a désiré déposer en chacun de nous un aspect varié de sa gloire et nous reflétons chacun individuellement une partie, même infime, de cette gloire. Certains vont mettre des notes de musique ensemble et créer des superbes mélodies, d’autres vont inventer de nouveaux produits, de nouvelles machines ou de nouvelles recettes de cuisine, d’autres encore vont décorer un appartement de façon magnifique. 
Vous avez une personnalité spéciale et des talents particuliers. Vous êtes unique, il n’y a personne d’autre exactement comme vous sur toute la Terre. Dieu a désiré qu’il y ait des extravertis et des introvertis, des intellectuels et des manuels, des contemplatifs et d’autres qui aiment l’action, des gens capables de diriger, d’autres qui aiment cuisiner, des commerçants qui aiment les relations humaines, des artisans et des bricoleurs, des inventeurs, des artistes… Chacun de nous est précieux car chacun est unique. Quel est votre talent ? Dans quel domaine êtes-vous doué ? 
Dieu nous a voulu, chacun de nous personnellement, de façon à refléter un aspect de sa gloire. Son objectif n’est pas de nous mettre derrière la vitrine d’un musée pour que nous soyons admirés mais que nous soyons une bénédiction pour les autres dans la vie quotidienne. Un adorateur ne cherche pas à s’élever au-dessus des autres, mais à servir Dieu en faisant du bien à ceux qui sont autour de lui. Lorsque nous comprenons cela, nous ressentons un profond sentiment de dignité et de valeur.  
Mais comment pouvons-nous exprimer les qualités de Dieu ? Comment notre vie peut-elle être une bénédiction pour les autres ? Nous sommes comme une ampoule. Il faut que l’électricité passe à travers pour que l’ampoule brille. De même, il nous faut être « connecté » à notre créateur. Dieu est la source. Lui seul peut nous permettre d’avoir une vie qui soit belle et bonne. 
Jésus est celui qui permet que cela devienne une réalité dans notre vie. La glorieuse nouvelle exposée dans la Bible c’est qu’en Jésus, Dieu a ôté tout ce qui nous empêchait de pouvoir expérimenter et savourer cette relation avec lui. Il n’y a pas de plus grande satisfaction que de réaliser qui est Jésus et ce que Dieu a fait pour nous.

Quel est le but de votre vie ? 
Trouver le grand amour ? Avoir une famille ? Élever vos enfants ? Voyager, découvrir le plus d’endroits possibles sur Terre ? Jouir des bonnes choses de la vie ? Avoir beaucoup d’amis ? Réussir dans le domaine qui vous passionne ? Être célèbre ? Gagner beaucoup d’argent ? Pouvoir vous offrir tout ce dont vous avez envie ?
Aucun de ces objectifs ne peut être le but de la vie. Votre vie a un sens qui dépasse infiniment ces objectifs. Vous n’êtes pas là par hasard. Vous existez à cause de Dieu et pour Dieu. Vous existez parce que Dieu vous a voulu. Avez-vous déjà envisagé que Dieu vous ait voulu, vous, spécialement, tel que vous êtes ? Savez-vous qu’avant même votre conception par vos parents, il avait prévu que vous viendriez au monde parce qu’il vous avait imaginé ? Dieu utilise nos parents pour nous donner la vie. Nos parents ne sont pas parfaits mais Dieu a un projet éternel parfait pour chacun d’entre nous. Et même si nos parents ont été déficients, même si nous avons été abandonnés par notre père ou par notre mère, Dieu a un plan pour notre vie. Même si nous avons gâché beaucoup de choses, même si nous sommes dans une situation où tout nous semble sombre et désespéré, notre vie peut être transformée par l’intervention de Dieu parce qu’il a un projet pour nous.

Le but de la vie est de connaître Dieu et de contempler sa beauté infinie. Il ne s’agit pas seulement de connaître des vérités sur Dieu, mais de connaître Dieu personnellement, d’être en relation avec lui, de passer du temps à communiquer avec lui. 
Connaître Dieu, c’est avoir accès au créateur tout-puissant qui intervient dans notre vie. Il a des ressources illimitées et inépuisables pour combler nos besoins. Il peut nous donner de l’amour pour que notre couple s’épanouisse. Il peut nous guider vers un métier pour lequel nous sommes doués. Il peut nous donner de la sagesse pour prendre les bonnes décisions ou pour élever nos enfants. Il peut nous redonner de la force quand nous sommes épuisés. Il peut reconstruire des relations brisées dans notre famille. Nous pouvons compter sur son aide pour tous les aspects de notre vie, il ne nous fera jamais défaut. 
Mais Dieu n’est pas un simple fournisseur de bénédictions. Il n’est pas le « bon Dieu » semblable à un vieillard impotent qui n’aurait comme seul rôle que de distribuer des sucreries. Il est le Tout-Puissant, l’Éternel, celui qui déteste le mal et celui à qui nous devons rendre des comptes. Il n’est pas un nouveau venu parmi le panthéon de nos idoles passées. Il est le Seigneur, le Maître de l’Univers. C’est à lui que nous devons soumettre notre volonté et c’est lui que nous devons servir pour le glorifier. Il est le Roi, le Souverain. 
Quand Dieu prend la première place dans notre vie et qu’il devient plus précieux que tout, nous goûtons à la plus grande joie qui puisse être éprouvée. Plus nous découvrons son amour, sa justice, sa puissance, sa sagesse, sa bonté et toutes ses perfections, et plus nous l’admirons, plus nous l’aimons mais aussi plus nous craignons de lui déplaire. C’est cela être un adorateur.

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