Le péché

Le péché ???

Comment réagissez-vous quand on vous parle du péché ? Quelle est votre conception de la notion de péché ? Que pensez-vous si l’on vous dit que vous êtes un pécheur ? J’ai entendu si souvent une réponse du genre : « Je n’ai rien fait de grave, je ne suis pas Hitler ».

Le péché, on pourrait en parler avec d’autres mots, des synonymes comme perturbation, dysfonctionnement, déformation, corruption, avilissement, enlaidissement, déchéance, perversion. La Bible établit ce diagnostic de l’état de chaque être humain : nous dysfonctionnons. Nous sommes infectés par un virus à l’image d’un ordinateur dans lequel un virus aurait pénétré, se serait infiltré et aurait perverti les programmes conçus par le fabricant. Dans la Bible, ce virus porte un nom : le péché. C’est un terme qui veut dire « manquer le but ». Nous avons tous manqué le but voulu par Dieu. Nous ne correspondons plus à ce que Dieu avait projeté pour nous.

Tous porteurs de ce virus

Que nous soyons riche ou pauvre, que nous soyons né en Afrique, en Asie ou en Europe, que nous soyons grand ou de petite taille, nous dysfonctionnons. Ce n’est pas que tout ce que nous faisons soit mal, c’est qu’en chacun de nous il y a des zones sombres, des choses laides. Tous les aspects de notre personnalité sont affectés par la présence du péché : notre réflexion, notre volonté, nos désirs, notre caractère.

Le péché apparaît au grand jour dans nos relations avec les autres, quand nous ne tenons pas compte d’eux ni de leur bien-être, quand nous faisons passer notre intérêt avant tout. 
A chaque fois que de ma bouche sort une parole mauvaise ou blessante, à chaque fois que je mens, à chaque fois que je pense à quelque chose de mal, à chaque fois que je ne fais pas le bien que je devrais faire ou que je ne tiens pas mes engagements, à chaque fois le péché se révèle dans toute sa laideur. Le péché nous pousse invariablement à être égoïstes et égocentriques. Nous sommes au centre de l’univers et tout doit tourner autour de nous et de la satisfaction de nos désirs.
Les conséquences du péché sont douloureuses. L’orgueil nous prive de l’amitié des autres. L’inquiétude et la crainte de l’avenir nous stressent. La peur nous paralyse. Le remord, la honte et la culpabilité nous rongent de l’intérieur. Le péché peut aussi nous rendre esclaves de la pornographie, de l’alcool, de la drogue, des jeux-vidéo violents, des jeux d’argent… Le péché provoque les disputes, les blessures, les trahisons, les divorces. A une plus vaste échelle, les guerres, les injustices, l’oppression et l’exploitation des pauvres sont aussi les effets du péché dans un monde qui a manqué le but en ne mettant pas son créateur à la première place. Nous sommes tous contaminés par ce virus et nos tentatives pour camoufler cette réalité sont dérisoires. On peut suivre la religion de sa famille en essayant d’en respecter les règles mais, ça ne change rien, nous sommes quand même porteurs du péché. 

Enfin, et par-dessus tout, le péché nous prive de la plus précieuse des relations, celle avec Dieu. 

Nous dysfonctionnons quand nous vivons en rejetant Dieu, en le méprisant ou, tout simplement, en l’ignorant.
Nous apprécions la nature, les joies de la vie, les voyages, l’étonnante diversité du monde sans jamais remercier ou nous intéresser à notre créateur. Nous agissons comme quelqu’un qui entrerait dans un appartement qui n’est pas le sien, se servirait de tout, ouvrirait le réfrigérateur, se ferait cuire un bon plat, prendrait une douche… et repartirait sans même saluer ou remercier le propriétaire. Sans même lui avoir demandé l’autorisation de se servir de ce qui lui appartient. Nous décevons Dieu et nous le frustrons. Nous le frustrons de la joie qu’il devrait avoir à être aimé et honoré par ses créatures. 

Nous dysfonctionnons aussi quand nous ne comptons que sur nos forces, notre intelligence, notre sagesse.
Nous pensons pouvoir nous débrouiller seuls sans Dieu. On n’a pas besoin de lui, on peut y arriver sans lui. Nous ne nous arrêtons jamais pour lui demander ce qu’il pense de nos projets. Jamais il ne nous vient à l’esprit de lui demander quelle est sa volonté pour notre vie et nous ne consultons jamais le mode d’emploi que Dieu nous a donné : la Bible. Nous pensons savoir ce qui est bon pour nous, inutile de tenir compte de ce vieux livre écrit il y a plus de 2000 ans ! 

Être contaminé par le péché, c’est aussi vivre sans demander à Dieu de nous aider.
Nous sommes face à une difficulté, nous n’arrivons pas à nous en sortir mais nous ne faisons pas appel à Celui qui peut nous secourir. Nous ne croyons même pas qu’il puisse intervenir. Nous estimons sans valeur son existence, sa puissance et sa bonté. 

Nous dysfonctionnons également quand nous nous tournons vers Dieu seulement en cas de besoin.
Nous le considérons un peu comme un distributeur automatique. De la même façon qu’on met une pièce dans la machine pour obtenir la boisson désirée, on fait une prière, on allume un cierge, on jeûne ou bien on fait un geste superstitieux afin de recevoir l’aide divine en retour. Pourtant dès le lendemain, ou même à peine quelques instants plus tard, nous nous remettons à vivre comme si Dieu n’existait pas. Il est déjà sorti de nos pensées et nous agissons et prenons nos décisions sans faire aucun cas de lui. 

Enfin, le péché se manifeste quand nous idolâtrons quelqu’un ou quelque chose.
La Bible parle souvent de notre tendance à mettre notre espoir dans des idoles. Une idole prend la place de Dieu. Nous attendons d’elle qu’elle remplisse le rôle que Lui seul peut tenir. Nous attendons d’elle qu’elle nous apporte le bonheur et comble nos besoins les plus profonds : besoin de sécurité matérielle et affective, besoin d’être apprécié et considéré, besoin de nous épanouir et d’être heureux. Tout peut devenir une idole : l’argent, nos capacités physiques ou intellectuelles, notre profession, le sport, un leader politique… Même les meilleures choses de la vie peuvent prendre la place de Dieu : la recherche du grand amour avec le partenaire idéal, la beauté physique, les relations sexuelles, la réussite sociale… Nous pouvons faire beaucoup de sacrifices pour que ce que nous idolâtrons nous apporte ce que nous espérons. Mais, on est toujours déçu par nos idoles. Elles ne peuvent répondre à nos besoins les plus profonds. Plus nous avons mis d’espoirs en elles, plus nous risquons de souffrir car lorsque nous expérimentons finalement que nos idoles ne comblent pas nos besoins, notre vie s’écroule. Seul Dieu peut donner un sens à notre vie et nous apporter le bonheur. Ni le succès, ni la célébrité, ni la richesse, ni l’État, ni la sexualité, ni même notre conjoint ou nos enfants ne peuvent nous apporter ce qui est du ressort du créateur seul. Le constat de la Bible à notre sujet est toujours d’actualité : Au lieu d’adorer le Dieu immortel et glorieux, ils adorent des idoles. Ils ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur (Romains 1.23,25). Je suis l’Éternel ton Dieu. Tu n’auras pas d’autre dieu que moi. Tu ne te feras pas d’idoles. Tu ne te prosterneras pas devant elles (Exode 20.2-5). L’idolâtrie est une expression universelle du péché.

La réalité

Le message de la Bible, c’est une bonne nouvelle mais, auparavant, c’est une mauvaise nouvelle : nous sommes pécheurs ! Le monde n’est pas ce qu’il devrait être. Nous ne sommes pas ce que nous devrions être. Et nous ne nous en sortirons pas seuls.
Très souvent, lorsque nous entendons que nous sommes pécheurs, nous essayons de fuir et de nous camoufler. Voici trois de nos tentatives de camouflage les plus courantes.

Première tentative : « Tout ne va pas bien dans ma vie mais je me débrouille pas trop mal. » 
Cela ressemble à l’homme qui fait une chute dans le vide depuis le toit d’un immeuble. A chaque fenêtre de chaque étage, il redit : « Jusqu’ici tout va bien. » Dieu nous demande de reconnaître les choses dans nos vies qui ne vont pas. Il veut que nous nous tournions vers lui et lui demandions son aide. Il nous faut être vrais, authentiques et retirer notre masque.

Deuxième tentative : « Je n’ai rien fait de grave. »
Nous nous comparons les uns aux autres et nous ne nous trouvons pas mauvais. Pour nous, « bien » n’est pas synonyme de parfait mais de « correct » selon nos critères. Peut-être que, pour vous, on n’a rien fait de grave tant qu’on n’a pas commis de crime ni de cambriolage. Mais il faut nous comparer au modèle, au standard : Jésus. Ce que Dieu aime et désire trouver chez un être humain, c’est la beauté du caractère de Jésus. C’est cela qui fait sa joie. Nos attitudes, nos pensées, nos paroles qui ne pourraient avoir été celles de Jésus attristent Dieu et lui déplaisent. Combien de fois avons-nous attristé Dieu ? Combien de fois lui avons-nous déplu ?
Voici une illustration qui peut nous aider à comprendre notre situation. Pouvez-vous atteindre la côte américaine en nageant depuis la France ? Aucun d’entre nous ne peut traverser l’océan Atlantique à la nage. Certains vont réussir à nager une heure. D’autres pourront nager cinq heures ; quelques-uns une journée, peut-être même deux. Mais personne n’atteindra l’Amérique. Aucun d’entre nous ne peut atteindre le standard que Dieu attend. Même si nous n’avons tué personne, même si nous ne sommes jamais allés en prison, aucun de nous n’est comme Jésus. Nous ne pourrons jamais entendre Dieu nous dire : « Tu fais toute ma joie. Tout ce que tu fais, tout ce que tu dis, tout ce que tu penses me réjouit. »
Voici une autre illustration. Je possède une chemise blanche à la maison. C’est une belle chemise. La coupe est parfaite. Elle a été dessinée par un couturier renommé. Le tissu est de qualité. Rien à redire sur la fabrication. Pourtant cette chemise reste en permanence dans l’armoire de ma chambre. Je ne la sors jamais car j’aurais honte de la porter en public. En effet, il y a une tache sur cette chemise ! J’ai eu beau la laver plusieurs fois, impossible de faire disparaître la tache. Est-ce que je pourrais aller avec à une cérémonie de mariage ou me présenter au palais de l’Élysée pour rencontrer le président de la République ? Ce serait honteux. Je pourrais dire qu’après tout il n’y a qu’une seule tache, mais cette tache gâche tout, et tout le monde la voit ! Devant Dieu nous sommes comme cette chemise. Il est probable même que nous ayons de nombreuses taches… Et nous voudrions nous présenter devant lui et être accepté ainsi en prétendant que tout va bien !

Troisième tentative : « Bon OK, je ne suis pas parfait, mais on peut s’améliorer ! » 
Mauvais diagnostic. Nous commettons des péchés car nous sommes infectés par un virus : le péché. Avec beaucoup d’efforts, nous cherchons à nier cette réalité, à refuser ce diagnostic. Nous accusons les autres et la société d’être responsables de ce qui ne va pas. Mais le problème ne vient pas seulement des autres, il est aussi en chacun de nous ! Malgré l’éducation que nous avons reçu, malgré nos efforts, malgré nos pratiques religieuses, nous constatons qu’il y a un problème en nous. Même quand nous pensons contrôler cette tendance à la méchanceté, un jour ou l’autre nous parlons durement à quelqu’un, nous disons du mal, nous nous vantons, nous nous irritons contre un proche, ou de mauvaises pensées occupent notre esprit. Les remèdes humains sont totalement inefficaces face au virus du péché. Nous sommes tous contaminés par ce virus et nos tentatives pour camoufler cette réalité sont dérisoires. On peut suivre la religion de sa famille en essayant d’en respecter les règles mais, ça ne change rien, nous sommes quand même pécheurs. Dieu ne se trompe pas sur notre état réel malgré le vernis moral ou religieux que l’on présente aux autres. Le péché se manifeste aussi quand nous comptons sur nos pratiques religieuses pour paraître juste et plaire à Dieu sans reconnaître notre besoin de Jésus, le sauveur donné pour nous afin qu’on ne périsse pas mais qu’on ait la vie éternelle.

Il y a un remède

Je sais que tout ce que vous venez de lire n’est pas populaire. Je pense que vous n’avez jamais vu d’affiches sur les murs nous rappelant ces vérités. Pourtant, à chaque fois que vous ouvrez la télévision et que vous regardez les informations, vous avez en plein écran le rappel quotidien de cette réalité : nous sommes pécheurs. Le monde n’est pas ce qu’il devrait être. Nous ne sommes pas ce que nous devrions être. Et nous ne nous en sortirons pas seuls.

Heureusement, la Bible nous fournit aussi le remède que Dieu a prévu contre le péché : l’Évangile de Jésus-Christ. Ce remède est parfaitement efficace et il est le seul qui le soit. Mais on ne prend ce remède que lorsqu’on a fait le même diagnostic que Dieu. Acceptez-vous ce diagnostic sur vous-même et sur l’état du monde ? Croyez-vous sincèrement que vous êtes porteur du péché ?

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