La vérité, toute la vérité, rien que la vérité
Le survol rapide de cette période que nous venons de faire, va permettre de répondre à des accusations maintes fois entendues et à certaines affirmations qui n’ont aucune réalité historique.
Les Juifs ont-ils volé les terres des Arabes palestiniens ?
Nous avons déjà traité précédemment de la situation après 1948, du cas de la Cisjordanie après 1967, de l’amalgame fait sans distinction entre « colonies » et « implantations », et de la confusion qui en résulte.
Les premiers achats de terrains en Palestine furent effectués au XIXe siècle par un industriel juif vivant à Londres, Moses Montefiore, et jusqu’au XXe siècle, ce furent surtout des terres domaniales ou des biens fonciers appartenant à des hommes d’affaires ottomans absents de Palestine qui furent achetées. En 1901, une première organisation fut mise en place pour l’acquisition de terres en Palestine avec une collecte de fonds dans le monde entier. Les premières acquisitions de terres s’opérèrent en Galilée et furent modestes. De façon générale, les Juifs achetèrent des terrains qui étaient en grande partie incultes et sans métayers arabes. Par la suite, des villages furent établis notamment sur la plaine côtière.
Après la première guerre mondiale, le prix des terrains vendus aux Juifs devint exorbitant. Ceux-ci commencèrent alors à acheter des terres cultivées que beaucoup d’Arabes étaient désireux de vendre pour migrer vers les villes côtières et pour avoir l’argent nécessaire pour investir dans l’industrie des agrumes. Après les émeutes de 1929, les dirigeants politiques arabes exercèrent des pressions sur leur compatriotes pour qu’ils cessent de vendre leurs terres aux Juifs.
En 1947, les possessions juives en Palestine se montaient à 926 000 hectares. 90 000 de ces hectares furent achetés au gouvernement britannique mandataire, 60 000 à différentes églises et 775 000 à des Arabes. 73 % des terrains ont été achetés à de grands propriétaires terriens comme les maires de Gaza, de Jérusalem, de Jaffa, et beaucoup de leaders du mouvement nationalistes arabe.
Pour conclure, il faut encore le rappeler et l’affirmer : aucun terrain n’a été acquis illégalement ou en spoliant des Arabes.
Y a-t-il eu un État palestinien avant 1947 ou dans le passé plus lointain ?
La réponse est négative et sans aucune ambiguïté. Nous verrons cela plus précisément dans la partie suivante mais voici très brièvement les seuls royaumes, empires, États qui ont régné sur la Palestine depuis 3000 ans.
– De 1000 av. J.C. à 63 av. J.-C., il y eut le royaume d’Israël avec des périodes de vassalisation lorsque les Empires assyrien, babylonien, perse puis grec imposèrent leur domination sur le Moyen-Orient.
– De 63 av J.C. à 330, la Palestine devint une province de l’Empire romain puis de l’Empire byzantin de 330 à 638.
– En 638, le pays fut conquis par les armées arabes musulmanes du calife Omar et demeura jusqu’en 1918 sous la domination des dynasties musulmanes successives : les Omeyades, les Abbassides, les Mamelouks et pour finir les Turcs ottomans à partir de 1517.
– Le seul intermède fut le royaume établi par les croisés entre 1099 et 1291.
– En 1920, la Palestine fut mise sous tutelle de la Grande-Bretagne qui en reçut le mandat de la Société des Nations. Cette situation prit fin en 1947 avec la décision de l’ONU de partager ce territoire en deux États.
Il n’y a donc jamais eu de royaume arabe palestinien ou un quelconque gouvernement indépendant en Palestine même embryonnaire. Le dernier et le seul royaume indépendant sur ce territoire fut le royaume d’Israël fondé par le roi David il y a 3000 ans. Depuis l’expulsion des Juifs par les Romains en 135, le pays a été constamment sous la domination des grandes puissances qui ont régné sur le Moyen-Orient.
D’où viennent les Arabes palestiniens ?
Voici pêle-mêle quelques extraits de récits de voyage ou de rapports sur la Palestine attestant de l’état de cette région aux XVIIIe et XIXe siècles.
Nazareth est un village minuscule sans importance. (Henry Maundrell, 1697)
La Palestine est vide, désolée et manque de tout. (Thomas Shaw, 1738)
Jérusalem a environ 12 000 habitants. Le pays est désolé et ruiné. (Comte Volney, 1785)
Ce dont le pays a le plus grand besoin, c’est d’une masse d’habitants. (James Pinn, consul britannique en Palestine, 1857)
On peut voyager pendant 10 miles sans rencontrer dix êtres humains. Jéricho est en ruine. (Mark Twain, 1867)
De Jaffa à Jérusalem, nous avons parcouru des lieux désolés, dénudés de toute espèce de végétation, arides et sans habitation. (W.H. Bartlett et Thomas Allom, 1870)
En Judée, sur des kilomètres et des kilomètres, il n’y avait rien qui ressembla à de la vie ou à une habitation. (Arthur Penrhyn Stanley, cartographe, 1881)
Dans la plaine entre le Mont Carmel et Jaffa, on voit à peine quelques villages. Césarée est entièrement abandonnée. (B.W. Johnson, 1892)
La région est sous peuplée et est restée économiquement stagnante jusqu’à l’arrivée des premiers pionniers sionistes vers la fin des années 1880. La partie orientale en direction de la mer est quasiment désertique. Les villages dans cette région sont rares et beaucoup sont désertés par leurs habitants. (Compte-rendu de la commission royale britannique, 1913)
Ce petit bout de terre constitué par l’État d’Israël et les territoires palestiniens a été depuis l’Antiquité un point de passage entre l’Afrique et l’Asie, entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’océan Indien. Des commerçants, des voyageurs, des armées ont toujours eu besoin de traverser ce territoire situé à un carrefour stratégique. Cette situation particulière a favorisé la migration de populations depuis 2000 ans. Certains s’y sont installés durablement, d’autres n’ont fait que le parcourir de façon régulière comme les bédouins à la recherche de pâturages pour leurs troupeaux.
Au XIXe siècle et jusqu’en 1914, la partie moyenne-orientale de l’Empire ottoman a accueilli des dizaines de milliers de Tatars de Crimée, de Turkmènes, de Bosniaques, d’Égyptiens, de Kurdes qui se sont installés dans les zones qui constituent à l’heure actuelle la Syrie, le Liban, la Jordanie, Israël, la Cisjordanie et la Bande de Gaza. (Frédéric Encel, Géopolitique d’Israël) Par exemple, dans les années 1830, Ibrahim Pacha, fils du vice-roi d’Égypte, amena de nombreux colons égyptiens en Palestine.
Après la Première Guerre mondiale, durant le mandat britannique, il y a eu un afflux important de population arabe venant des pays voisins pour bénéficier de salaires plus élevés et d’opportunités économiques en Palestine. La population arabe doubla entre 1922 et 1947. Cette augmentation fut également due à la chute du taux de mortalité infantile grâce à l’amélioration des services médicaux et à l’assèchement par les Juifs des marécages générateurs de malaria.
En 1948, près de la moitié des Arabes de Palestine étaient des immigrés de première ou de deuxième génération, venus à cause du développement économique engendré en partie par le sionisme.
Les Arabes palestiniens d’aujourd’hui sont donc dans leur très grande majorité des descendants de population ayant immigré depuis principalement l’Égypte pour la bande de Gaza, et depuis la Jordanie, l’Arabie Saoudite et dans une moindre mesure depuis le Liban et la Syrie pour la Cisjordanie. Le plus grand nombre d’entre eux se sont installés en Palestine après la Première Guerre mondiale. Les autres peuvent faire remonter la présence de leur famille en Palestine jusqu’à plusieurs siècles dans le passé et peut-être même pour un tout petit nombre à l’invasion par les armées musulmanes du calife Omar en 638.
Au-delà, à part les tribus nomades de bédouins et quelques familles disséminées dans les villes du pays, il n’y a jamais eu de présence d’un « peuple arabe palestinien » comme certains le croient et même l’affirment au mépris de la réalité historique. Cela nous conduit à la question suivante.
Les Juifs ont-ils habité en Palestine dans le passé ?
– Il n’y a pas de preuve tangible qu’il y ait la moindre trace ou le moindre vestige juif que ce soit dans la vieille ville de Jérusalem ou dans le voisinage immédiat. (Communiqué publié par le ministère palestinien de l’Information, 10 décembre 1997)
– Tous les événements liés au roi Saul et au roi David se sont déroulés au Yémen, et aucun vestige hébreu n’a été trouvé en Israël pour la bonne et simple raison qu’ils n’y ont jamais vécu. (Jarid al-Kidwa, historien arabe, au cours d’un programme éducatif de l’OLP, en juin 1997 et cité dans Haaretz le 6 juillet 1997).
– Jérusalem n’est pas une ville juive, en dépit du mythe biblique qui a été semé dans certains esprits. Il n’y a pas d’évidence tangible de l’existence juive d’un soi-disant Temple. On doute de l’emplacement du mont du Temple. Il se peut qu’il ait été situé à Jéricho ou ailleurs. (Walid Awad, directeur des publications pour l’étranger du ministère de l’Information de l’OLP, interviewé par l’agence de presse IMRA, le 25 décembre 1996).
– La Déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus. Les prétentions fondées sur les liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques. (Charte de l’OLP de 1968, article 20)
Que dire face à de telles absurdités ? Si encore cela venait de messages postés sur Internet par de parfaits inconnus mais ces affirmations émanent de personnes en position de responsabilité auprès du peuple palestinien ! C’est hélas maintenant un message qui est véhiculé et relayé sur les réseaux sociaux : il n’y a jamais eu de royaume juif dans l’Antiquité, ce qui est raconté dans la Bible est légendaire, le peuple d’Israël n’était pas installé en Palestine il y a 3000 ans.
Que ressentiriez-vous face à quelqu’un qui vous affirmerait le plus sérieusement du monde que la Terre est plate, ou que Napoléon, Jules César et Louis XIV n’ont jamais existé ? Probablement la même stupéfaction qui est la mienne lorsque j’entends de tels propos niant la présence juive en Israël et en Cisjordanie dans le passé.
Ce petit territoire est un musée à ciel ouvert. Dans quelque région que l’on soit, on y trouve partout des vestiges archéologiques qui témoignent de l’historicité des récits bibliques. Il y a quantité d’écrits anciens qui valident l’authenticité de la vie à Jérusalem telle qu’elle est présentée dans les évangiles au temps de Jésus avec le temple notamment. Ces écrits émanent d’auteurs non juifs comme les historiens romains de l’Antiquité. On a aussi par exemple des stèles gravées retrouvées au Moyen-Orient et rapportant des conflits ayant eu lieu entre les rois d’Israël et les suzerains des pays voisins, il y a plus de 2500 ans. Dans la partie suivante, je reviendrai plus en détail sur ce sujet.
Le nom même de Palestine a été donné à cette région par l’empereur romain Hadrien pour effacer le lien avec le peuple juif et pour mettre fin définitivement à l’existence du royaume d’Israël après les guerres que les légions romaines ont mené contre les Juifs pour briser leur désir de retrouver leur indépendance.
En 66, une première révolte juive éclata contre l’occupation romaine. Après avoir connu plusieurs succès retentissants, les combattants juifs finirent par être vaincus. En 70, le général Titus détruisit les murailles de Jérusalem et rasa son temple. Des centaines de milliers de Juifs périrent et plusieurs milliers furent réduits en esclavage et déportés à Rome.
La seconde et dernière révolte juive fut matée par l’empereur Hadrien en 135. Le royaume juif fut alors intégré dans une nouvelle province romaine et renommée Syrie-Palestine. Les Romains choisirent cette appellation à cause du peuple des Philistins qui résidait dans la région côtière aujourd’hui connue sous le nom de Bande de Gaza. La ville de Jérusalem fut rasée puis reconstruite et baptisée Aelia Capitolina en l’honneur de Jupiter. Les Juifs en furent chassés et eurent interdiction d’y résider. Un grand nombre de Juifs partirent en exil dans les pays du Moyen-Orient, en Égypte et en Europe. Ceux qui restèrent en Palestine, s’installèrent alors en Galilée, au nord du pays, et le long de la bande côtière. Il est probable qu’un petit nombre d’Israéliens et de Palestiniens d’aujourd’hui sont des descendants de ces Juifs.
Les Juifs ont-ils le droit d’avoir un État ?
Après la Première Guerre mondiale, un nouveau paradigme s’imposa et modifia les relations internationales. La Société des Nations fut alors créée pour éviter de nouveaux conflits et réorganiser le monde selon ce paradigme. La SDN, de par son nom même, en a été le symbole et l’instrument privilégié.
Depuis l’Antiquité, le monde avait été constitué de grands ensembles politiques, les Empires, au sein desquels cohabitaient des groupements ethniques et linguistiques divers et variés. À la fin du XIXe siècle, une nouvelle conception de l’organisation politique du monde s’imposa : l’État-Nation. Une nation est constituée d’un peuple dont les membres ont une histoire partagée, le plus souvent une langue commune, et une volonté de vivre ensemble dans un pays avec des frontières reconnues et délimitées. Les groupes linguistiques et ethniques qui composaient ces grands empires ont eu ces revendications et ont aspiré à s’organiser librement et de façon autonome au sein d’un territoire dont ils auraient la propriété. En 1926, très peu de pays avaient les frontières qu’ils ont actuellement et une centaine n’existaient même pas sous forme d’État indépendant. L’obtention de leur autonomie par les peuples en Europe fut annonciatrice de la décolonisation du XXe siècle. Depuis la première guerre mondiale, on a assisté à plusieurs morcellements de pays pour donner naissance à de nouveaux États-Nations, souvent malheureusement à la suite de guerres civiles comme ce fut le cas dans l’ex-Yougoslavie.
Le sionisme s’inscrivit dans ce courant historique. Les Juifs prirent conscience de la légitimité à revendiquer le droit à posséder eux aussi un territoire national. Ils remplissaient tous les critères pour cela.
Et pourtant, au mépris de toute vérité historique, les Arabes ont dénié aux Juifs le fait d’être un peuple comme on peut le lire dans l’article 20 de la Charte de l’OLP de 1968 : Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les Juifs ne forment pas une nation unique dotée d’une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent.
Les Juifs ont-ils le droit d’avoir un État en Palestine ?
D’autres options que la Palestine avaient d’abord été envisagées pour l’établissement d’un Foyer juif : en Ouganda, en Argentine ou en Tasmanie. Mais le lien historique des Juifs avec ce petit territoire du Moyen-Orient a été l’argument qui a rendu ce choix évident et logique. Il fallait bien sûr tenir compte des populations arabes qui y habitaient mais, comme nous l’avons vu, ces populations n’avaient jamais constitué d’État autonome et il y avait assez de place pour accueillir une immigration juive tout comme ce pays avait accueilli précédemment une immigration arabe.
En 1922, un recensement de la population fut effectué par les Britanniques. Il y avait en Palestine 849 000 habitants :
– 760 000 Arabes dont 670 000 musulmans et 90 000 chrétiens
– 84 000 Juifs
– 5000 appartenant à d’autres minorités
En 2025, il y a :
– 10 millions d’habitants en Israël dont 2 millions d’Arabes
– 2 millions d’Arabes dans la Bande de Gaza
– 3,7 millions en Cisjordanie dont 500 000 Juifs
Ce qui nous donne aujourd’hui un total de 15,7 millions d’habitants sur l’ensemble de ce territoire. Il y avait donc de la place en Palestine avant la deuxième guerre mondiale pour que des Juifs puissent venir s’y installer.
5. La terre d’Israël et la Palestine depuis 4000 ans ->