2. Les débuts de son activité publique
(Lorsqu’il eut environ trente ans) Jésus vint de Nazareth, un village de Galilée. Il fut baptisé dans le Jourdain. Au moment où il sortait de l’eau, il vit le ciel s’ouvrir et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Une voix retentit alors du ciel : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu fais toute ma joie. » (Marc 1)
Alors l’Esprit Saint conduisit Jésus dans le désert pour qu’il y soit tenté par le diable. Après avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vivra pas seulement de pain mais de toute parole que Dieu prononce. » Alors le diable le transporta dans la cité sainte, le plaça sur le haut du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, lance-toi dans le vide, car il est écrit : Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet. Ils te porteront sur leurs mains, pour que ton pied ne heurte aucune pierre. » Jésus lui dit : « Il est aussi écrit : Tu ne forceras pas la main du Seigneur, ton Dieu. » Le diable le transporta encore sur une très haute montagne. Là, il lui montra tous les royaumes du monde et leur magnificence. Puis il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai si tu te prosternes devant moi pour m’adorer. » Alors Jésus lui dit : « Va-t’en, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et c’est à lui seul que tu rendras un culte. » Là-dessus, le diable le laissa. Et voici que des anges vinrent et se mirent à le servir. (Matthieu 4)
Jésus, rempli de la puissance de l’Esprit, retourna en Galilée. Sa réputation se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues et tous faisaient son éloge.
Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et il entra dans la synagogue le jour du shabbat, comme il en avait l’habitude. Il se leva pour faire la lecture biblique, et on lui présenta le rouleau du prophète Esaïe. En déroulant le parchemin, il trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur repose sur moi parce qu’il m’a désigné pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour proclamer aux captifs la libération, aux aveugles le recouvrement de la vue, pour apporter la délivrance aux opprimés et proclamer l’année de grâce accordée par le Seigneur. Il roula le livre, le rendit au servant et s’assit. Dans la synagogue, tous les yeux étaient braqués sur lui. « Aujourd’hui même, commença-t-il, pour vous qui l’entendez, cette prophétie de l’Écriture est devenue réalité. »
Il se rendit à Capernaüm, une autre ville de la Galilée. Il y enseignait les jours de shabbat. Ses auditeurs étaient profondément impressionnés par son enseignement, car il parlait avec autorité. Dans la synagogue se trouvait un homme sous l’emprise d’un esprit mauvais et démoniaque. Il se mit à crier d’une voix puissante : « Ah ! Qu’est-ce que tu nous veux, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous détruire ? Je sais qui tu es : le Saint, envoyé par Dieu. » Mais, d’un ton sévère, Jésus lui ordonna : « Tais-toi, et sors de cet homme ! » Le démon jeta l’homme par terre, au milieu des assistants, et sortit de lui, sans lui faire aucun mal. Il y eut un moment de stupeur ; ils se disaient tous, les uns aux autres : « Quelle est cette parole ? Il donne des ordres aux esprits mauvais, avec autorité et puissance, et ils sortent ! » Et la renommée de Jésus se répandait dans toutes les localités environnantes.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient chez eux des malades atteints des maux les plus divers les amenèrent à Jésus. Il posa ses mains sur chacun d’eux et les guérit. Des démons sortaient aussi de beaucoup d’entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les reprenait sévèrement pour les faire taire, car ils savaient qu’il était le Messie. (Luc 4)
Un lépreux s’approcha de lui. Il le supplia, tomba à genoux devant lui et lui dit : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur. » Jésus, pris de pitié pour lui, tendit la main, le toucha et lui dit : « Oui, je le veux, sois pur. » A l’instant même, la lèpre le quitta et il fut pur. Jésus le renvoya aussitôt, après lui avoir fait de sévères recommandations : « Attention, ne dis rien à personne de ce qui t’est arrivé, mais va te faire examiner par le prêtre et apporte l’offrande prescrite par Moïse pour ta purification. Cela leur prouvera qui je suis. » Mais lui, à peine sorti, se mit à proclamer à tout le monde ce qui lui était arrivé et il répandit la nouvelle partout. A cause de cela, Jésus ne pouvait plus aller ouvertement dans une localité ; il se tenait en dehors, dans des lieux déserts. Cependant, on venait à lui de toutes parts.
Quelques jours plus tard, Jésus se rendit de nouveau à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison. Une foule s’y rassembla si nombreuse qu’il ne restait plus de place, pas même devant la porte ; et Jésus leur annonçait le message de Dieu. On lui amena un paralysé porté par quatre hommes. Mais ils ne purent pas le transporter jusqu’à Jésus, à cause de la foule. Alors ils montèrent sur le toit en terrasse, défirent la toiture de la maison au-dessus de l’endroit où se trouvait Jésus et, par cette ouverture, firent glisser le brancard sur lequel le paralysé était couché. Lorsqu’il vit quelle foi ces hommes avaient en lui, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés te sont pardonnés. » Or, il y avait, assis là, quelques spécialistes de la Loi qui raisonnaient ainsi en eux-mêmes : « Comment cet homme ose-t-il parler ainsi ? Il blasphème ! Qui peut pardonner les péchés si ce n’est Dieu seul ? » Jésus sut aussitôt, en son esprit, les raisonnements qu’ils se faisaient en eux-mêmes ; il leur dit : « Pourquoi raisonnez-vous ainsi en vous-mêmes ? Qu’y a-t-il de plus facile : Dire au paralysé : ‘Tes péchés te sont pardonnés’, ou bien : ‘Lève-toi, prends ton brancard et marche’ ? Eh bien, vous saurez que le Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de pardonner les péchés. » Alors il déclara au paralysé : « Je te l’ordonne : lève-toi, prends ton brancard, et rentre chez toi. » Aussitôt, cet homme se leva, prit son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous en furent stupéfaits et rendirent gloire à Dieu en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil ! » (Marc 1 et 2)
Un jour, alors que Jésus se tenait sur les bords du lac de Génésareth et que la foule se pressait autour de lui pour écouter la Parole de Dieu, il aperçut deux barques au bord du lac. Les pêcheurs en étaient descendus et nettoyaient leurs filets. L’une de ces barques appartenait à Simon. Jésus y monta et lui demanda de s’éloigner un peu du rivage, puis il s’assit dans la barque et se mit à enseigner la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance vers le large, en eau profonde, puis, toi et tes compagnons, vous jetterez vos filets pour pêcher.
– Maître, lui répondit Simon, nous avons travaillé toute la nuit et nous n’avons rien pris, mais, puisque tu me le demandes, je jetterai les filets. » Ils les jetèrent et prirent tant de poissons que leurs filets menaçaient de se déchirer. Alors ils firent signe à leurs associés, dans l’autre barque, de venir les aider. Ceux-ci arrivèrent, et l’on remplit les deux barques, au point qu’elles enfonçaient. En voyant cela, Simon Pierre se jeta aux pieds de Jésus et lui dit : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » En effet, il était saisi d’effroi, ainsi que tous ses compagnons, devant la pêche extraordinaire qu’ils venaient de faire. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon : « N’aie pas peur ! A partir de maintenant, tu seras pêcheur d’hommes. » Dès qu’ils eurent ramené leurs bateaux au rivage, ils laissèrent tout et suivirent Jésus.
Après cela, Jésus s’en alla et vit, en passant, un collecteur d’impôts nommé Lévi, installé à son poste de péage. Il l’appela en disant : « Suis-moi ! » Cet homme se leva, laissa tout et suivit Jésus. Lévi organisa, dans sa maison, une grande réception en l’honneur de Jésus. De nombreuses personnes étaient à table avec eux, et, parmi elles, des collecteurs d’impôts. Les pharisiens et les spécialistes de la Loi qui appartenaient à leur parti s’indignaient et interpellèrent les disciples de Jésus : « Comment pouvez-vous manger et boire avec ces collecteurs d’impôts, ces pécheurs notoires ? » Jésus leur répondit : « Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin. Ce ne sont pas des justes, mais des pécheurs que je suis venu appeler à se repentir. »
A l’aube, il appela ses disciples auprès de lui et choisit douze d’entre eux, qu’il nomma apôtres : Simon, qu’il appela Pierre, André, son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Simon le zélote, Jude, fils de Jacques, et Judas l’Iscariot qui finit par le trahir. (Luc 5 et 6)
Alors que Jésus traversait la région de la Samarie, il arriva près d’une bourgade de Samarie nommée Sychar. C’est là que se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s’assit au bord du puits. Il était environ midi. Une femme samaritaine vint pour puiser de l’eau. Jésus s’adressa à elle : « S’il te plaît, donne-moi à boire un peu d’eau. » Ses disciples étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. La Samaritaine s’exclama : « Comment ? Tu es Juif et tu me demandes à boire, à moi qui suis Samaritaine ? » Les Juifs, en effet, évitaient toutes relations avec les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais quel don Dieu veut te faire et qui est celui qui te demande à boire, c’est toi qui aurais demandé à boire et il t’aurait donné de l’eau vive.
– Mais, Maître, répondit la femme, non seulement tu n’as pas de seau, mais le puits est profond ! D’où la tires-tu donc, ton eau vive ? Tu ne vas pas te prétendre plus grand que notre ancêtre Jacob, auquel nous devons ce puits, et qui a bu lui-même de son eau ainsi que ses enfants et ses troupeaux ?
– Celui qui boit de cette eau, reprit Jésus, aura de nouveau soif. Mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. Bien plus : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source intarissable qui jaillira jusque dans la vie éternelle.
– Maître, lui dit alors la femme, donne-moi de cette eau-là, pour que je n’aie plus soif et que je n’aie plus besoin de revenir puiser de l’eau ici.
– Va donc chercher ton mari, lui dit Jésus, et reviens ici.
– Je ne suis pas mariée, lui répondit-elle.
– Tu as raison de dire : Je ne suis pas mariée. En fait tu l’as été cinq fois, et l’homme avec lequel tu vis actuellement n’est pas ton mari. Ce que tu as dit là est vrai.
– Maître, répondit la femme, je le vois, tu es un prophète. Dis-moi : qui a raison ? Nos ancêtres ont adoré Dieu sur cette montagne-ci. Vous autres, vous affirmez que l’endroit où l’on doit adorer, c’est Jérusalem.
– Crois-moi, lui dit Jésus, l’heure vient où il ne sera plus question de cette montagne ni de Jérusalem pour adorer le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient du peuple juif. Mais l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit et en vérité ; car le Père recherche des hommes qui l’adorent ainsi. Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent par l’Esprit et en vérité.
– Je sais qu’un jour le Messie doit venir celui qu’on appelle le Christ. Quand il sera venu, il nous expliquera tout, lui dit la femme.
– Je suis le Messie, moi qui te parle », lui dit Jésus.
C’est alors que les disciples revinrent. Ils furent très étonnés de voir Jésus parler avec une femme. Aucun d’eux, cependant, ne lui demanda : « Que lui veux-tu ? » ou : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » Alors, la femme laissa là sa cruche, se rendit à la ville, et la voilà qui se mit à dire autour d’elle : « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Et si c’était le Messie ? » Les gens sortirent de la ville pour se rendre auprès de Jésus.
Il y eut, dans cette bourgade, beaucoup de Samaritains qui crurent en Jésus grâce au témoignage qu’avait rendu cette femme en déclarant : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Lorsque les Samaritains furent venus auprès de Jésus, ils le prièrent de rester, et il passa deux jours chez eux. Ils furent encore bien plus nombreux à croire en lui à cause de ses paroles, et ils disaient à la femme : « Nous croyons en lui, non seulement à cause de ce que tu nous as rapporté, mais parce que nous l’avons nous-mêmes entendu ; et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde. » (Jean 4)
Quelque temps plus tard, Jésus remonta à Jérusalem à l’occasion d’une fête juive. Or, dans cette ville, près de la Porte des Brebis, se trouvait une piscine entourée de cinq galeries couvertes, appelée en hébreu Bethesda. Il y avait là un homme malade depuis trente-huit ans. Jésus le vit couché. « Lève-toi, prends ta natte et marche », lui dit Jésus. A l’instant même l’homme fut guéri. Il prit sa natte et se mit à marcher. Mais cela se passait un jour de shabbat. Les responsables des Juifs interpellèrent donc l’homme qui venait d’être guéri : « C’est le shabbat ! Tu n’as pas le droit de porter cette natte.
– Mais, répliqua-t-il, celui qui m’a guéri m’a dit : ‘Prends ta natte et marche’. » Les chefs des Juifs se mirent donc à accuser Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du shabbat. Jésus leur répondit : « Mon Père est à l’œuvre jusqu’à présent, et moi aussi je suis à l’œuvre. » Cette remarque fut pour eux une raison de plus pour chercher à le faire mourir car, non content de violer la loi sur le shabbat, il appelait encore Dieu son propre Père et se faisait ainsi l’égal de Dieu. Jésus répondit à ces reproches en leur disant : « Vraiment, je vous l’assure : le Fils ne peut rien faire de sa propre initiative ; il agit seulement d’après ce qu’il voit faire au Père. Tout ce que fait le Père, le Fils le fait également. De plus, ce n’est pas le Père qui prononce le jugement sur les hommes ; il a remis tout jugement au Fils, afin que tous les hommes honorent le Fils au même titre que le Père. Ne pas honorer le Fils, c’est ne pas honorer le Père qui l’a envoyé. Oui, vraiment, je vous l’assure : celui qui écoute ce que je dis et qui croit dans le Père qui m’a envoyé, possède, dès à présent, la vie éternelle et il ne sera pas condamné ; il est déjà passé de la mort à la vie. Quant à moi, j’ai en ma faveur un témoignage : c’est celui des œuvres que le Père m’a donné d’accomplir. Oui, ces œuvres que j’accomplis attestent clairement que le Père m’a envoyé. Vous étudiez avec soin les Écritures, parce que vous êtes convaincus d’en obtenir la vie éternelle. Or, précisément, ce sont elles qui témoignent de moi. Mais voilà : vous ne voulez pas venir à moi pour recevoir la vie. » (Jean 5)
(De retour en Galilée) Jésus monta sur une colline. Il s’assit, ses disciples se rassemblèrent autour de lui et il se mit à les enseigner. Il leur dit : « Heureux ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres, car le royaume des cieux leur appartient. Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera. Heureux ceux qui sont humbles, car Dieu leur donnera la terre en héritage. Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés. Heureux ceux qui témoignent de la bonté, car Dieu sera bon pour eux. Heureux ceux dont le cœur est pur, car ils verront Dieu. Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix, car Dieu les reconnaîtra pour ses fils. Heureux ceux qui sont opprimés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient. Heureux serez-vous quand les hommes vous insulteront et vous persécuteront, lorsqu’ils répandront toutes sortes de calomnies sur votre compte à cause de moi. Oui, réjouissez-vous alors et soyez heureux, car une magnifique récompense vous attend dans les cieux. Car vous serez ainsi comme les prophètes d’autrefois : eux aussi ont été persécutés avant vous de la même manière.
Je vous le dis : si vous n’obéissez pas à la Loi mieux que les spécialistes de la Loi et les pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Vous avez appris qu’il a été dit à nos ancêtres : Tu ne commettras pas de meurtre. Si quelqu’un a commis un meurtre, il en répondra devant le tribunal. Eh bien, moi, je vous dis : Celui qui se met en colère contre son frère sera traduit en justice. Celui qui lui dit ‘imbécile’ passera devant le tribunal, et celui qui le traite de fou est bon pour le feu de l’enfer. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien, moi je vous dis : Si quelqu’un jette sur une femme un regard chargé de désir, il a déjà commis adultère avec elle dans son coeur. Par conséquent, si ton œil droit te fait tomber dans le péché, arrache-le et jette-le au loin, car il vaut mieux pour toi perdre un de tes organes que de voir ton corps entier précipité en enfer. Si ta main droite te fait tomber dans le péché, coupe-la et jette-la au loin. Il vaut mieux pour toi perdre un de tes membres que de voir tout ton corps jeté en enfer.
Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien, moi je vous dis : Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. Ainsi vous vous comporterez vraiment comme des enfants de votre Père céleste, car lui, il fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes. Si vous aimez seulement ceux qui vous aiment, allez-vous prétendre à une récompense pour cela ? Les collecteurs d’impôts eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’agissent-ils pas de même ?
Prenez garde de ne pas accomplir devant les hommes, pour vous faire remarquer par eux, ce que vous faites pour obéir à Dieu, sinon vous n’aurez pas de récompense de votre Père céleste. Si donc tu donnes quelque chose aux pauvres, ne le claironne pas partout. Ce sont les hypocrites qui agissent ainsi dans les synagogues et dans les rues pour que les autres chantent leurs louanges. Vraiment, je vous l’assure : leur récompense, ils l’ont d’ores et déjà reçue. Quant à toi, si tu veux donner quelque chose aux pauvres, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite. Que ton aumône se fasse ainsi en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Quand vous priez, n’imitez pas ces hypocrites qui aiment à faire leurs prières debout dans les synagogues et à l’angle des rues : ils tiennent à être remarqués par tout le monde. Vraiment, je vous l’assure : leur récompense, ils l’ont d’ores et déjà reçue. Mais toi, quand tu veux prier, va dans ta pièce la plus retirée, verrouille ta porte et adresse ta prière à ton Père qui est là dans le lieu secret. Et ton Père, qui voit dans ce lieu secret, te le rendra. Dans vos prières, ne rabâchez pas des tas de paroles, à la manière des païens ; ils s’imaginent qu’à force de paroles Dieu les entendra. Ne les imitez pas, car votre Père sait ce qu’il vous faut, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es au ciel ! Que la sainteté de ton nom soit respectée, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien ; pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du mal, car c’est à toi qu’appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !
Si vous pardonnez aux autres leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos fautes.
Ne vous amassez pas des richesses sur la terre où elles sont à la merci de la rouille, des mites qui rongent, ou des cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Amassez-vous plutôt des trésors dans le ciel, où il n’y a ni rouille, ni mites qui rongent, ni cambrioleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là sera aussi ton cœur. Nul ne peut être en même temps au service de deux maîtres, car ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent.
C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas en vous demandant : ‘Qu’allons-nous manger ou boire ? Avec quoi allons-nous nous habiller ?’ La vie ne vaut-elle pas bien plus que la nourriture ? Et le corps ne vaut-il pas bien plus que les habits ? Voyez ces oiseaux qui volent dans les airs, ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent pas de provisions dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. N’avez-vous pas bien plus de valeur qu’eux ? D’ailleurs, qui de vous peut, à force d’inquiétude, prolonger son existence, ne serait-ce que de quelques instants ? Quant aux vêtements, pourquoi vous inquiéter à leur sujet ? Observez les lis sauvages ! Ils poussent sans se fatiguer à tisser des vêtements. Pourtant, je vous l’assure, le roi Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a jamais été aussi bien vêtu que l’un d’eux ! Si Dieu habille avec tant d’élégance la petite plante des champs qui est là aujourd’hui et qui demain sera jetée au feu, à plus forte raison ne vous vêtira-t-il pas vous-mêmes ? Votre foi est encore bien petite ! Ne vous inquiétez donc pas et ne dites pas : ‘Que mangerons-nous ?’ ou : ‘Que boirons-nous ? Avec quoi nous habillerons-nous ?’ Toutes ces choses, les païens s’en préoccupent sans cesse. Mais votre Père, qui est aux cieux, sait que vous en avez besoin. Faites donc du règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux votre préoccupation première, et toutes ces choses vous seront données en plus. Ne vous inquiétez pas pour le lendemain ; le lendemain se souciera de lui-même. A chaque jour suffit sa peine.
Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi enlever la paille de ton œil, alors que toi, tu as une poutre dans le tien ? Hypocrite, enlève d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour retirer la paille de l’œil de ton frère.
Demandez, et vous recevrez ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car celui qui demande reçoit ; celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe. Qui de vous donnera un caillou à son fils quand celui-ci lui demande du pain ? Ou bien, s’il lui demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc, tout mauvais que vous êtes, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, à combien plus forte raison votre Père céleste donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent.
Faites pour les autres tout ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous, car c’est là tout l’enseignement de la Loi et des prophètes.
Entrez par la porte étroite ; en effet, large est la porte et facile la route qui mènent à la perdition. Nombreux sont ceux qui s’y engagent. Mais étroite est la porte et difficile le sentier qui mènent à la vie ! Qu’ils sont peu nombreux ceux qui les trouvent ! Gardez-vous des faux prophètes ! Lorsqu’ils vous abordent, ils se donnent l’apparence d’agneaux mais, en réalité, ce sont des loups féroces. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Est-ce que l’on cueille des raisins sur des buissons d’épines ou des figues sur des ronces ? Ainsi, un bon arbre porte de bons fruits, un mauvais arbre produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre de bons fruits. Tout arbre qui ne donne pas de bons fruits est arraché et jeté au feu. Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Pour entrer dans le royaume des cieux, il ne suffit pas de me dire : ‘Seigneur ! Seigneur !’ Il faut accomplir la volonté de mon Père céleste. Au jour du jugement, nombreux sont ceux qui me diront : ‘Seigneur ! Seigneur ! Nous avons prophétisé en ton nom, nous avons chassé des démons en ton nom, nous avons fait beaucoup de miracles en ton nom’. Je leur déclarerai alors : ‘Je ne vous ai jamais connus ! Allez-vous-en, vous qui pratiquez le mal !’
C’est pourquoi, celui qui écoute ce que je dis et qui l’applique, ressemble à un homme sensé qui a bâti sa maison sur le roc. Il a plu à verse, les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé avec violence, ils se sont déchaînés contre cette maison : elle ne s’est pas effondrée, car ses fondations reposaient sur le roc. Mais celui qui écoute mes paroles sans faire ce que je dis, ressemble à un homme assez fou pour construire sa maison sur le sable. Il a plu à verse, les fleuves ont débordé, les vents ont soufflé avec violence, ils se sont déchaînés contre cette maison : elle s’est effondrée et sa ruine a été complète. »
Quand Jésus eut fini de parler, les foules étaient impressionnées par son enseignement. Car il parlait avec une autorité que n’avaient pas leurs spécialistes de la Loi. (Matthieu 5, 6 et 7 S21)
Un pharisien invita Jésus à manger. Jésus se rendit chez lui et se mit à table. Survint une femme connue dans la ville pour sa vie dissolue. Comme elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, elle avait apporté un flacon d’albâtre rempli de parfum. Elle se tint derrière lui, à ses pieds. Elle pleurait ; elle se mit à mouiller de ses larmes les pieds de Jésus ; alors elle les essuya avec ses cheveux et, en les embrassant, elle versait le parfum sur eux. En voyant cela, le pharisien qui l’avait invité se dit : « Si cet homme était vraiment un prophète, il saurait quelle est cette femme qui le touche, que c’est quelqu’un qui mène une vie de débauche. » Jésus lui répondit à haute voix : « Simon, j’ai quelque chose à te dire.
– Oui, Maître, parle, répondit le pharisien.
– Il était une fois un prêteur à qui deux hommes devaient de l’argent. Le premier devait cinq cents pièces d’argent ; le second cinquante. Comme ni l’un ni l’autre n’avaient de quoi rembourser leur dette, il fit cadeau à tous deux de ce qu’ils lui devaient. A ton avis, lequel des deux l’aimera le plus ? » Simon répondit : « Celui, je suppose, auquel il aura remis la plus grosse dette.
– Voilà qui est bien jugé », lui dit Jésus. Puis, se tournant vers la femme, il reprit : « Tu vois cette femme ? Eh bien, quand je suis entré dans ta maison, tu ne m’as pas apporté d’eau pour me laver les pieds ; mais elle, elle me les a arrosés de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas accueilli en m’embrassant, mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a cessé de couvrir mes pieds de baisers. Tu n’as pas versé d’huile parfumée sur ma tête, mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C’est pourquoi je te le dis : ses nombreux péchés lui ont été pardonnés, c’est pour cela qu’elle m’a témoigné tant d’amour. Mais celui qui a eu peu de choses à se faire pardonner ne manifeste que peu d’amour ! » Puis il dit à la femme : « Tes péchés te sont pardonnés. » Les autres invités se dirent en eux-mêmes : « Qui est donc cet homme qui ose pardonner les péchés ? » Mais Jésus dit à la femme : « Parce que tu as cru en moi, tu es sauvée ; va en paix. » (Luc 7)
Jésus dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes accablés sous le poids d’un lourd fardeau, et je vous donnerai du repos. » (Matthieu 11)
Une grande foule, ayant afflué de chaque ville, s’était rassemblée autour de lui. Alors Jésus leur raconta cette parabole : « Un semeur sortit pour faire ses semailles. Pendant qu’il répandait sa semence, des grains tombèrent au bord du chemin, furent piétinés par les passants, et les oiseaux du ciel les mangèrent. D’autres tombèrent sur de la pierre. A peine eurent-ils germé que les petits plants séchèrent parce que le sol n’était pas assez humide. D’autres grains tombèrent au milieu des ronces ; celles-ci poussèrent en même temps que les bons plants et les étouffèrent. Mais d’autres tombèrent dans la bonne terre ; ils germèrent et donnèrent du fruit : chaque grain en produisit cent autres. » Et Jésus ajouta : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Les disciples lui demandèrent ce que signifiait cette parabole. Il leur dit : « Voici donc le sens de cette parabole : La semence, c’est la Parole de Dieu. ‘Au bord du chemin’ : ce sont les personnes qui écoutent la Parole, mais le diable vient l’arracher de leur coeur pour les empêcher de croire et d’être sauvées. ‘Sur de la pierre’ : ce sont ceux qui entendent la Parole et l’acceptent avec joie ; mais, comme ils ne la laissent pas prendre racine en eux, leur foi est passagère. Lorsque survient l’épreuve, ils abandonnent tout. ‘La semence tombée au milieu des ronces’ représente ceux qui ont écouté la Parole, mais en qui elle est étouffée par les soucis, les richesses et les plaisirs de la vie, de sorte qu’elle ne donne pas de fruit. Enfin, ‘la semence tombée dans la bonne terre’, ce sont ceux qui, ayant écouté la Parole, la retiennent dans un coeur honnête et bien disposé. Ils persévèrent et ainsi portent du fruit. » (Luc 8)
Se voyant entouré d’une foule nombreuse, Jésus donna ordre à ses disciples de passer de l’autre côté du lac. Il monta dans une barque et ses disciples le suivirent. Tout à coup, une grande tempête se leva sur le lac et les vagues passaient par-dessus la barque. Pendant ce temps, Jésus dormait. Les disciples s’approchèrent de lui et le réveillèrent en criant : « Seigneur, sauve-nous, nous sommes perdus !
– Pourquoi avez-vous si peur ? leur dit-il. Votre foi est bien petite ! » Alors il se leva, parla sévèrement au vent et au lac, et il se fit un grand calme. Saisis d’étonnement, ceux qui étaient présents disaient : « Quel est donc cet homme pour que même les vents et le lac lui obéissent ? » (Matthieu 8)
Ils abordèrent dans la région de Gérasa, située en face de la Galilée. Au moment où Jésus mettait pied à terre, un homme de la ville, qui avait plusieurs démons en lui, vint à sa rencontre. Depuis longtemps déjà, il ne portait plus de vêtements et demeurait, non dans une maison, mais au milieu des tombeaux. Quand il vit Jésus, il se jeta à ses pieds en criant de toutes ses forces : « Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je t’en supplie : ne me tourmente pas ! » Il parlait ainsi parce que Jésus commandait à l’esprit mauvais de sortir de cet homme. En effet, bien des fois, l’esprit s’était emparé de lui ; on l’avait alors lié avec des chaînes et on lui avait mis les fers aux pieds pour le contenir ; mais il cassait tous ses liens, et le démon l’entraînait dans des lieux déserts. Jésus lui demanda : « Quel est ton nom ?
– Légion », répondit-il. Car une multitude de démons étaient entrés en lui. Ces démons supplièrent Jésus de ne pas leur ordonner d’aller dans l’abîme. Or, près de là, un important troupeau de porcs était en train de paître sur la montagne. Les démons supplièrent Jésus de leur permettre d’entrer dans ces porcs. Il le leur permit. Les démons sortirent donc de l’homme et entrèrent dans les porcs. Aussitôt, le troupeau s’élança du haut de la pente et se précipita dans le lac, où il se noya. Quand les gardiens du troupeau virent ce qui était arrivé, ils s’enfuirent et allèrent raconter la chose dans la ville et dans les fermes. Les gens vinrent se rendre compte de ce qui s’était passé. Ils arrivèrent auprès de Jésus et trouvèrent, assis à ses pieds, l’homme dont les démons étaient sortis. Il était habillé et tout à fait sain d’esprit. Alors la crainte s’empara d’eux. Ceux qui avaient assisté à la scène leur rapportèrent comment cet homme, qui était sous l’emprise des démons, avait été délivré. Là-dessus, toute la population du territoire des Géraséniens, saisie d’une grande crainte, demanda à Jésus de partir de chez eux. Il remonta donc dans la barque et repartit. L’homme qui avait été libéré des esprits mauvais lui demanda s’il pouvait l’accompagner, mais Jésus le renvoya en lui disant : « Rentre chez toi, et raconte tout ce que Dieu a fait pour toi ! » Alors cet homme partit proclamer dans la ville entière tout ce que Jésus avait fait pour lui.
A son retour en Galilée, Jésus fut accueilli par la foule, car tous l’attendaient. A ce moment survint un homme appelé Jaïrus. C’était le responsable de la synagogue. Il se jeta aux pieds de Jésus et le supplia de venir chez lui : sa fille unique, âgée d’environ douze ans, était en train de mourir. Jésus partit donc pour se rendre chez lui. Cependant, la foule se pressait autour de lui. Il y avait là une femme atteinte d’hémorragies depuis douze ans et qui avait dépensé tout son bien chez les médecins sans que personne ait pu la guérir. Elle s’approcha de Jésus par derrière et toucha la frange de son vêtement. Aussitôt, son hémorragie cessa. « Qui m’a touché ? » demanda Jésus. Comme tous s’en défendaient, Pierre lui dit : « Voyons, Maître, la foule t’entoure et te presse de tous côtés. » Mais il répondit : « Quelqu’un m’a touché ; j’ai senti qu’une force sortait de moi. » En voyant que son geste n’était pas passé inaperçu, la femme s’avança toute tremblante, se jeta aux pieds de Jésus et expliqua devant tout le monde pour quelle raison elle l’avait touché, et comment elle avait été instantanément guérie. Jésus lui dit : « Ma fille, parce que tu as cru en moi, tu as été guérie, va en paix. » Il parlait encore quand quelqu’un arriva de chez le responsable de la synagogue et lui dit : « Ta fille vient de mourir, n’importune plus le Maître ! » En entendant cela, Jésus dit à Jaïrus : « Ne crains pas, crois seulement : ta fille guérira. » Une fois arrivé à la maison, il ne permit à personne d’entrer avec lui, sauf à Pierre, Jean et Jacques, ainsi qu’au père et à la mère de l’enfant. Ce n’était partout que pleurs et lamentations. Jésus dit : « Ne pleurez pas ; elle n’est pas morte, elle est seulement endormie. » Les gens se moquaient de lui, car ils savaient qu’elle était morte. Alors Jésus prit la main de la fillette et dit d’une voix forte : « Mon enfant, lève-toi ! » Elle revint à la vie et se mit aussitôt debout ; alors Jésus ordonna de lui donner à manger. Les parents de la jeune fille étaient stupéfaits. Mais Jésus leur recommanda de ne dire à personne ce qui s’était passé. (Luc 8)
Jésus partit de là et retourna dans la ville dont il était originaire, accompagné de ses disciples.
Le jour du shabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. Beaucoup de ses auditeurs furent très étonnés : « D’où tient-il cela ? disaient-ils. Qui lui a donné cette sagesse ? D’où lui vient le pouvoir d’accomplir tous ces miracles ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joseph, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne vivent-elles pas ici parmi nous ? » Et voilà pourquoi ils trouvaient en lui un obstacle à la foi. Alors Jésus leur dit : « C’est seulement dans sa patrie, dans sa parenté et dans sa famille que l’on refuse d’honorer un prophète. » Il ne put accomplir là aucun miracle, sinon pour quelques malades à qui il imposa les mains et qu’il guérit. Il fut très étonné de leur incrédulité. Jésus parcourait les villages des alentours pour y donner son enseignement. (Marc 6)
Après cela, Jésus passa sur l’autre rive du lac de Galilée, appelé aussi lac de Tibériade. Une foule immense le suivait, attirée par les guérisons miraculeuses dont elle avait été témoin. C’est pourquoi Jésus s’en alla dans la montagne et s’assit là avec ses disciples. Jésus regarda autour de lui et vit une foule nombreuse venir à lui. Alors il demanda à Philippe : « Où pourrions-nous acheter assez de pains pour nourrir tout ce monde ? » Il ne lui posait cette question que pour voir ce qu’il allait répondre car, en réalité, il savait déjà ce qu’il allait faire. « Rien que pour donner à chacun un petit morceau de pain, il faudrait au moins deux cents pièces d’argent », lui répondit Philippe. Un autre disciple, André, frère de Simon Pierre, lui dit : « Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons. Mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ?
– Dites-leur à tous de s’asseoir », leur ordonna Jésus. L’herbe était abondante à cet endroit et la foule s’installa donc par terre. Il y avait là environ cinq mille hommes. Jésus prit alors les pains, remercia Dieu, puis les fit distribuer à ceux qui avaient pris place sur l’herbe. Il leur donna aussi autant de poisson qu’ils en désiraient. Quand ils eurent tous mangé à leur faim, Jésus dit à ses disciples : « Ramassez les morceaux qui restent, pour que rien ne soit gaspillé. » Ils les ramassèrent donc et remplirent douze paniers avec ce qui restait des cinq pains d’orge qu’on avait mangés.
Lorsque tous ces gens-là virent le signe miraculeux de Jésus, ils s’écrièrent : « Pas de doute : cet homme est vraiment le Prophète qui devait venir dans le monde. » Jésus leur répondit : « Vraiment, je vous l’assure, si vous me cherchez, ce n’est pas parce que vous avez compris le sens de mes signes miraculeux. Non ! C’est parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés.
– Et que devons-nous faire pour accomplir les oeuvres que Dieu attend de nous ? lui demandèrent-ils encore.
– L’œuvre de Dieu, leur répondit Jésus, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. C’est moi qui suis le pain qui donne la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim, celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. » (Jean 6)
Aussitôt après, Jésus pressa ses disciples de remonter dans la barque pour qu’ils le précèdent de l’autre côté du lac, pendant qu’il renverrait la foule. Quand tout le monde se fut dispersé, il gravit une colline pour prier à l’écart. A la tombée de la nuit, il était là, tout seul.
Pendant ce temps, à plusieurs centaines de mètres au large, la barque luttait péniblement contre les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus se dirigea vers ses disciples en marchant sur les eaux du lac. Quand ils le virent marcher sur l’eau, ils furent pris de panique : « C’est un fantôme », dirent-ils. Et ils se mirent à pousser des cris de frayeur. Mais Jésus leur parla aussitôt : « Rassurez-vous, leur dit-il, c’est moi, n’ayez pas peur. » Alors Pierre lui dit : « Si c’est bien toi, Seigneur, ordonne-moi de venir te rejoindre sur l’eau.
– Viens », lui dit Jésus. Aussitôt, Pierre descendit de la barque et se mit à marcher sur l’eau, en direction de Jésus. Mais quand il remarqua combien le vent soufflait fort, il prit peur et, comme il commençait à s’enfoncer, il s’écria : « Au secours ! Seigneur ! » Immédiatement, Jésus lui tendit la main et le saisit. « Ta foi est bien faible ! lui dit-il, pourquoi as-tu douté ? » Puis ils montèrent tous deux dans la barque ; le vent tomba. Les hommes qui se trouvaient dans l’embarcation se prosternèrent devant lui en disant : « Tu es vraiment le Fils de Dieu. »
Après avoir traversé le lac, ils touchèrent terre à Génésareth. Quand les habitants du lieu eurent reconnu Jésus, ils firent prévenir tout le voisinage, et on lui amena tous les malades. Ils le suppliaient de leur permettre simplement de toucher la frange de son vêtement. Et tous ceux qui le touchaient étaient guéris. (Matthieu 14)
A cette époque, des pharisiens et des spécialistes de la Loi vinrent de Jérusalem ; ils abordèrent Jésus pour lui demander : « Pourquoi tes disciples ne respectent-ils pas la tradition des ancêtres ? Car ils ne se lavent pas les mains selon le rite usuel avant chaque repas.
– Hypocrites ! Le prophète Esaïe vous a fort bien dépeints : Ce peuple m’honore du bout des lèvres, mais, au fond de son cœur, il est bien loin de moi ! Le culte qu’il me rend n’a aucune valeur, car les enseignements qu’il donne ne sont que des règles inventées par les hommes. » Alors Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez-moi et comprenez-moi bien : Ce qui rend un homme impur, ce n’est pas ce qui entre dans sa bouche, mais ce qui en sort. »
Alors les disciples s’approchèrent de lui pour lui faire remarquer : « Sais-tu que les pharisiens ont été très choqués par tes paroles ? » Il leur répondit : « Toute plante que mon Père céleste n’a pas lui-même plantée sera arrachée. Laissez-les : ce sont des aveugles qui conduisent d’autres aveugles ! Or, si un aveugle en conduit un autre, ils tomberont tous deux dans le fossé. » Pierre intervint en disant : « Explique-nous la comparaison de tout à l’heure.
– Eh quoi ! répondit Jésus, vous aussi, vous ne comprenez pas ? Ne saisissez-vous pas que tout ce qui entre par la bouche va dans le ventre, puis est évacué par voie naturelle ? Mais ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est cela qui rend l’homme impur. Car, c’est du cœur que proviennent les mauvaises pensées qui mènent au meurtre, à l’adultère, à l’immoralité, au vol, aux faux témoignages, aux blasphèmes. Voilà ce qui rend l’homme impur. Mais manger sans s’être lavé les mains ne rend pas l’homme impur. » (Matthieu 15)
Il y avait parmi les pharisiens un homme du nom de Nicodème, un chef des Juifs. Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit: « Maître, nous savons que tu es un enseignant envoyé par Dieu, car personne ne peut faire ces signes miraculeux que tu fais si Dieu n’est pas avec lui. » Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu. » Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le ventre de sa mère et naître ? » Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de parents humains est humain et ce qui est né de l’Esprit est Esprit. Ne t’étonne pas que je t’aie dit : ‘Il faut que vous naissiez de nouveau.’ Le vent souffle où il veut et tu en entends le bruit, mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va. C’est aussi le cas de toute personne qui est née de l’Esprit. » Nicodème reprit la parole et lui dit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es l’enseignant d’Israël et tu ne sais pas cela !
Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est pas jugé, mais celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » (Jean 3 S21)