1. Introduction
Le 7 octobre 2023, un millier de Palestiniens sont entrés en territoire israélien, ont tué environ 1200 personnes et ont enlevé 251 otages qui ont été emmenés dans la bande de Gaza. En réaction, l’armée israélienne a bombardé puis envahi ce territoire. La population de Gaza a été déplacée à plusieurs reprises et l’on estime que la moitié des bâtiments de la bande de Gaza ont été détruits ou endommagés. La guerre a duré pendant deux ans jusqu’au cessez-le-feu qui est toujours censé aboutir à la reconstruction de Gaza et à une cohabitation entre les Palestiniens de Gaza et les Israéliens. Environ 55 000 palestiniens sont morts pendant ces deux ans de guerre.
Le choc du 7 octobre fut immense dans l’opinion publique et la situation à Gaza prit quotidiennement la première place de tous les journaux télévisés et des médias. Les premières jours, le sentiment majoritaire en France fut une compassion envers les victimes civiles israéliennes. Mais très rapidement, la réaction israélienne fut jugée excessive et disproportionnée. Dans de nombreux pays, des mouvements de soutien aux Palestiniens contribuèrent à délégitimer le droit d’Israël à se défendre. Les images diffusées aux informations alimentèrent quotidiennement les accusations envers l’armée israélienne et Benjamin Netanyahou devint l’un des pires criminels de l’ère actuelle. En décembre 2023, une plainte contre Israël pour génocide envers le peuple palestinien fut portée devant la Cour pénale internationale par l’Afrique du Sud. De nombreux gouvernements demandèrent des sanctions contre l’État hébreu et ses dirigeants. Dans les capitales occidentales, des manifestations régulières eurent lieu pour accuser Israël de crimes contre la population palestinienne. Dans beaucoup d’universités, des réunions furent organisées en soutien à la Palestine. Je me souviens d’avoir écouté une émission diffusée sur la chaîne YouTube « Le Média » où, durant 30 minutes, le journaliste et les deux intervenants n’ont jamais mentionné l’État d’Israël par le nom d’Israël mais systématiquement par celui d’État d’apartheid génocidaire.
Dans tout procès, l’accusé a le droit de se défendre sinon il n’y a pas de justice qui soit rendue. Tous les éléments doivent être portés à la connaissance des juges et des jurés, et la parole doit être donnée à l’avocat de la défense. Or, ce que j’ai constaté à chaque fois que j’ai commencé à parler du conflit dans la bande de Gaza avec des amis ou toute autre personne, c’est que chacun d’entre eux ne connaissait que très partiellement le sujet. J’ai aussi constaté que même des journalistes pouvaient traiter de cette guerre de façon superficielle.
Au musée du Louvre, il y a un tableau qui illustre le sacre de Napoléon. C’est une œuvre immense de 10 mètres sur 6 mètres. Pour en avoir une vision d’ensemble, il faut beaucoup se reculer. Si on reste tout proche du tableau, on ne distingue que quelques détails et on ne peut comprendre ce qu’ils représentent. Nous devons aussi prendre du recul pour comprendre le conflit israélo-palestinien.
Je ne suis pas Juif et je n’ai pas d’intérêt immobilier en Israël. Mon objectif est simplement d’avoir une juste perspective et une réelle compréhension de ce conflit. Étant allé à plusieurs reprises en Israël et en Cisjordanie, et n’ayant cessé d’approfondir ce sujet depuis une trentaine d’années, je vous propose, comme on le ferait avec une pelote de laine, de dérouler le fil de l’Histoire et de remonter dans le passé en plusieurs étapes.