Juré en cour d’assises

Je vais vous raconter une expérience que Dieu m’a conduit à vivre afin de me sensibiliser à la gravité du jugement à venir quand nous serons confrontés à Lui et que nous devrons rendre des comptes pour notre vie.

Après avoir regardé un reportage à la télévision sur les jurés en cour d’assises, j’ai ressenti que je n’aurais absolument pas envie de me retrouver dans cette situation. Six mois plus tard, j’ai découvert dans ma boîte aux lettres un courrier du ministère de la justice. C’était une convocation pour être juré en cour d’assise !
J’ai immédiatement repensé à ce reportage et j’ai eu la forte conviction que Dieu avait conduit les évènements pour m’apprendre quelque chose. J’avais été sélectionné par tirage au sort sur les listes électorales et, après avoir lu le courrier reçu, j’ai découvert que je ne pouvais pas refuser cette convocation. Il était expliqué que je devais prévenir mon employeur et que je recevrais des indemnités pour couvrir mes jours d’absence au travail. J’étais convoqué pour cinq procès dans des affaires criminelles qui pouvaient être des meurtres, des viols ou même de la fabrication de fausse monnaie.

Le jour venu, je me suis donc rendu au palais de justice sans savoir comment cela allait se passer. Je me suis retrouvé dans la salle d’audience, avant le début du procès, avec 44 autres jurés sélectionnés comme moi. On nous a alors expliqué qu’un nouveau tirage au sort allait être réalisé pour désigner les 6 seuls jurés parmi les 45 présents qui allaient officier pendant le procès. Les 39 autres pourraient rentrer chez eux mais devraient revenir chaque matin à l’ouverture des quatre autres procès pour un nouveau tirage au sort.
J’ai été désigné pour faire partie des six et j’ai dû aller m’asseoir à l’une des places sur l’estrade autour de la table du jury avec les trois juges professionnels face à la salle, à l’accusé, aux plaignants, aux avocats. 

L’audience a débuté et nous avons d’abord écouté une présentation détaillée de la vie de l’accusé et des faits qui lui étaient reprochés. Cela a duré un long moment et je n’avais aucune envie d’entendre cela. Devant moi étaient dévoilés tous les détails sordides de l’affaire et c’était triste et laid. Je découvrais aussi la vie privée de l’auteur des faits depuis sa naissance et je m’apercevais que tout n’était pas sombre dans sa vie mais qu’il avait laissé le mal s’emparer de lui à plusieurs occasions. Après 30 minutes, j’avais complètement quitté mon quotidien. J’étais plongé dans un univers qui n’était pas le mien, je devais faire face à des péchés qui n’étaient pas les miens et je n’avais aucune envie d’être là.
Ensuite, ce fut au tour de l’avocat de la victime de prendre la parole. J’ai alors ressenti toute la douleur et la souffrance subies par la victime et, en la regardant, j’ai réalisé qu’il fallait lui rendre justice. Mais, à ce moment, j’ai aussi réalisé que c’était moi avec les autres jurés et les magistrats qui allions devoir accomplir cela. J’ai pris conscience de la charge qui nous était imposée et je ne pouvais pas la refuser.
Le procès a duré toute la journée. Un des magistrats a dirigé le déroulement du procès, il connaissait tout le dossier. Les avocats les deux parties se sont succédés à la barre, des témoins ont été entendus, les magistrats ont posé plusieurs questions et le procureur a prononcé son réquisitoire. Finalement, nous nous sommes retirés dans une pièce séparée, les six jurés et les trois magistrats, pour décider de la peine à attribuer au coupable. Ce dernier ayant reconnu les faits, j’étais au moins soulagé du poids d’avoir à décider dans ma conscience de la culpabilité ou non de l’accusé. Guidé par la sanction réclamée par le procureur et par les remarques des magistrats qui nous ont exposé l’échelle des peines requises pour de tels faits, j’ai alors écrit sur une petite feuille de papier le nombre d’années à passer en prison qui me paraissait juste et j’ai ensuite glissé ma feuille de papier dans la fente d’une urne comme les huit autres membres du jury. Je suis rentré très tard chez moi, épuisé émotionnellement par tout ce que j’avais entendu et par la décision que j’avais dû prendre. En me couchant, je me suis dit que demain, cela allait être le tour de six autres personnes à expérimenter ce que j’avais vécu aujourd’hui.

Le lendemain, j’étais de retour au palais de justice, pour un nouveau procès et un nouveau tirage au sort. Mon nom sortit encore une fois parmi les six ! Un des jurés présents avec moi la veille mais dont le nom n’avait pas été à nouveau tiré au sort me dit avec étonnement : « Eh bien vous, vous n’avez pas de chance ! » À cet instant même, j’ai su au plus profond de moi que cela n’était pas le produit du hasard, mais que Dieu dirigeait les évènements et que j’allais devoir encore être confronté à la gravité d’un jugement en cour d’assises. J’ai même eu la conviction que je serai également désigné pour les trois derniers procès. Et c’est exactement ce qui s’est passé. J’ai été choisi cinq fois de suite parmi les 45 jurés potentiels. Ceux avec qui j’avais pu échanger un peu au cours de ces journées n’en revenaient pas et m’ont fait remarquer que la probabilité d’être désigné à chaque fois par le sort devait être infime. Comment leur expliquer que telle était la volonté de Dieu pour moi ? En tout cas, j’étais en paix intérieurement car j’avais maintenant accepté de tenir le rôle qui m’était assigné.

Les procès suivants ont été aussi éprouvants et pesants que le premier. Je pense que les juges ont appris à se protéger émotionnellement et qu’ils arrivent à prendre du recul par rapport aux actes laids, tristes et horribles qui sont exposés devant les jurys. En ce qui me concerne, même si je commençais à m’endurcir au fil des différents procès, il m’est arrivé de rentrer chez moi et de me mettre à pleurer après avoir dû juger des cas d’inceste et de viols en série. Que des souffrances subies ! Que de vies gâchées pour les victimes mais aussi pour les coupables.
Pourquoi Dieu m’a-t-il imposé d’assister à ces cinq procès et d’être à chaque fois sélectionné pour faire partie du jury ? Je crois que c’est pour me rendre capable de ressentir profondément la situation dramatique dans laquelle seront un grand nombre d’entre nous lorsque nous devrons comparaître devant le tribunal de Dieu. J’ai compris que, comme d’autres l’ont fait avant moi, je suis chargé de vous avertir avec franchise de ce qu’il va vous arriver si vous n’avez pas saisi la grâce et obtenu le pardon offerts par l’Évangile de Jésus.

Un des accusés nia fermement et avec aplomb les viols dont il était incriminé par plusieurs femmes. Les éléments du dossier et les faits présentés au tribunal se révélèrent pourtant assez probants pour convaincre le jury de sa culpabilité. La crainte de condamner un innocent nous traverse forcément l’esprit et je pense que tout juré préfère que l’accusé reconnaisse les faits et sa culpabilité. La sentence est probablement moins grave pour celui-là que pour celui chez qui on ne voit pas le moindre début de repentance. On se dit qu’il pourrait recommencer dès qu’il aurait retrouvé la liberté et qu’il faut protéger la société de cet individu.
Lorsque nous comparaitrons devant Dieu, personne ne pourra mentir ni camoufler ses fautes. Dieu connaît tout de notre vie depuis notre naissance, même ce que nous avons dissimulé aux autres. Tout sera dévoilé et exposé : nos pensées, nos actes, nos paroles, le mal qu’on aura fait et le bien qu’on n’aura pas fait.

J’ai constaté que les vies des accusés n’étaient pas horribles dans tous les domaines. Mais pour chacun, il y a eu une faille, un mauvais désir, un péché qui a tout gâché de leur vie. Ils se sont abandonnés à un vice, à des pulsions et toute leur vie en a été détruite. Et aucun retour en arrière n’était possible lorsqu’ils se sont retrouvés face au tribunal.
Avez-vous déjà identifié dans votre vie ce qui pourrait gâcher votre éternité et vous condamner à être jeté en enfer ?

Pour tenter d’amadouer le jury, aucun des accusés n’aurait pu se recommander de ses exploits sportifs, de ses réussites financières et professionnelles ou de son comportement correct en d’autres circonstances pour espérer échapper à la condamnation.
Il en sera de même devant Dieu. La seule possibilité de ne pas être condamné se trouve dans l’Évangile de Jésus. Oui, heureusement, il y a la bonne nouvelle de Jean 3.16 !

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