La fiabilité de la Bible
Peut-on se fier à ce qui est écrit dans la Bible ?
Les écrits originaux ont-ils été modifiés ?
On vous a peut-être affirmé que les textes bibliques avaient été réécrits, transformés ou, pour le dire autrement, falsifiés. Mais vous a-t-on montré précisément ce qui aurait été modifié ? Et vous a-t-on dit à quel moment, par qui et surtout, pour quelle raison ces modifications auraient-elles été faites ? En réalité, il y a quantité de preuves qui contredisent cette accusation selon laquelle les écrits de la Bible auraient été corrigés et réécrits. Voici quelques éléments qui vous permettront de le vérifier.
Au début, le support utilisé pour les écrits bibliques fut la feuille de papyrus puis les textes furent copiés sur des feuilles de cuir que l’on assemblait en les cousant côte à côte pour composer des rouleaux. Ces textes ont été recopiés à la main pendant 3000 ans jusqu’à l’invention de l’imprimerie. Les copistes formaient une corporation reconnue et responsable de la transmission des écrits. Ils apportaient un soin extrême à la recopie. Pour chaque feuille, le nombre de mots et le nombre de chacune des lettres étaient relevés et notés afin d’éviter les modifications du texte. Si une erreur était constatée dans le manuscrit à recopier, l’erreur était signalée dans la marge. Les Juifs avaient une vénération presque superstitieuse pour les exemplaires du texte sacré. Lorsqu’un manuscrit était usé et ne pouvait plus servir, il était respectueusement rangé dans une petite pièce de la synagogue puis enterré. En raison de la fragilité du support, peu d’anciens rouleaux ont été retrouvés et nous ne disposons d’aucun manuscrit original rédigé directement par un des écrivains de l’Ancien Testament (l’Ancien Testament contient tous les écrits antérieurs à Jésus). Jusqu’au milieu du 20ème siècle, le plus vieux texte contenant tout l’Ancien Testament en hébreu était le codex produit par les Massorètes, des rabbins de Tibériade et de Babylone. Il date de l’an 1000 environ et se trouve à Saint-Pétersbourg.
Or la fiabilité du texte copié et recopié depuis tant de générations a pu être établie et vérifiée. On a comparé le texte des Massorètes avec d’autres versions de l’Ancien Testament qui nous sont parvenues. Nous possédons par exemple la version des Septante, traduction en grec réalisée par 72 érudits juifs à Alexandrie entre 250 et 150 avant Jésus-Christ, ou la Vulgate, traduction en latin faite par Jérôme vers l’an 400. Des chercheurs ont consacré de nombreuses années à relever toutes les différences observées dans les manuscrits de toutes ces versions, dans les commentaires de l’Ancien Testament des rabbins dans le Talmud et dans les citations des écrivains chrétiens des premiers siècles. Il en est toujours ressorti que les variantes du texte sont en très petit nombre et que leur influence sur la compréhension du texte est nulle.
Une découverte exceptionnelle confirma cela de façon incontestable en 1947. Des bédouins trouvèrent dans une grotte autour de la mer Morte des jarres contenant des rouleaux de cuir étonnamment bien conservés. Ces rouleaux s’avérèrent être les plus anciens manuscrits connus de l’Ancien Testament. Ils datent du 2ème siècle ou du début du 1er siècle avant Jésus-Christ. Par la suite, des centaines de fragments de manuscrits furent découverts dans d’autres grottes aux alentours. Il semble qu’une communauté de juifs menant une vie ascétique, la communauté de Qumran, se soit retirée dans cette région désertique. On a pu retrouver des fragments de chaque livre de la Bible hébraïque (sauf celui d’Esther). Certains livres sont presque entiers (les Psaumes et le Lévitique). Mais la découverte majeure est le rouleau complet du prophète Esaïe. Le texte est écrit sur 17 feuilles de cuir cousues bout à bout sur une longueur d’environ 7 mètres et il est parfaitement conservé. Or le texte de ce rouleau est encore une fois pratiquement identique au texte hébreu des Massorètes qui était utilisé jusqu’alors. Les différences relevées s’avèrent être insignifiantes. Les manuscrits de la Mer Morte apportent la preuve que les textes de l’Ancien Testament que nous pouvons lire aujourd’hui n’ont pas été modifiés, transformés, falsifiés au cours des générations.
En ce qui concerne la deuxième partie de la Bible (les livres écrits à partir de Jésus), les éléments établissant la fiabilité de la transmission des écrits sont encore plus nombreux. Je traite de ce sujet dans l’annexe du chapitre 3.
Les Juifs croyaient fermement que Dieu avait communiqué avec ceux qui avaient mis par écrit les révélations reçues. Cela impliqua de leur part un respect absolu des textes écrits et une crainte d’en altérer le contenu même d’une façon minime comme la modification d’une seule lettre. Aujourd’hui encore ce même respect perdure. Les rouleaux sont toujours copiés à la main avec un soin méticuleux jusqu’à l’emploi d’une encre spéciale. Je vous avais demandé si vous saviez ce qui avait été changé dans les écrits bibliques, par qui, et quand cela avait été réalisé. Comme vous l’avez maintenant constaté, tous les éléments contredisent l’affirmation que la Bible a été modifiée par la suite.
Il y a encore un dernier argument s’opposant à cette accusation : pour quelle raison les Juifs auraient-ils falsifié leurs textes ? Quel avantage les faussaires en auraient-ils retiré ? Quel aurait été leur mobile ?
Chez les peuples de l’Antiquité, on n’a retrouvé aucun monument, aucune inscription ni écrit mentionnant une défaite. Seules les victoires étaient enregistrées. Dans la Bible, victoires et défaites sont mentionnées. Les textes ne sont pas systématiquement à la gloire du peuple d’Israël mais selon l’évaluation faite par Dieu. De même, tout au long de la Bible, on trouve des reproches adressés par Dieu aux Israélites. Les personnages les plus célèbres voient leurs actions mauvaises être étalées au grand jour. Les fautes du peuple ne sont jamais cachées ni excusées. Un faussaire aurait retiré tout cela pour présenter son peuple et ses héros d’une façon irréprochable et glorieuse. Les dirigeants auraient fait réécrire l’Histoire nationale pour ne conserver que ce qui aurait valorisé et honoré la nation juive. Rien de tout cela dans la Bible. Tout respire l’authenticité. Pas de présentation idéalisée, les échecs et les fautes sont exposées avec franchise. Encore une fois, tout s’oppose à une modification des écrits bibliques.
Les textes de la Bible disponibles aujourd’hui correspondent bien à ce que les écrivains originaux ont reçu de la part de Dieu. Aucune modification n’est intervenue pour en altérer le contenu. Dieu a veillé à ce que la révélation qu’il nous a donnée soit gardée intacte à travers les siècles.
Peut-on se fier à ce qui est écrit dans les évangiles ?
Beaucoup affirment que l’on ne peut rien savoir de sûr concernant Jésus. D’autres, avec assurance, ont écrit des livres sur ce que serait le véritable Jésus selon leurs recherches. A chaque fois, le portrait est très différent de ce qu’on voit dans les évangiles. J’ai même lu que, lorsque Jésus aurait eu une vingtaine d’années, il se serait rendu en Inde pour y étudier les livres sacrés hindous et bouddhistes !!! Des films s’éloignant fortement du récit de la Bible ont aussi été réalisés et ont eu du succès, « La dernière tentation du Christ » par exemple. Lorsqu’on ne connaît rien sur le sujet, on est facilement impressionné par ceux qui prétendent avoir enquêté avec minutie. Mais dès que l’on se documente sérieusement, on s’aperçoit bien vite que les pseudo-révélations ne reposent pas sur grand-chose. Deux accusations principales sont portées à l’encontre de l’historicité de la personne de Jésus telle qu’elle nous est rapportée dans la Bible : les textes originaux ont été réécris et transformés, et Il existe d’autres écrits sur Jésus, d’autres évangiles comme celui de Thomas, qui nous présentent un Jésus différent.
Que sait-on historiquement de Jésus ?
1. L’existence de Jésus est attestée par des sources non-chrétiennes mais elles sont en petit nombre.
L’historien romain Tacite (55-120 après J.C.) rapporte : « Christ fut mis à mort par Ponce Pilate, procurateur de Judée sous le règne de Tibère ». On trouve des courts passages sur Jésus-Christ dans les écrits de Pline le Jeune, de Suétone et d’autres écrivains romains. L’historien juif Flavius Josèphe (37-100 après J.C.) a écrit : « Il y eut à cette époque un homme sage, Jésus. Il attira à lui de nombreux juifs. Pilate le condamna à la croix ». Dans le Talmud babylonien qui regroupe les commentaires de la Bible par des rabbins, Jésus a été mis à mort la veille de la Pâque.
2. Ce que l’on connaît sur lui, sur ce qu’il a fait, sur ce qu’il a dit nous vient principalement des quatre évangiles.
Ce sont les récits des témoins oculaires. Tout ce qu’a fait et dit Jésus n’est bien sûr pas raconté mais les écrivains ont sélectionné tout ce qu’il leur semblait essentiel à nous transmettre. L’évangile de Jean le déclare clairement : Jésus a accompli encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres signes qui ne sont pas décrits dans ce livre. Mais ceux-ci ont été décrits afin que vous croyiez que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu (Jean 20.30,31). Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses. Si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde entier pourrait contenir les livres qu’on écrirait. (Jean 21.25)
Luc, le seul des quatre auteurs à ne pas avoir vécu aux côtés de Jésus, a enquêté auprès de tous ceux qui l’ont connu personnellement (les membres de sa famille, ses disciples…) afin de collecter des éléments à la source pour la rédaction de son ouvrage : Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement. Il m’a donc paru bon à moi aussi, qui me suis soigneusement informé sur toutes ces choses dès l’origine, de les exposer par écrit. (Luc 1.1-4)
Accusation 1 : les textes originaux ont été réécris et transformés.
Certes, nous ne possédons pas les originaux des évangiles. Mais il existe des extraits écrits sur papyrus qui datent de quelques dizaines d’années suivant la rédaction originelle. Un papyrus datant de l’an 200 avec les 14 premiers chapitres de l’évangile de Jean a été retrouvé. De plus, on dispose de très nombreuses citations des quatre évangiles dans les écrits des enseignants chrétiens des deux premiers siècles. A chaque fois, la citation correspond au texte des évangiles que nous trouvons aujourd’hui dans les Bibles. Les variations sont infimes et n’altèrent pas le sens des récits. Ces documents confirment que les quatre évangiles tels que nous les avons aujourd’hui étaient reconnus comme faisant autorité dès le deuxième siècle dans les églises du bassin méditerranéen.
Nos connaissances historiques sur la période de l’Antiquité où Jésus a vécu proviennent de sources autrement moins fiables et moins nombreuses que les témoignages sur Jésus. Et pourtant, il ne viendrait à l’idée de personne de douter que Jules César a envahi la Gaule ! Il suffit de comparer les documents disponibles pour se rendre à l’évidence.
| Auteur | Livre | Intervalle entre l’original et les plus anciennes copies retrouvées | Nombre de copies retrouvées |
| Thucydide | Guerre du Péloponnèse | 1300 ans | 8 |
| Hérodote | Histoires | 1300 ans | 8 |
| Platon | 1300 ans | 7 | |
| Jules César | La guerre des Gaules | 900 ans | 10 |
| Tacite | Annales | 1000 ans | 20 |
| Les évangiles et les 27 livres du Nouveau Testament | Fragments de livres : 50 ans Livres complets : 100 ans Le N.T. complet : 225 ans | 5700 en grec | |
Il faut ajouter aux 5700 manuscrits en grec du Nouveau Testament les 19 000 traductions en latin ou dans d’autres langues (éthiopien, copte égyptien, gothique…). Les premières traductions en syriaque et en latin apparurent en 150 après J.C.
Accusation 2 : Il existe d’autres écrits sur Jésus, d’autres évangiles comme celui de Thomas, qui nous présentent un Jésus différent.
On ne pourrait donc pas savoir avec certitude ce qui s’est réellement passé. Le « Da Vinci code », best-seller il y a quelques années, a été imaginé suivant cette optique.
Effectivement, dès les premiers siècles, d’autres récits sur Jésus ont circulé ainsi que des croyances en contradiction avec ce qui était écrit dans les quatre évangiles. Face à l’apparition de nombreux écrits extravagants sur la vie de Jésus et de doctrines déviantes, les enseignants et responsables chrétiens ont donc eu besoin de critères objectifs pour exclure officiellement ces récits imaginaires ou fabuleux. Les critères retenus ont été les suivants : rédaction du récit par un témoin oculaire (et plus précisément par un des douze apôtres ou par un auteur accrédité par un des apôtres), exactitude géographique et historique des lieux et personnalités mentionnés, accord avec l’enseignement moral et doctrinal des premiers disciples de Jésus, transmis ensuite de génération en génération.
Il faut savoir que l’apôtre Jean, qui a écrit le quatrième évangile, a formé de nouveaux disciples qui devinrent pour certains responsables des premières communautés chrétiennes et que ces disciples ont laissé des écrits où ils affirment que Jean est l’auteur de l’évangile qui porte son nom. Ils tenaient ce renseignement de la bouche même de l’apôtre Jean et ils transmirent ensuite cette information à ceux qui leur succédèrent. Nous en avons comme exemple les écrits de Polycarpe, un disciple de Jean qui vécut à Smyrne (aujourd’hui Izmir en Turquie), et les écrits d’un disciple de Polycarpe, Irénée, originaire d’Asie Mineure et venu s’installer à Lyon en Gaule. Irénée n’a pas connu personnellement l’apôtre Jean mais il a attribué à son tour la paternité de l’évangile à Jean tenant ce renseignement de Polycarpe. Précisons que Polycarpe est mort en 156 à 86 ans et qu’il a été brûlé vif, n’ayant pas voulu renier sa foi en Jésus-Christ. Meurt-on ainsi pour ce que l’on saurait être des mensonges ?
La véracité des faits rapportés dans les trois autres évangiles fut attestée de la même façon. Plus tard, les Conciles de 393 et 397, réunissant les théologiens et les responsables des principales églises, ont établi officiellement la liste des récits qui étaient déjà reconnus et acceptés dans toutes les églises : les quatre évangiles. Ces Conciles n’ont rien imposé de nouveau, ils n’ont fait qu’entériner la position des communautés chrétiennes envers les seuls récits authentiques de la vie de Jésus.
Les quatre évangiles rapportent des faits historiques.
Si ce n’était pas le cas, alors vous pourriez arrêter immédiatement de consulter ce site car je serais en train de vous raconter un conte de fée ou une histoire comme celle qu’on lit aux enfants avant qu’ils ne s’endorment. À plusieurs reprises, des doutes ont été émis sur l’authenticité des récits bibliques. Si l’on cherche sincèrement la vérité, il n’est pas très difficile de se rendre compte que les remises en question des récits des Évangiles ou de l’Ancien Testament ne résistent pas à une confrontation sérieuse et documentée. Il y a suffisamment de preuves disponibles pour quiconque en a besoin.
Si vous êtes désireux d’approfondir le sujet, il existe plusieurs ouvrages qui peuvent répondre à vos interrogations. Je vous conseille celui-ci : « Les documents du Nouveau Testament, peut-on s’y fier ? » de F.F. Bruce chez l’éditeur Publications chrétiennes. Vous pouvez aussi consulter « Le verdict » de Josh McDowell aux éditions Vida. D’autres livres bien plus volumineux ont été écrits à ce sujet par des archéologues et des historiens.
Si ce qui est raconté dans les évangiles ne s’était pas réellement passé, ces quatre biographies n’auraient eu aucun succès car de nombreux témoins étaient encore vivants lors de leur rédaction et ils auraient forcément dénoncé ces écrits comme étant des mensonges ou des inventions. Les quatre évangiles n’auraient alors jamais été pris au sérieux lorsqu’ils ont commencé à être lus et à circuler dans le bassin méditerranéen.