4. Les deux derniers jours
Alors, l’un des Douze, celui qui s’appelait Judas Iscariot, se rendit auprès des chefs des prêtres pour leur demander : « Si je me charge de vous livrer Jésus, quelle somme me donnerez-vous ? » Ils lui versèrent trente pièces d’argent. A partir de ce moment-là, il chercha une occasion favorable pour leur livrer Jésus.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent trouver Jésus pour lui demander : « Où veux-tu que nous fassions les préparatifs pour le repas de la Pâque ? » Il leur répondit : « Allez à la ville, chez un tel, et parlez-lui ainsi : ‘Le Maître te fait dire : Mon heure est arrivée. C’est chez toi que je prendrai le repas de la Pâque avec mes disciples.’ » Les disciples se conformèrent aux ordres de Jésus et préparèrent le repas de la Pâque.
Le soir, Jésus arriva avec les Douze. Pendant qu’ils étaient à table, il leur dit : « Vraiment, je vous l’assure, l’un de vous, qui mange avec moi, me trahira. » Les disciples, déconcertés, se regardaient les uns les autres ; ils se demandaient de qui il pouvait bien parler. Alors il reprit : « C’est l’un des Douze, celui qui trempe son morceau dans le plat avec moi. Certes, le Fils de l’homme s’en va conformément à ce que les Écritures annoncent à son sujet, mais malheur à celui qui trahit le Fils de l’homme. Il aurait mieux valu pour lui n’être jamais né ! »
Au cours du repas, Jésus prit du pain, puis, après avoir prononcé la prière de reconnaissance, il le partagea en morceaux, puis il les donna à ses disciples, en disant : « Prenez, mangez, ceci est mon corps qui est donné pour vous. Faites cela en souvenir de moi. » Ensuite il prit une coupe et, après avoir remercié Dieu, il la leur donna en disant : « Buvez-en tous ; ceci est mon sang, par lequel est scellée l’alliance. Il va être versé pour beaucoup d’hommes, afin que leurs péchés soient pardonnés. »
Alors Jésus dit à Judas : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela. Comme Judas gérait la bourse commune, quelques-uns supposèrent que Jésus le chargeait d’acheter ce qu’il leur fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas se hâta de sortir. Il faisait nuit. (Marc 14 ; Jean 13 ; Matthieu 26 ; Luc 22)
Quand Judas fut parti, Jésus dit : « Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres. Oui, comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : à l’amour que vous aurez les uns pour les autres. Que votre cœur ne se trouble pas. Ayez foi en Dieu : ayez aussi foi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures ; si ce n’était pas vrai, je vous l’aurais dit : en effet je vais vous préparer une place. Lorsque je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que vous soyez, vous aussi, là où je suis. Mais vous connaissez le chemin de l’endroit où je me rends. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir par quel chemin on y parvient ?
– Le chemin, répondit Jésus, c’est moi, parce que je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne va au Père sans passer par moi. Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et maintenant déjà vous le connaissez, vous l’avez même vu. » Philippe intervint : « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira. » Jésus lui répondit : « Après tout le temps que j’ai passé avec vous, tu ne me connais pas encore, Philippe ! Celui qui m’a vu, a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Ce que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même : le Père demeure en moi et c’est lui qui accomplit ainsi ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père et le Père est en moi. Sinon, croyez au moins à cause des œuvres que vous m’avez vu accomplir. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, vous l’obtiendrez. Si vous obéissez à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme moi-même j’ai obéi aux commandements de mon Père et je demeure dans son amour. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis.
Si le monde a de la haine pour vous, sachez qu’il m’a haï avant vous. Je vous ai dit tout cela pour que vous soyez préservés de toute chute. Car on vous exclura des synagogues, et même l’heure vient où tous ceux qui vous mettront à mort s’imagineront rendre un culte à Dieu. J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais elles sont encore trop lourdes à porter pour vous. Quand l’Esprit de vérité sera venu, il vous conduira dans la vérité tout entière, car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu’il aura entendu, il le dira, et il vous annoncera les choses à venir. Il manifestera ma gloire, car il puisera dans ce qui est à moi et vous l’annoncera. Quand ce jour viendra, vous ne me poserez plus aucune question. Oui, vraiment, je vous l’assure : tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom. Demandez, et vous recevrez, pour que votre joie soit complète. Je suis venu du Père et je suis venu dans le monde. Maintenant, je quitte le monde et je retourne auprès du Père. »
Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Mon Père, l’heure est venue : fais éclater la gloire de ton Fils, pour qu’à son tour, le Fils fasse éclater ta gloire. En effet, tu lui as donné autorité sur l’humanité entière afin qu’il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle consiste à te connaître, toi le Dieu unique et véritable, et celui que tu as envoyé : Jésus-Christ. J’ai fait connaître ta gloire sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. Et maintenant, Père, revêts-moi de gloire en ta présence, donne-moi cette gloire que j’avais déjà auprès de toi avant les origines du monde. » (Jean 13 à 17)
Après cela, ils chantèrent les psaumes de la Pâque. Ensuite ils sortirent pour se rendre au mont des Oliviers. Jésus leur dit alors : « Cette nuit, ce qui m’arrivera vous ébranlera tous dans votre foi. En effet, il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau s’enfuiront de tous côtés. Néanmoins, quand je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. » Pierre prit la parole et lui dit : « Même si tous les autres sont ébranlés à cause de ce qui t’arrivera, moi je ne le serai pas. » Jésus reprit : « Vraiment, je te l’assure « : cette nuit même, avant que le coq ait chanté, tu m’auras renié trois fois. » Pierre réaffirma : « Même s’il me fallait mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous les disciples dirent la même chose.
Ils arrivèrent en un lieu appelé Gethsémané. Jésus dit à ses disciples : « Asseyez-vous ici pendant que je vais prier. » Il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean. Il commença à être envahi par la crainte, et l’angoisse le saisit. Il leur dit : « Je suis accablé de tristesse, à en mourir. Restez ici et veillez ! » Il fit quelques pas, se laissa tomber à terre et pria Dieu que cette heure s’éloigne de lui, si c’était possible : « Père, pour toi, tout est possible. Éloigne de moi cette coupe ; cependant, qu’il arrive non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux. » Un ange venu du ciel lui apparut et le fortifia. L’angoisse le saisit, sa prière se fit de plus en plus pressante, sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient à terre. Après avoir ainsi prié, il se releva et s’approcha de ses disciples. Il les trouva endormis, tant ils étaient accablés de tristesse. « Pourquoi dormez-vous ? leur dit-il. Debout ! Et priez pour ne pas céder à la tentation. » Il n’avait pas fini de parler que soudain survint Judas, l’un des Douze, accompagné d’une troupe armée d’épées et de gourdins. C’étaient les chefs des prêtres, les spécialistes de la Loi et les responsables du peuple qui les envoyaient. Là-dessus, Jésus dit à la troupe : « Me prenez-vous pour un bandit, pour que vous soyez venus en force avec épées et gourdins afin de vous emparer de moi ? J’étais assis chaque jour dans la cour du Temple pour donner mon enseignement et vous ne m’avez pas arrêté ! Mais tout ceci est arrivé pour que les écrits des prophètes s’accomplissent. » Alors tous les disciples l’abandonnèrent et prirent la fuite. La cohorte et les gardes des Juifs s’emparèrent de Jésus. (Matthieu 26 ; Marc 14 ; Luc 22)
Jésus fut conduit devant le grand-prêtre chez qui se rassemblèrent les chefs des prêtres, les responsables du peuple et les spécialistes de la Loi. Pierre l’avait suivi à distance, jusqu’à l’intérieur de la cour du palais du grand-prêtre. Il était assis avec les gardes, près du feu, pour se réchauffer.
Les chefs des prêtres et le Grand-Conseil du sanhédrin au complet cherchaient un témoignage contre Jésus pour pouvoir le condamner à mort. Mais ils n’en trouvaient pas. Car il y avait beaucoup de gens pour apporter des faux témoignages contre lui, mais ces témoignages ne concordaient pas. Finalement, quelques-uns se levèrent pour porter contre lui ce faux témoignage : « Nous l’avons entendu dire : ‘Je démolirai ce Temple fait de main d’homme et, en trois jours, j’en reconstruirai un autre, qui ne sera pas fait par des mains humaines.’ » Mais même là-dessus, leurs dépositions ne s’accordaient pas. Alors le grand-prêtre se leva au milieu de l’assemblée et interrogea Jésus. « Eh bien, demanda-t-il, tu n’as rien à répondre aux témoignages qu’on vient de porter contre toi ? » Mais Jésus garda le silence et ne répondit pas. Le grand-prêtre l’interrogea de nouveau et lui demanda : « Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ? » Et Jésus lui répondit : « Oui, je le suis ! Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir en gloire avec les nuées du ciel. » Alors, le grand-prêtre déchira ses vêtements en signe de consternation et s’écria : « Qu’avons-nous encore besoin de témoins ! Vous avez entendu le blasphème ! Qu’en concluez-vous ? » Tous, alors, le condamnèrent en le déclarant passible de mort. Quelques-uns se mirent à cracher sur lui, ils lui recouvrirent le visage et le frappèrent en lui disant : « Hé ! Fais le prophète ! Qui c’est ? » Les gardes saisirent Jésus et lui donnèrent des gifles. (Marc 14)
Pendant ce temps, Pierre était resté assis dehors, dans la cour intérieure. Une servante s’approcha de lui et dit : « Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. » Mais Pierre le nia en disant devant tout le monde : « Je ne vois pas ce que tu veux dire. » Comme il se dirigeait vers le porche pour sortir, une autre servante l’aperçut et dit à ceux qui étaient là : « En voilà un qui était avec ce Jésus de Nazareth. » Il le nia de nouveau et il jura : « Je ne connais pas cet homme ! » Un moment après, ceux qui se tenaient dans la cour s’approchèrent de Pierre et lui dirent : « C’est sûr, toi aussi, tu fais partie de ces gens ! C’est évident : il suffit d’entendre ton accent ! » Alors Pierre se mit à dire : « Je le jure ! Et que je sois maudit si ce n’est pas vrai : je ne connais pas cet homme. » Et aussitôt, un coq chanta. Alors Pierre se souvint de ce que Jésus lui avait dit : « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. » Il se glissa dehors et se mit à pleurer amèrement. (Matthieu 26)
L’aube s’était levée. L’ensemble des chefs des prêtres et des responsables firent lier Jésus et le conduisirent chez Pilate, le gouverneur, pour le remettre entre ses mains. Pilate sortit du palais pour les voir et leur demanda : « De quoi accusez-vous cet homme ? » Là, ils se mirent à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de jeter le trouble parmi notre peuple : il interdit de payer l’impôt à l’empereur et il déclare qu’il est le Messie, le roi ! » Pilate rentra donc dans le palais de justice et fit comparaître Jésus : « Es-tu le roi des Juifs ? lui demanda-t-il.
– Dis-tu cela de toi-même ou d’autres t’ont-ils dit cela à mon sujet ? répondit Jésus.
– Est-ce que je suis juif, moi ? répliqua Pilate. Ce sont ceux de ta nation et les chefs des prêtres qui t’ont livré à moi. Qu’as-tu fait ? » Jésus lui répondit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume appartenait à ce monde, mes serviteurs se seraient battus pour que je ne tombe pas aux mains des chefs des Juifs. Non, réellement, mon royaume n’est pas d’ici.
– Es-tu donc roi ? reprit Pilate.
– Tu le dis toi-même : je suis roi ! Si je suis né et si je suis venu dans ce monde, c’est pour rendre témoignage à la vérité. Celui qui appartient à la vérité écoute ce que je dis.
– Qu’est-ce que la vérité ? » lui répondit Pilate.
Là-dessus, il alla de nouveau trouver les Juifs et leur dit : « En ce qui me concerne, je ne trouve chez cet homme aucune raison de le condamner. » Mais ils insistaient de plus en plus, disant : « Il soulève le peuple avec ses idées ! Il a endoctriné toute la Judée ! Il a commencé en Galilée et il est venu jusqu’ici. » A chaque fête de Pâque, le gouverneur avait l’habitude de relâcher un prisonnier, celui que la foule désignait. Or, à ce moment-là, il y avait sous les verrous, un prisonnier célèbre nommé Barabbas. En voyant la foule rassemblée, Pilate lui demanda donc : « Lequel de ces deux hommes voulez-vous que je vous relâche, Barabbas ou Jésus, qu’on appelle le Christ ? » En effet, il s’était bien rendu compte que c’était par jalousie qu’on lui avait livré Jésus.
Pendant qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit parvenir un message disant : « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car cette nuit, j’ai été fort tourmentée par des rêves à cause de lui. » Cependant, les chefs des prêtres et les responsables du peuple persuadèrent la foule de réclamer la libération de Barabbas et l’exécution de Jésus. Le gouverneur prit la parole et redemanda à la foule : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ?
– Barabbas ! » crièrent-ils. Ce Barabbas avait été mis en prison pour une émeute qui avait eu lieu dans la ville et pour un meurtre. « Mais alors, insista Pilate, que dois-je faire de Jésus, qu’on appelle le Messie ? » Et tous répondirent : « Crucifie-le !
– Mais enfin, reprit Pilate, qu’a-t-il fait de mal ? » Eux, cependant, criaient de plus en plus fort : « Crucifie-le ! » Alors Pilate donna l’ordre d’emmener Jésus et de le faire fouetter.
Les soldats lui mirent sur la tête une couronne tressée de rameaux épineux et ils l’affublèrent d’un manteau de couleur pourpre et, s’avançant au-devant de lui, ils s’écriaient : « Salut, roi des Juifs ! » Et ils lui donnaient des gifles.
Pilate sortit de nouveau du palais et dit aux chefs des Juifs : « Voilà ! je vous le fais amener ici dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucune raison de le condamner. » Jésus parut donc dehors, portant la couronne d’épines et le manteau de couleur pourpre. Pilate leur dit : « Voici l’homme. » Les chefs des Juifs répliquèrent : « Nous, nous avons une Loi, et d’après cette Loi, il doit mourir, car il a prétendu être le Fils de Dieu. » Ces propos effrayèrent vivement Pilate. Il rentra au palais de justice et demanda à Jésus : « D’où viens-tu ? » Mais Jésus ne lui donna aucune réponse. Alors Pilate lui dit : « Comment ! C’est à moi que tu refuses de parler ? Tu ne sais donc pas que j’ai le pouvoir de te relâcher et celui de te crucifier ? » Jésus lui répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi, s’il ne t’avait été donné d’en haut. Voilà pourquoi celui qui me livre entre tes mains est plus coupable que toi. » A partir de ce moment, Pilate cherchait à le relâcher. Mais les chefs des Juifs redoublèrent leurs cris : « Si tu relâches cet homme, tu n’es pas l’ami de César. Si quelqu’un se fait roi, il s’oppose à César. » Quand Pilate vit qu’il n’aboutissait à rien, mais qu’au contraire, l’agitation de la foule augmentait, il prit de l’eau et, devant la foule, se lava les mains en disant : « Je ne suis pas responsable de la mort de cet homme. Cela vous regarde. » (Matthieu 27 ; Jean 18 et 19 ; Luc 23)
En voyant que Jésus était condamné, Judas, qui l’avait trahi, fut pris de remords : il alla rapporter aux chefs des prêtres et aux responsables du peuple les trente pièces d’argent et leur dit : « J’ai péché en livrant un innocent à la mort ! » Mais ils lui répliquèrent : « Que nous importe ? Cela te regarde ! » Judas jeta les pièces d’argent dans le Temple, partit, et alla se pendre.
Les soldats emmenèrent Jésus dans la cour intérieure du palais et firent venir toute la cohorte. Puis ils le saluèrent en disant : « Salut, roi des Juifs ! » Ils le frappaient à la tête avec un roseau et crachaient sur lui, s’agenouillaient et se prosternaient devant lui. Quand ils eurent fini de se moquer de lui, ils lui arrachèrent le manteau de couleur pourpre, lui remirent ses vêtements et l’emmenèrent hors de la ville pour le crucifier.
Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Golgotha, ce qui signifie « lieu du crâne », on cloua Jésus sur la croix, ainsi que deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche.
Jésus pria : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Les soldats se partagèrent ses vêtements en les tirant au sort.
Ceux qui passaient par là lui lançaient des insultes en secouant la tête, et criaient : « Hé, toi qui démolis le Temple et qui le reconstruis en trois jours, sauve-toi toi-même. Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix ! » De même, les chefs des prêtres se moquaient de lui, avec les spécialistes de la Loi et les responsables du peuple, en disant : « Il a sauvé les autres et il est incapable de se sauver lui-même ! C’est ça le roi d’Israël ? Qu’il descende donc de la croix, alors nous croirons en lui ! Il s’est confié en Dieu. Eh bien, si Dieu trouve son plaisir en lui, qu’il le délivre ! N’a-t-il pas dit : ‘Je suis le Fils de Dieu’ ? »
L’un des deux criminels attaché à une croix l’insultait en disant : « N’es-tu pas le Messie ? Alors sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Mais l’autre lui fit des reproches en disant : « Tu n’as donc aucune crainte de Dieu, toi, et pourtant tu subis la même peine ? Pour nous, ce n’est que justice : nous payons pour ce que nous avons fait ; mais celui-là n’a rien fait de mal. » Puis il ajouta : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras régner. » Et Jésus lui répondit : « Vraiment, je te l’assure : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis. »
Il était environ midi, quand le pays tout entier fut plongé dans l’obscurité, et cela dura jusqu’à trois heures de l’après-midi. Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Eli, Eli, lama sabachthani ? » ce qui veut dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Aussitôt quelqu’un courut prendre une éponge, qu’il imbiba de vinaigre et piqua au bout d’un roseau. Il la présenta à Jésus pour qu’il boive. Quand il eut goûté le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Alors Jésus poussa un grand cri : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » Après avoir dit ces mots il mourut. Et voici qu’au même instant, le rideau du Temple se déchira en deux, de haut en bas ; la terre trembla, les rochers se fendirent.
Tous les amis de Jésus, ainsi que les femmes qui l’avaient suivi depuis la Galilée, se tenaient à distance pour voir ce qui se passait. (Matthieu 27 ; Marc 15 ; Luc 23 ; Jean 19)
Comme on était à la veille du shabbat, et de plus, d’un shabbat particulièrement solennel, les chefs des Juifs voulaient éviter que les cadavres restent en croix durant la fête. Ils allèrent trouver Pilate pour lui demander de faire briser les jambes des suppliciés et de faire enlever les corps. Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes au premier des criminels crucifiés avec Jésus, puis à l’autre. Quand ils arrivèrent à Jésus, ils constatèrent qu’il était déjà mort et ils ne lui brisèrent pas les jambes. L’un des soldats lui enfonça sa lance dans le côté.
Le soir venu, arriva un homme riche appelé Joseph, originaire de la ville d’Arimathée. Lui aussi était un disciple de Jésus. Il alla demander à Pilate le corps de Jésus. Alors Pilate donna l’ordre de le lui remettre. Joseph prit donc le corps, l’enroula dans un drap de lin pur et le déposa dans le tombeau tout neuf qu’il s’était fait tailler pour lui-même dans le roc. Puis il roula un grand bloc de pierre devant l’entrée du tombeau et s’en alla. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph, elles regardèrent le tombeau et observèrent comment le corps de Jésus y avait été déposé.
Le lendemain, le jour qui suivait la préparation du shabbat, les chefs des prêtres et des pharisiens se rendirent ensemble chez Pilate pour lui dire : « Excellence, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, pendant qu’il était encore en vie : ‘Après trois jours, je ressusciterai.’ Fais donc surveiller étroitement la tombe jusqu’à ce troisième jour : il faut à tout prix éviter que ses disciples ne viennent dérober le corps pour dire ensuite au peuple qu’il est ressuscité d’entre les morts. Cette dernière supercherie serait encore pire que la première. » Pilate leur déclara : « D’accord ! Prenez un corps de garde et assurez la protection de ce tombeau à votre guise. » Ils se rendirent donc au tombeau et le firent surveiller après avoir apposé les scellés sur la pierre en présence de la garde. (Jean 19 ; Matthieu 27 ; Marc 15 ; Luc 23)