3. Il est venu pour mourir ! Mais qui est Jésus ?

Un jour, Jésus priait à l’écart, et ses disciples étaient avec lui. Alors il les interrogea : « Que disent les foules à mon sujet ? Qui suis-je d’après elles ? » Ils lui répondirent : « Pour les uns, tu es Jean-Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, l’un des prophètes d’autrefois qui serait ressuscité.
– Et vous, leur demanda-t-il alors, qui dites-vous que je suis ? » Simon Pierre lui répondit : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant.
– Ne le dites à personne », leur ordonna Jésus. Et il ajouta : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup et soit rejeté par les responsables du peuple, les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi ; il doit être mis à mort et ressusciter le troisième jour. »
Puis, s’adressant à tous, il dit : « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même et qu’il me suive. En effet, celui qui est préoccupé de sauver sa vie, la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera. Si un homme parvient à posséder le monde entier, à quoi cela lui sert-il s’il se perd ou se détruit lui-même ? Si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme, à son tour, aura honte de lui quand il viendra dans sa gloire, dans celle du Père et des saints anges. Je vous l’assure, quelques-uns de ceux qui sont ici présents ne mourront pas avant d’avoir vu le règne de Dieu. »

Environ huit jours après cet entretien, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques et monta sur une montagne pour aller prier. Pendant qu’il était en prière, son visage changea d’aspect, ses vêtements devinrent d’une blancheur éblouissante. Deux hommes s’entretenaient avec lui : Moïse et Elie qui resplendissaient de gloire. Ils parlaient de la manière dont Jésus allait achever sa mission en mourant à Jérusalem. Pierre et ses deux compagnons étaient profondément endormis, mais quand ils s’éveillèrent, ils virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui étaient avec lui. Au moment où ces hommes se séparaient de Jésus, Pierre lui dit : « Maître, il est bon que nous soyons ici. Nous allons dresser trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie. » En fait, il ne savait pas ce qu’il disait. Pendant qu’il parlait encore, une nuée se forma et les enveloppa, et les disciples furent saisis de crainte lorsqu’ils entrèrent dans la nuée. Une voix sortit de la nuée, qui disait : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi. Écoutez-le ! » Quand cette voix eut retenti, ils ne trouvèrent plus que Jésus. 
Quant à eux, à cette époque, ils gardèrent le silence sur cet événement et ne racontèrent à personne ce qu’ils avaient vu. (Luc 9  / Matthieu 16)

En partant de là, ils traversèrent la Galilée, mais Jésus ne voulait pas qu’on le sache. Car il se consacrait à l’enseignement de ses disciples. Il leur disait : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le feront mourir mais, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Eux, cependant, ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de lui demander des explications.
Ils arrivèrent à Capernaüm. Quand ils furent rentrés à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi avez-vous discuté en route ? » Mais ils se taisaient car, durant le trajet, ils avaient discuté pour savoir lequel d’entre eux était le plus grand. Jésus s’assit, appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un désire être le premier, qu’il se fasse le dernier de tous, et le serviteur de tous. Le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup. » (Marc 9 et 10)

Les spécialistes de la Loi et les pharisiens traînèrent devant lui une femme qui avait été prise en flagrant délit d’adultère. Ils la firent avancer dans la foule et la placèrent, bien en vue, devant Jésus. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a commis un adultère ; elle a été prise sur le fait. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider les femmes de ce genre. Toi, quel est ton jugement sur ce cas ? » En lui posant cette question, ils voulaient lui tendre un piège, dans l’espoir de trouver quelque prétexte pour l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire du doigt sur le sol.
Eux, ils insistaient, répétant leur question. Alors il se releva et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ! » Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol. Après avoir entendu ces paroles, ils s’esquivèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, laissant finalement Jésus seul avec la femme, qui était restée au milieu de la cour du Temple. Alors Jésus leva la tête et lui dit : « Eh bien, où sont donc passés tes accusateurs ? Personne ne t’a condamnée ? 
– Personne, Seigneur », lui répondit-elle. Alors Jésus reprit : « Je ne te condamne pas non plus. Va, mais désormais, ne pèche plus. »

Jésus parla de nouveau en public : « Je suis la lumière du monde, dit-il. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres : il aura la lumière de la vie. » Là-dessus les pharisiens lui répondirent : « Tu te rends témoignage à toi-même : ton témoignage n’est pas vrai.
– Vous, leur dit-il alors, vous êtes d’ici-bas ; moi, je suis d’en haut. Vous appartenez à ce monde-ci ; moi, je ne lui appartiens pas. C’est pourquoi je vous ai dit : Vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, je suis, vous mourrez dans vos péchés. 
– Qui es-tu donc ? lui demandèrent-ils alors. 
– Je ne cesse de vous le dire depuis le début ! » leur répondit Jésus. 
Pendant qu’il parlait ainsi, beaucoup crurent en lui. Alors Jésus dit aux Juifs qui avaient cru en lui : « Si vous vous attachez à la Parole que je vous ai annoncée, vous êtes vraiment mes disciples. Vous connaîtrez la vérité, et la vérité fera de vous des hommes libres. 
– Nous, lui répondirent-ils, nous sommes la postérité d’Abraham, nous n’avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : Vous serez des hommes libres ? 
– Vraiment, je vous l’assure, leur répondit Jésus, tout homme qui commet le péché est esclave du péché. Abraham votre père a exulté de joie, rien qu’à la pensée de voir mon jour. Il l’a vu et en a été transporté de joie. 
– Quoi, lui dirent-ils alors, tu n’as même pas cinquante ans et tu prétends avoir vu Abraham ! 
– Vraiment, je vous l’assure, leur répondit Jésus, avant qu’Abraham soit venu à l’existence, moi, je suis. » A ces mots, ils se mirent à ramasser des pierres pour les lui jeter, mais Jésus disparut dans la foule et sortit de l’enceinte du Temple. (Jean 8)

Jésus aperçut un homme qui était aveugle de naissance. Ses disciples lui posèrent alors cette question : « Dis-nous, Maître, pourquoi cet homme est-il né aveugle ? Est-ce à cause de son propre péché ou de celui de ses parents ? » Jésus répondit : « Cela n’a pas de rapport avec son péché, ni avec celui de ses parents ; c’est pour que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » Après avoir dit cela, Jésus cracha par terre et, avec sa salive, il fit un peu de boue qu’il appliqua sur les yeux de l’aveugle. Puis il lui dit : « Va te laver au réservoir de Siloé ». L’aveugle alla se laver et, à son retour, il voyait. Ses voisins et ceux qui avaient l’habitude de le voir mendier dirent : « Cet homme, n’est-ce pas celui qui était toujours assis en train de mendier ? » Les uns affirmaient : « C’est bien lui. » D’autres le niaient : « Ce n’est pas lui ; c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Quant à lui, il disait : « C’est bien moi. » Alors on le questionna : « Comment se fait-il que tes yeux se soient ouverts ? » Il répondit : « L’homme qui s’appelle Jésus a fait un peu de boue, m’en a frotté les yeux, puis il m’a dit : Va à Siloé et lave-toi. J’y suis allé, je me suis lavé et, d’un coup, j’ai vu clair. »
– Et lui, demandèrent-ils, où est-il ? 
– Je n’en sais rien », répondit-il. 
On amena l’homme qui avait été aveugle devant les pharisiens. Or, c’était un jour de shabbat que Jésus avait fait de la boue pour lui ouvrir les yeux. Les pharisiens lui demandèrent donc, à leur tour, comment il avait recouvré la vue. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant j’y vois. » Là-dessus, quelques pharisiens déclarèrent : « Cet individu ne peut pas venir de Dieu, puisqu’il ne respecte pas le shabbat. » Pourtant d’autres objectaient : « Comment un homme pécheur aurait-il le pouvoir d’accomplir de tels signes miraculeux ? » Ils étaient donc divisés. Alors ils interrogèrent de nouveau l’aveugle : « Voyons, toi, que dis-tu de lui, puisque c’est à toi qu’il a ouvert les yeux ? 
– C’est sûrement un prophète », répondit-il. Mais ils refusèrent de croire que cet homme avait été aveugle et qu’il avait été guéri de sa cécité. Finalement, ils firent venir ses parents. Ils leur demandèrent : « Cet homme est-il bien votre fils ? Est-il réellement né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? 
– Nous sommes certains que c’est bien notre fils, répondirent les parents, et qu’il est né aveugle. Mais comment il se fait qu’il voie à présent, nous ne le savons pas. Ou qui lui a rendu la vue, nous ne le savons pas davantage. Interrogez-le donc lui-même. Il est assez grand pour répondre sur ce qui le concerne. » Les parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des autorités juives. En effet, elles avaient déjà décidé d’exclure de la synagogue tous ceux qui reconnaîtraient Jésus comme le Messie. Voilà pourquoi les parents de l’aveugle avaient répondu : « Il est assez grand, interrogez-le donc lui-même. » 
Les pharisiens firent donc venir une seconde fois celui qui avait été aveugle et lui dirent : « Honore Dieu en disant la vérité. Cet homme est un pécheur, nous le savons. 
– S’il est pécheur ou non, répondit-il, je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle et maintenant, je vois. » Ils lui demandèrent de nouveau : « Qu’est-ce qu’il t’a fait ? Redis-nous comment il s’y est pris pour t’ouvrir les yeux. 
– Je vous l’ai déjà dit, leur répondit-il, et vous ne m’avez pas écouté. Pourquoi tenez-vous à me le faire répéter ? Est-ce que, par hasard, vous avez l’intention de devenir vous aussi ses disciples ? » Alors, ils se mirent à l’injurier et ils lui lancèrent : « C’est toi qui es son disciple ; nous, nous sommes les disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons même pas d’où il vient. 
– C’est étonnant, répliqua l’homme. Voilà quelqu’un qui m’a ouvert les yeux et vous, vous ne savez même pas d’où il est. Tout le monde sait que Dieu n’exauce pas les pécheurs ; mais si quelqu’un est attaché à Dieu et fait sa volonté, il l’exauce. Depuis que le monde est monde, jamais on n’a entendu dire que quelqu’un ait rendu la vue à un aveugle de naissance. Si cet homme-là ne venait pas de Dieu, il n’aurait rien pu faire. 
– Comment ! répondirent-ils, depuis ta naissance tu n’es que péché des pieds à la tête, et c’est toi qui veux nous faire la leçon ! » Et ils le mirent à la porte.
Jésus apprit qu’ils l’avaient expulsé. Il alla le trouver et lui demanda : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il lui répondit : « Qui est-ce ? Dis-le moi, Seigneur, pour que je puisse croire en lui. » Jésus lui dit : « Tu le vois de tes yeux. C’est lui-même qui te parle maintenant. 
– Je crois, Seigneur », déclara l’homme, et il se prosterna devant lui. Jésus dit alors : « Je suis venu dans ce monde pour qu’un jugement ait lieu, pour que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. » Des pharisiens qui se trouvaient près de lui entendirent ces paroles et lui demandèrent : « Serions-nous, par hasard, nous aussi des aveugles ? 
– Si vous étiez de vrais aveugles, leur dit Jésus, vous ne seriez pas coupables. Mais voilà : vous prétendez que vous voyez ; aussi votre culpabilité reste entière. » (Jean 9) 
Il leur dit encore : « Vraiment, je vous l’assure : je suis la porte par où passent les brebis. Le voleur vient seulement pour voler, pour tuer et pour détruire. Moi, je suis venu afin que les hommes aient la vie, une vie abondante. Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. » 

Le moment vint où l’on célébrait à Jérusalem la fête de Hanoukah. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans la cour du Temple, dans la Galerie de Salomon. Alors on fit cercle autour de lui et on l’interpella : « Combien de temps nous tiendras-tu encore en haleine ? Si tu es le Messie, dis-le nous clairement.
 Je vous l’ai déjà dit, leur répondit Jésus, mais vous ne croyez pas. Pourtant, vous avez vu les actes que j’accomplis au nom de mon Père : ce sont eux qui témoignent en ma faveur. Mais vous ne croyez pas. Pourquoi ? Parce que vous ne faites pas partie de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix, je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront et personne ne pourra les arracher de ma main. Mon Père qui me les a données est plus grand que tous, et personne ne peut arracher qui que ce soit de la main de mon Père. Or, moi et le Père, nous ne sommes qu’un. » Cette fois encore, ils ramassèrent des pierres pour le tuer. Alors Jésus leur dit : « J’ai accompli sous vos yeux un grand nombre d’œuvres bonnes par la puissance du Père ; pour laquelle voulez-vous me tuer à coups de pierres ? » Les Juifs répliquèrent : « Nous ne voulons pas te tuer pour une bonne action, mais parce que tu blasphèmes. Car, toi qui n’es qu’un homme, tu te fais passer pour Dieu. » (Jean 10)                                                                                                                        

Les collecteurs d’impôts et autres pécheurs notoires se pressaient tous autour de Jésus, avides d’écouter ses paroles. Les pharisiens et les spécialistes de la Loi s’en indignaient et disaient : « Cet individu fréquente des pécheurs et s’attable avec eux ! » Alors Jésus leur répondit par cette parabole : « Si l’un de vous possède cent brebis, et que l’une d’elles vienne à se perdre, n’abandonnera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres au pâturage pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ? Et quand il l’a retrouvée, avec quelle joie il la charge sur ses épaules pour la ramener ! Aussitôt rentré chez lui, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit : ‘Venez partager ma joie, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue.’ Je vous assure qu’il en est de même au ciel : il y aura plus de joie pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de repentance. » 
Puis il poursuivit : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune lui dit : ‘Mon père, donne-moi ma part d’héritage, celle qui doit me revenir un jour.’ Et le père fit le partage de ses biens entre ses fils. Quelques jours plus tard, le cadet vendit tout ce qu’il avait reçu et s’en alla dans un pays lointain. Là, il gaspilla sa fortune en menant grande vie. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays-là et il commença à manquer du nécessaire. Alors il alla se faire embaucher par l’un des propriétaires de la contrée. Celui-ci l’envoya dans les champs garder les porcs. Le jeune homme aurait bien voulu apaiser sa faim avec les caroubes que mangeaient les bêtes, mais personne ne lui en donnait. Alors, il se mit à réfléchir sur lui-même et se dit : ‘Tous les ouvriers de mon père peuvent manger autant qu’ils veulent, alors que moi, je suis ici à mourir de faim ! Je vais me mettre en route, j’irai trouver mon père et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi. Je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils. Accepte-moi comme l’un de tes ouvriers.’ Il se mit donc en route pour se rendre chez son père. Comme il se trouvait encore à une bonne distance de la maison, son père l’aperçut et fut pris d’une profonde pitié pour lui. Il courut à la rencontre de son fils, se jeta à son cou et l’embrassa longuement. Le fils lui dit : ‘Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi, je ne mérite plus d’être considéré comme ton fils…’ Mais le père dit à ses serviteurs : ‘Allez vite chercher un habit, le meilleur que vous trouverez, et mettez-le lui ; passez-lui une bague au doigt et chaussez-le de sandales. Amenez le veau que nous avons engraissé et tuez-le. Nous allons faire un grand festin et nous réjouir, car voici, mon fils était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et je l’ai retrouvé.’ Et ils commencèrent à festoyer dans la joie. » (Luc 15)
Jésus raconta aussi une parabole pour ceux qui étaient convaincus d’être justes et méprisaient les autres : « Deux hommes montèrent au Temple pour prier : un pharisien et un collecteur d’impôts. Le pharisien, debout, faisait intérieurement cette prière : ‘O Dieu, je te remercie de ne pas être avare, malhonnête et adultère comme les autres hommes, et en particulier comme ce collecteur d’impôts là-bas. Moi, je jeûne deux jours par semaine, je donne dix pour cent de tous mes revenus.’ Le collecteur d’impôts se tenait dans un coin retiré, et n’osait même pas lever les yeux au ciel. Mais il se frappait la poitrine et murmurait : ‘O Dieu, aie pitié du pécheur que je suis !’ Je vous l’assure, c’est ce dernier et non pas l’autre qui est rentré chez lui déclaré juste par Dieu. Car celui qui s’élève sera abaissé ; celui qui s’abaisse sera élevé. »

Jésus prit les Douze à part et leur dit : « Voici, nous montons à Jérusalem et tout ce que les prophètes ont écrit au sujet du Fils de l’homme va s’accomplir. En effet, il sera remis entre les mains des non-Juifs, on se moquera de lui, on l’insultera, on crachera sur lui. Après l’avoir battu à coups de fouet, on le mettra à mort. Puis, le troisième jour, il ressuscitera. » Les disciples ne comprirent rien à tout cela, c’était pour eux un langage énigmatique et ils ne savaient pas ce que Jésus voulait dire. (Luc 18)

Jésus et ses disciples arrivèrent à Jéricho. Ils sortaient de la ville, accompagnés d’une foule nombreuse. Bartimée, un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. Lorsqu’il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » Mais beaucoup le rabrouaient pour le faire taire. Lui, cependant, criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le ! » On appela l’aveugle en lui disant : « Courage, lève-toi, il t’appelle. » A ces mots, il jeta son manteau, se leva d’un bond et vint vers Jésus. Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? 
– Maître, lui répondit l’aveugle, fais que je puisse voir ! 
– Va, lui dit Jésus. Parce que tu as cru en moi, tu es guéri. » Aussitôt, il recouvra la vue et suivit Jésus sur le chemin. (Marc 10)

Dans le village de Béthanie vivaient deux sœurs, Marthe et Marie, ainsi que leur frère Lazare. Lazare tomba malade. Les deux sœurs envoyèrent donc quelqu’un à Jésus pour lui faire dire : « Seigneur, ton ami est malade. » Quand Jésus apprit la nouvelle, il dit : « Cette maladie n’aboutira pas à la mort, elle servira à glorifier Dieu ; elle sera une occasion pour faire apparaître la gloire du Fils de Dieu. » Or Jésus était très attaché à Marthe, à sa sœur et à Lazare. Après avoir appris qu’il était malade, il resta encore deux jours à l’endroit où il se trouvait. Puis il dit à ses disciples : « Retournons en Judée. Notre ami Lazare s’est endormi ; je vais aller le réveiller. » Sur quoi les disciples lui dirent : « Seigneur, s’il dort, il est en voie de guérison. » En fait, Jésus voulait dire que Lazare était mort, mais les disciples avaient compris qu’il parlait du sommeil ordinaire. Alors il leur dit clairement : « Lazare est mort, et je suis heureux, à cause de vous, de n’avoir pas été là-bas à ce moment-là. Car cela contribuera à votre foi. Mais maintenant, allons auprès de lui. » 
A son arrivée, Jésus apprit qu’on avait enseveli Lazare depuis quatre jours déjà. Béthanie était à moins de trois kilomètres de Jérusalem, aussi beaucoup de gens étaient-ils venus chez Marthe et Marie pour leur présenter leurs condoléances à l’occasion de la mort de leur frère. Quand Marthe apprit que Jésus approchait du village, elle alla à sa rencontre. Marie, elle, resta à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais je sais que maintenant encore, tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l’accordera.
– Ton frère reviendra à la vie, lui dit Jésus. 
– Je sais bien, répondit Marthe, qu’il reviendra à la vie au dernier jour, lors de la résurrection des morts. 
– Je suis la résurrection et la vie, lui dit Jésus. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt. Et tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?
– Oui, Seigneur, lui répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui devait venir dans le monde. » Là-dessus, elle partit appeler sa sœur Marie, et, l’ayant prise à part, elle lui dit : « Le Maître est là, et il te demande. » A cette nouvelle, Marie se leva précipitamment et courut vers Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village : il était resté à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Ceux qui se trouvaient dans la maison avec Marie pour la consoler la virent se lever brusquement et sortir. Ils la suivirent, pensant qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. 
Marie parvint à l’endroit où était Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » En la voyant pleurer, elle et ceux qui l’accompagnaient, Jésus fut profondément indigné et ému. « Où l’avez-vous enterré ? demanda-t-il. 
– Viens, Seigneur, lui répondirent-ils, tu verras. » Jésus pleura. Alors tous dirent : « Voyez, comme il l’aimait. » Quelques-uns remarquaient : « Il a bien rendu la vue à l’aveugle, n’aurait-il pas pu empêcher que Lazare meure ? » Une fois de plus, Jésus fut profondément bouleversé. 
Il arriva au tombeau. C’était une grotte dont l’entrée était fermée par une pierre. « Enlevez la pierre, dit Jésus. » Marthe, la sœur du mort, dit alors : « Seigneur, il doit déjà sentir. Cela fait quatre jours qu’il est là. » Jésus lui répondit : « Ne t’ai-je pas dit : Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » On ôta donc la pierre. Alors Jésus, tournant son regard vers le ciel, dit : « Père, tu as exaucé ma prière et je t’en remercie. Pour moi, je sais que tu m’exauces toujours, mais si je parle ainsi, c’est pour que tous ceux qui m’entourent croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Cela dit, il cria d’une voix forte : « Lazare, sors de là ! » Et voici que le mort sortit du tombeau : il avait les pieds et les mains entourés de bandes de lin, le visage recouvert d’un linge. Jésus dit à ceux qui étaient là : « Déliez-le de ces bandes et laissez-le aller ! »
En voyant ce que Jésus avait fait, beaucoup de ceux qui étaient venus auprès de Marie crurent en lui. Quelques-uns, cependant, s’en allèrent trouver les pharisiens et leur rapportèrent ce que Jésus avait fait. Alors, les chefs des prêtres et les pharisiens convoquèrent le conseil du sanhédrin. « Qu’allons-nous faire ? disaient-ils. Cet homme accomplit trop de signes miraculeux ; si nous le laissons faire de la sorte, tout le monde va croire en lui. Alors les Romains viendront et détruiront notre Temple et notre nation. » C’est ce jour-là que les chefs des Juifs prirent la décision de faire mourir Jésus. (Jean 11)
En approchant de Jérusalem, ils arrivèrent près du village de Bethphagé, sur le mont des Oliviers. Jésus envoya deux de ses disciples en leur disant : « Allez dans le village qui se trouve là devant vous. Dès que vous y serez, vous trouverez une ânesse attachée et, près d’elle, son petit. Détachez-les et amenez-les moi. Si quelqu’un vous fait une observation, vous n’aurez qu’à lui dire : ‘Le Seigneur en a besoin’, et on vous les laissera prendre immédiatement. » Tout cela arriva pour que se réalise la prédiction du prophète : Voici ton Roi qui vient à toi ; humble, il vient monté sur une ânesse, sur un ânon, le petit d’une bête de somme.
Les disciples partirent donc et suivirent les instructions de Jésus. Ils amenèrent l’ânesse et son petit et posèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus. Une grande foule de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin. D’autres coupèrent des branches aux arbres et en jonchèrent le chemin. Et toute la foule, de la tête à la fin du cortège, criait : « Hosanna au Fils de David ! Béni soit celui qui vient de la part du Seigneur ! Hosanna à Dieu au plus haut des cieux ! » (Matthieu 21)

Quand il fut arrivé tout près de la ville, il l’embrassa du regard et pleura sur elle : « Ah, dit-il, si seulement tu avais compris, toi aussi, en ce jour, de quoi dépend ta paix ! Mais, hélas, à présent, tout cela est caché à tes yeux. Des jours de malheur vont fondre sur toi. Tes ennemis t’entoureront d’ouvrages de siège, t’encercleront et te presseront de tous côtés. Ils te détruiront complètement, toi et les habitants qui seront dans tes murs, et ils ne laisseront pas chez toi une pierre sur une autre. Pourquoi ? Parce que tu n’as pas su reconnaître le moment où Dieu est venu pour toi. » (Luc 19)
Ils arrivèrent à Jérusalem. Jésus entra dans la cour du Temple et se mit à en chasser les marchands qui s’étaient installés dans l’enceinte sacrée ainsi que leurs clients ; il renversa les comptoirs des changeurs d’argent ainsi que les chaises des marchands de pigeons ; il ne laissa personne transporter des marchandises dans l’enceinte du Temple. Puis, s’adressant à tous, il les enseigna en disant : « N’est-il pas écrit : On appellera ma maison une maison de prière pour tous les peuples ?Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands. » Les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi apprirent ce qui s’était passé et ils cherchèrent un moyen de le faire mourir. En effet, ils craignaient son influence, car son enseignement faisait une vive impression sur la foule. (Marc 11)                   
Dès lors, ils le surveillèrent de près et envoyèrent auprès de lui des agents qui feraient semblant d’être des hommes pieux. Ils devaient le prendre en défaut dans ses paroles. Ainsi ils pourraient le livrer au pouvoir et à l’autorité du gouverneur romain. Ces gens-là l’abordèrent donc : « Maître, nous savons que tu dis la vérité et que tu enseignes en toute droiture ; tu ne tiens pas compte de la position sociale des gens, mais c’est en toute vérité que tu enseignes comment Dieu nous demande de vivre. Eh bien, dis-nous, si oui ou non, nous avons le droit de payer des impôts à César ? » Connaissant leur fourberie, Jésus leur répondit : « Montrez-moi une pièce d’argent ! De qui porte-t-elle l’effigie et l’inscription ? 
– De César. 
– Eh bien ! leur dit-il, rendez à César ce qui revient à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu. » Ils furent incapables de le prendre en défaut dans les propos qu’il tenait devant le peuple et, décontenancés par sa réponse, ils ne trouvèrent rien à répliquer. (Luc 20)
Un des spécialistes de la Loi s’approcha de lui ; il avait entendu cette discussion et avait remarqué avec quel à-propos Jésus avait répondu. Il lui demanda : « Quel est le commandement le plus important de tous ? » Jésus répondit : « Voici le commandement le plus important : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Et voici celui qui vient en second rang : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus important que ceux-là.
 C’est bien, Maître, lui dit le spécialiste de la Loi, tu as dit vrai : il n’y a qu’un seul Dieu, il n’y en a pas d’autre que lui : l’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence et de toute sa force, ainsi qu’aimer son prochain comme soi-même, c’est bien plus important que tous les sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait répondu avec intelligence, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Après cela, personne n’osa plus lui poser de question. (Marc 12)
Alors Jésus, s’adressant à la foule et à ses disciples, dit : « Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites ! Parce que vous barrez aux autres l’accès au royaume des cieux. Non seulement vous n’y entrez pas vous-mêmes, mais vous empêchez d’entrer ceux qui voudraient le faire. Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites ! Vous nettoyez soigneusement l’extérieur de vos coupes et de vos assiettes. Pharisien aveugle, commence donc par purifier l’intérieur de la coupe et de l’assiette, alors l’extérieur lui-même sera pur. Malheur à vous, spécialistes de la Loi et pharisiens hypocrites ! Vous êtes comme ces tombeaux crépis de blanc, qui sont beaux au-dehors. Mais à l’intérieur, il n’y a qu’ossements de cadavres et pourriture. Vous de même, à l’extérieur, vous avez l’air de justes aux yeux des hommes, mais, à l’intérieur, il n’y a qu’hypocrisie et désobéissance à Dieu. » (Matthieu 23)

Jésus quitta la cour du Temple. Tandis qu’il s’éloignait, ses disciples s’approchèrent pour lui faire remarquer l’architecture du Temple. Alors il leur dit : « Oui, regardez bien tout cela ! Vraiment, je vous l’assure : tout sera démoli : il ne restera pas une pierre sur une autre. »
Comme il était assis sur le mont des Oliviers, ses disciples s’approchèrent, le prirent à part, et lui demandèrent : « Dis-nous quand cela se produira et quel signe annoncera ta venue et la fin du monde. » Jésus leur répondit : « Faites bien attention que personne ne vous induise en erreur. Car plusieurs viendront sous mon nom en disant : ‘Je suis le Messie’, et ils tromperont beaucoup de gens. Vous entendrez parler de guerres et de menaces de guerres. Attention ! Ne vous laissez pas troubler par ces nouvelles, car cela doit arriver, mais ce ne sera pas encore la fin. En effet, on verra se dresser une nation contre une nation, un royaume contre un autre ; il y aura des famines et des tremblements de terre en divers lieux. Mais ce ne seront que les premières douleurs de l’enfantement. Alors on vous persécutera et l’on vous mettra à mort. Toutes les nations vous haïront à cause de moi. De nombreux faux prophètes surgiront et ils tromperont beaucoup de gens. Parce que le mal ne cessera de croître, l’amour du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui tiendra bon jusqu’au bout sera sauvé. Cette Bonne Nouvelle du royaume de Dieu sera proclamée dans le monde entier pour que tous les peuples en entendent le témoignage. Alors seulement viendra la fin.
Si quelqu’un vous dit alors : ‘Voyez, le Messie est ici !’ ou : ‘Il est là !’ ne le croyez pas. De faux messies surgiront, ainsi que de faux prophètes. Ils produiront des signes extraordinaires et des prodiges au point de tromper, si c’était possible, ceux que Dieu a choisis.
Immédiatement après ces jours de détresse, le soleil s’obscurcira, la lune perdra sa clarté, les étoiles tomberont du ciel, les puissances célestes seront ébranlées. C’est alors que le signe du Fils de l’homme apparaîtra dans le ciel. Alors tous les peuples de la terre se lamenteront, et ils verront le Fils de l’homme venir sur les nuées du ciel avec beaucoup de puissance et de gloire. Il enverra ses anges rassembler, au son des trompettes éclatantes, ses élus des quatre coins du monde, d’un bout à l’autre de l’univers. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront jamais. Quant au jour et à l’heure où cela se produira, personne ne les connaît, ni les anges du ciel, ni même le Fils ; personne, sauf le Père, et lui seul. Lors de la venue du Fils de l’homme, les choses se passeront comme au temps de Noé ; en effet, à l’époque qui précéda le déluge, les gens étaient occupés à manger et à boire, à se marier et à marier leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans le bateau. Ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que vienne le déluge qui les emporta tous. Ce sera la même chose lorsque le Fils de l’homme viendra. C’est pourquoi, ajouta Jésus, tenez-vous en éveil, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure de ma venue. 
Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, avec tous ses anges, il prendra place sur son trône glorieux. Tous les peuples de la terre seront rassemblés devant lui. Alors il les divisera en deux groupes tout comme le berger fait le tri entre les brebis et les boucs. Il placera les brebis à sa droite et les boucs à sa gauche. Après quoi, le roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, vous qui êtes bénis par mon Père : prenez possession du royaume qu’il a préparé pour vous depuis la création du monde.’ Puis il se tournera vers ceux qui seront à sa gauche : ‘Retirez-vous loin de moi, vous que Dieu a maudits, et allez dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.’ Et ils s’en iront au châtiment éternel. Tandis que les justes entreront dans la vie éternelle. » (Matthieu 24 et 25)

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